I + OP
à 200 degrés, on a
i5,38 -f- aP = 18100 -^i^H^^pL^.
' 0,000104b — du
Un même accroissement négatif de (y^), par exemple, produit donc, à 100 degrés, un accroissement positif $P, presque double de celui qu'il produit à 200 degrés.
Pour nous, un liquide quelconque devient d'autant plus compressible, d'autant plus élastique, que nous l'essayons à une température plus élevée. Je dis pour nous. Il est clair, en effet, qu'il s'agit ici d'un phénomène tout relatif à nos moyens d'expérimentation et d'observation. Un liquide, un corps quelconque est compressible tant qu'on n'a pas V — ^ = o; mais une même variation de volume nécessite des changements de pression externe d'autant plus considérables que V — ^ devient plus petit. Avec l'eau, l'effet de l'accroissement de II. 18
la température sur la compressibilité est peu sensible, puisque R est encore très-grand. Avec d'autres liquides, il en est tout autrement. Dans le cours de mes expériences sur la dilatation de l'éther sulfurique, j'ai été frappé de l'accroissement de la compressibilité de ce corps. La dilatation s'opérait sous une charge constante, sous celle d'une colonne de mercure de près de i3 mètres. Dans les basses températures, l'expulsion du mercure produite par l'accroissement de volume du liquide s'arrêtait tout court, à l'instant où l'on cessait de chauffer. Il cessait d'en être ainsi lorsqu'on arrivait à 1 20 degrés ou plus : la colonne oscillait alors, et le déversement se faisait par saccades, à mesure que la température s'élevait, bien que l'éther fut encore fort éloigné de son point d'ébuUition à 16 atmosphères. Ce que j'ai observé pour l'éther aurait certainement lieu pour tous les liquides, si nous pouvions faire nos expériences à des températures suffisamment élevées.
Le lecteur doit être frappé de la lumière que jettent toutes les considérations précédentes sur l'interprétation, jusqu'ici défectueuse ou même nulle, d'un fait connu pour ainsi dire de tout le monde, et dont d'ailleurs beaucoup de personnes s'exagèrent la valeur comme grandeur.
Les liquides et les solides transmettent les ondes sonores tout aussi bien que les gaz ; ils sont donc élastiques, ils sont compressibles et extensibles (dilatables), même sous l'action de très-faibles efforts, absolument comme les gaz. Il n'en est pas moins vrai que la diminution du volume apparent de ces corps sous l'action de pressions externes même fort grandes est tellement petite, qu'on l'a crue longtemps nulle, et que, pour bien des personnes, la compressibiUté est ici un fait plus vrai théoriquement que démontré expérimentalement. Il a fallu les travaux d'OErsted d'abord, et puis les travaux étendus
de M. Regnault, pour mettre hors de doute que la variabilité du volume de l'eau, du mercure, etc., sous l'action d'une pression externe, n'est nullement un fait qui n'est nécessaire que théoriquement. Rien ne nous est maintenant plus facile que de comprendre cet ensemble de faits, presque contradictoires au premier abord.
J'ai dit plus haut : la diminution du volume apparent; c'est là l'explication très-claire de ces faits.
Lorsque nous accroissons la pression que supporte un liquide (ou un solide), la variable qui diminue par suite de cet accroissement n'est pas V, mais (V — ^); et, comme la constante ^ est ici très-grande relativement à V, il s'ensuit que la partie réellement variable est fort petite. Pour bien faire saisir, je spécifie de suite par un exemple.
Pour l'eau, on a [approximativement)
A 100 degrés, il vient donc
V = 0,001043 — 0,00097 "^ ©■"'^,000073. A 200 degrés, on a
Si, par la compression et sans changement de température, nous ramenons le volume de l'eau de 0,001 154 à o,ooio43, le changement apparent n'est que
tandis que le changement réel est
Les conséquences sont très- simples.
Les valeurs de R répondant aux deux volumes interatomiques 0,000073 et 0,000184 sont 32660 et 18097 atmosphères. Les valeurs de P sont i atmosphère et i5^^"^,36. Lorsque, sans changement de température, nous aurons réduit V de 0,000184 à 0,000073, la pression externe s'élèvera donc à
On voit comment et pourquoi une réduction fort minime dans le volume apparent de l'eau (ou de n'importe quel solide ou liquide) amène un accroissement colossal dans la pression externe : d'une part, la réduction du volume est de 2,5 à I, et non point de 11 à 10, comme il semble; d'autre part, nous avons affaire à deux forces (P -+- R), et non point à une seule P, comme il semble. La force R, dont nous n'avons pas la mesure directe ou expérimentale, est ellemême colossale et varie tout autrement que P.