‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 76 sur 136 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

mouvement auxquelles on arrive dans la mécanique céleste lorsqu'on analyse le cours d'une planète supposée unique et 1res petite, autour d'un soleil supposé unique aussi- Cette EÎmplicité semble même se continuer dans la réalité lorsqu'on se contente d'un aperçu approximatif. C'est grâce à cette simplicité approximative et apparente que le génie de K"eppler a pu apercevoir et formuler les propositions fondamentales auxquelles son nom est resté allaché, et si ce grand homme, qui n'était guidé précisément que par des idées préconçues sur l'harmonie de la nature, avait vu la réalité comme l'homme peut la voir, il eût peut-être rejeté comme fausses ces mêmes propositions. Que devient, en effet, celte simplicité des lois, lorsque de l'approximation on passe à l'esactilude absolue, soit au point de vue de l'observation, soit â celui de l'analyse? N'a-t-on pas douté longtemps de l'exactitude de la loi de la gravitation universelle, en raison d'un grand nombre de perturbations qui n'avaient pu être déterminées dans leur cause jusqu'à Laplace et Lagrange? Newton lui-même , qui pensait que l'intervention de la volonté du Créateur est nécessaire de temps à autre pour rétablir l'harmonie sidérale, Newton ii'eilt-it pas douté et de sa propre découverte et de la simplicité de la nature, avait connu dès l'abord l'existence de toutes ces perturbations , dont la cause lui était restée inconnue?

La simplicité de la nature, évidemment est ailleurs que là où nous la cherchions, et il faut lui donner un autre nom. Celte immense complication des mouvements que l'astronome est obligé de décomposer en parties distinctes et supposées indépendantes les unes des autres, cette complexité, que nulle équation algébrique ne représentera jamais dans son ensemble, se résume finalement en un ordre, en une sécurité parfaite; la stabilité du système solaire est à jamais assurée : le désordre apparent se résout en une unité harmonieuse. , Toîlà où est la simplicité de l'œuvre et voilà ce qu'elle est.

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deux interprétations précédenles, la première est la seule qui puisse se concilier avec l'équation fondamentale du matérialisme. En nous y tenant, nous sommes obligés de reconnaître de fait que tous les phénomènes possibles de l'univers ne peuvent plus résulter que des contacts immédiats et intermittents de la matière avec la matière. Mais l'échange intégral du mouvement par chocs ne peut alors pins avoir lien qu'à la condition qu'il y ait discontinuité dans les parties matérielles qui occupent l'espace ; en d'autres termes , la matière alors ne saurait être quelque chose de continu, remplissant partout l'espace; il faut nécessairement, dans cette hypothèse, qu'elle soit localisée en atomes séparés les uns des autres par le vide absolu.

L'affirmation de l'atome limite et du vide absolu , la négation radicale de la force considérée comme élément spéciGque dans l'univers, tels sont donc les deux corollaires nécessaires de l'équalion fondamentale du matérialisme.

Et que mes lecteurs ne pensent point que j'invente ici à plaisir une doctrine spéciale telle, qu'elle se réfute d'ellemême.

cLa force n'est point un Dieu propulseur, un être séparé de ï la partie matérielle et fondamentale des choses ; elle est la pro « priété inséparable et éternellement inhérente de la matière. i Une force qui ne serait point liée à la matière est une ima^e «vide de sens» (Moleschotl).

nLa matière n'est point semblable à une voiture à laquelle » on puisse atteler, ou dont on puisse dételer les forces, comme «des chevaux. » «Les propriétés de la matière ne peuvent ni «s'étendre en dehors d'elle, ni se transporter sur d'autres « matières. » (Du Bois Reymond).

«Rien au monde ne nous autorise' à considérer l'existence «des forces comme quelque chose de distinct des corps sur «lesquels elles agissent» (Cotta).

«Une chose sans propriété est quelque chose qui ne peut

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