LIVRE TROISIÈME
En meltant en parallèle les phénomènes les plus divers de
univers inanimé, en les analysant comparativemenl, puis,
■'ï éliminant successivennent les hypollièses explicatives tour
à lour imaginées pour donner une forme palpable aux causes
^•"o miéres , nous avons vu une synthèse complète et naturelle
'Oi^tir spontanément de notre critique. L'existence de deux
-lêrnents génériques compiélement distincts de nature s'est
J^vélée à nous comme à la fois nécessaire et suffisante pour
L interprétation de tous les phénomènes possibles du monde
Physique :
Vêlement matière, soumis aux conditions finies de l'espace, c'est-à-dire subdivisé en atomes très petits , mais non infini- Tnent petits, immuables en grandeur et en masse.
L'élément internïédiaire ou dynamique, qui, au contraire, n'est pas soumis aux conditions finies de l'espace, c'est-à-dire qui s'y trouve partout à l'infini.
Nous disons deux éléments génériques. Si nous partons des seules apparences les plus superficielles, nous serons déjà en droit de conclure , en effet , qu'il s'agit ici de deux classes d'éléments, formées d'individus distincts les uns des autres. Nous devons maintenant chercher avec soin si les apparences ici ne nous trompent point, et s'il existe réellement dans chacune de ces classes plusieurs éléments; si l'idée de l'unité de la matière et celle de l'unité de la force sont des idées fausses.
UMVKHS INANIMÉ.
Exiite-t-i] pluiieurs espèce) d'atomes lualérîi
On sait que l'analyse chimique a ramené les corps en général, tels qu'ils s'ofTrent à nous à la surface de notre terre, tels mêmes qu'ils nous arrivent, sous forme d'aérolilhes, des profondeurs les plus reculées de l'espace, en un nombre de corps assez limités, appelés simples ou élémenlaires.
Ces corps sont-ils réellement simples?
Ou résultent-ils de la combinaison d'un certain nombre encore plus réduit de corps élémentaires?
Ou bien n'existe-t-il pas du tout de limites à la décomposition, et tous ces corps ne sont-ils pas de simples modiGcations d'un seul et même élément?
C'est cette troisième question qui forme ici notre problème principal.
Les deux premières sont pour ainsi dire accessoires. Nous allons reconnaître bientôt que d'après les données les plus neuves, mais aussi les plus positives delà science, c'est la première question qui reçoit une réponse affirmative. Avant d'étudier ces données, nous devons donc examiner ce qui semble au contraire devoir nous conduire h répondre affirmativement, non seulement â la seconde, mais encore et surtout à la troisième.
En considérant les métamorphoses que subissent journellement sous ses yeux les corps , soit par leurs relations réciproques, soit par l'action d'agents qui échappent même à nos sens, l'idée première et la plus naturelle, bien certainement, qui puisse venir au penseur, c'est qu'il existe un certain subs-