‹ Théorie mécanique de la chaleur... [3 vol.]Chapitre 25 sur 59 · AH = I H- 0,00004^ -H · texte numérisé non relu

AH = I H- 0,00004^ -H

= 0,6 -4- 0,00004^ -H OjOOOOOOQt',

ou au minimum

AH=r 0,6.

c'est-à-dire que, pour un degré d'accroissement au-dessus de zéro, la quantité de chaleur dépensée en travail interne s élève à ^ de la quantité totale fournie au liquide.

Parmi les divers liquides, l'eau n'est pas même celui où le travail AH est le plus considérable. C'est ce que montre le tableau suivant, où j'ai porté les valeurs de c^, trouvées par M. Regnault quant à divers liquides.

tf, K AH

Ether sulfurique 0,5^29 0,48648 0,04262

Alcool 0,54754 0,46956 0,07798

Chloroforme 0,2824 0,10087 o,i32o3

Ether chlorfaydrique 0,4276 0,29808 o, 12952

» iodhydrique o, 16164 o, I23 o,o3864

» sulfliydrique 0,4786 0,3992 0,0793

> cyanhydrique o,5o86 0,3927 0,1 169

c, K AH

Sulfure de carbone o,2352 0)094i o, i4i i

Bichlorure de carbone o, 19798 0,08695 0,11 io3

I glace o,5o4 0,4 ^^9 '^4

liquide i 0,4 0,6

vapeur o,47o5 0,4 0,0705

Chloride silicique o, 19 0,064 o, 126

phosphoreux 0,2092 0,061 o , 1482

arsénieux o, 176 o,o463 o, 1297

Chlorure titaniqne 0,188 o,o63i 0,1249

» stannique o, 1476 0,0462 o» ioi4

On voit que, dans les divers chlorures qui se trouvent au bas de la Table, le travail interne (relatif) est encore bien plus élevé que dans l'eau; mais le fait qui, au premier abord, peut le plus nous étonner, c'est que dans Veau solide, dans Ja glace, le travail H est bien moindre que dans l'eau à l'état liquide. Examiné de près, ce fait perd beaucoup de sa singularité.

A zéro, la densité de la glace est 0,918; d'où il résulte, pour son volume spécifique,

w = 1: 0,918 = o"^,ooio8.

C'est, d'après mes expériences, celui de l'eau à i4o degrés; d'après ces expériences, on a à i4o degrés

div = 0,001 0467 rf/,

valeur presque dix fois plus élevée que celle qui répond à dw vers 4 degrés. D'après M. Regnault, on a à i4o degrés

dq=: dt + 0,00004. 1^0. dt

-f- 0,0000009. i4o°rf/ = 1,023:24^ et, par suite,

ArfH = (1,0^324 — o,^)dt = 0,6234^/-

En divisant cette valeur par celle de diVj on a

vers 4 degrés, on a

d'où

AdH = (i — Oj^)dl = OjGdl et dw = 0,0001087c//,

d'où

dtv

Pi = ^S = 55i9.

rapport presque dix fois plus grand que le précédent SgS.

Quelle que soit la cause de l'accroissement qu'éprouve le volume de Teau au-dessous de f\ degrés, on conçoit que, du moment que ce volume est devenu le même qu'à i4o degrés,

le rapport — pourra aussi devenir semblable, avec cette différence essentielle que, tandis que pour l'eau à l'état liquide le rapport — n'aura la valeur SgS qu'à 1 4o degrés , pour

la glace ce rapport pourra avoir (à peu près) ime même valeur bien inférieure à 55 19, entre zéro et — 20° ou plus.

L'explication précédente ne peut visiblement s'appliquer qu'aux corps, plus nombreux qu'on ne le croyait, qui, comme l'eau, ont un maximum de densité à une certaine température, et qui se dilatent au-dessous comme au-dessus de cette température ; mais nous verrons bientôt que cette explication est en réalité fort inutile.

§IV

Travail interne des corps solides.

Nous savons que c'est en formant le produit du poids atomique des corps par leur capacité calorifique vulgaire (la seule alors connue), que Dulong et Petit sont arrivés à la belle loi qui porte leur nom en Physique. Nous savons aussi que, sous sa forme primitive, cette loi n'est pas rigoureuse, c'est-à-dire que les produits ainsi formés ne sont qu* approximativement semblables. Cette remarque nous conduit à des conséquences remarquables.

Sous forme complète, les produits obtenus par nos deux grands physiciens sont de la forme

ac = a[K4-'A(H-+-F)].

Quand il s'agit des corps liquides et surtout des corps solides, nous pouvons, sans aucune erreur appréciable, effacer

AF et écrire

ac = a(K-f-AH).

Dans le membre droit aK seul est nécessairement une constante. Pour que ac puisse apparaître comme à peu près constant, il faut donc que les produits a AH et par conséquent aH soient eux-mêmes à peu près invariables, ou, pour parler correctement, qu'ils ne varient qu'entre certaines limites peu écartées. Il découle de là une première conséquence frappante : c'est qu'à une même température il existe un rapport déterminé entre le poids atomique des corps et le travail interne qui s'y opère, lorsque la température s'élève de I degré.

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