LIVRE V, CHAPITRE IIF
ine, acide liydrocyaniquc.t QiieOis-je! l'clher, le clilo-
■oforme, dont l'inhalalion nous souslrait aux sensations et au
monde de la douleur, rendent aussi ùisensibte la seasitive
el probablement toutes les plantes. L'anatomie a raison lorsqu'elle dit que la plante n'a point d'arbre nerveux identique à celui des animaux et de l'homme: elle se tromperait tout au^si évidemment, si elle disait qtie la plante n'en a point Yéquivalent, à un litre inférieur. On aboutirait en effet à l'ab- Gurde si l'on soutenait que toutes les parties de la plante ne sont pas à chaque instant en corrélation nécessaire, comme les diverses parties du corps d'nn animal. C'est ce que va nous moDlrer surabondamment l'élude psychique de la plante.
Le premier attribut de tout élément animique ne saurait un seul instant être contesté à la plante. Cet être organisé constitue une œuvre d'art dans toute la force du terme : une unité harmonieuse résultant de la concordance d'un ensemble de parties variées ot des plus dissemblables en apparence. Le lai, aussi bien que l'homme, se développe organiquement sous l'empire d'une puissance directrice, supérieure aux éléments du monde inanimé, qu'elle utilise, et agissant d'après un plan tracé à l'avance.
Chaque plante constitue de fait un individu , distinct non seulement de ceux des autres espèces, mais encore de ceux de sa propre espèce. Deux graines de même espèce, placées dans un même terrain el tenues dans les mêmes conditions, ne donnent jamais deux êtres absolument identiques. On a objecté à cette idée d'individualité du végétal ce fait: que icoup de plantes sont divisibles et peuvent se reproduire tpar boutures; maia ce fait prouve seulement que la plante, ou du moins certaines plantes, constituent déjà a l'avance une collection d'êtres vivants, el il ne diminue en rien du tout le .■caractère d'unité de chacun de ces êtres distincts, ni le caractère d'unité de l'ensemble de la plante dans sa totalité. Chez les plantes qui ne consliluent qu'un seul être, comme chez
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celles qui en constituent plusieurs, la réalisation du plan d'ensemble suppose une connexion continue enire toutes les parties qui entrent dans la structure de l'édiQce vivant. Chez les premières, Torganisalion de l'édiCce s'exécute à l'instar de celui de Tanimal, de l'homme; chez les secondes, elle s'exécute (à peu prés) comme celui de la coupe de Neptune. Um l'unité subsiste dans les deux cas, et cet attribut psychique appartient à la plante comme â l'homme.
On a longtemps refusé à la plante toute trace de spontanéité, de liberté et de conscience des actes. Des observations nombreuses et précises réduisent aujourd'hui à néant cette conception toute matérialiste, et nous forcent, bon gré mal gré, & avouer qu'ici aussi il ne s'agit que de degrés, et non de différences radicales, d'abîmes ! I
Dans de certaines limites, la plante est locomobile: elle clierche sa nourriture, solide, liquide, aérienne. Elle cherche . la lumière. On a expliqué, je cite un exemple entre mille, on n expliqué le mouvement de la fleur du soleil (Helianthus (mnniis) par le raccornissement de la tige sous l'action de la chaleur (! ! !).
On oublie ici le fait essentiel; c'est que, du moins chez les individus vigoureux, c'est la fleur qui présente toiyours sa face à l'astre du jour, on oublie que la tige est ainsi de fait à l'ombre, et n'est nullement sollicitée à se raccomir et à se déraccornir à tous instants.
Dans de certaines limites, la plante sait ce qu'elle fait. La sensitive, soumise au cahot d'une voiture, commence par fermer ses feuilles, puis elle les rouvre peu à peu; le cahot cesse-t-il pour recommencer subitement, elle referme de nouveau ses feuilles, puis les rouvre peu à peu. Elle imite exactement des milliers d'insectes qui font les morts quand on les touche, et qui peu à peu se remettent à marcher quand ils croient le ilanger passé.
Quatre des attributs psychiques principaux se trouvent en