I. Frottements
Le frottement, dans nos machines, comme dans les phénomènes de la nature où il se présente, est compris parmi ce qu’on nomme les résistances passives, et il était autrefois considéré comme une cause continue de perte de travail. Ce dernier point de \Tie est juste par rapport à nous: il est complètement faux par rapport à l’économie de la nature. Dans nos machines, quelles qu’elles soient, dans une montre comme dans une machine à vapeur, le frottement des pièces nous force à sacrifier une partie plus ou moins grande de la puissance disponible , et pour nous cette partie constitue une perte réelle. Pour la nature, il n’y a ici aucune perte. Tout travail consommé en frottement est parallèle à un développement de calorique, et ce calorique, à titre de force, de cause capable de tirer la MATIÈRE du repos ou de l’y faire rentrer, représente, comme nous vc'Tons bientôt, le travail jiour nous perdu. Une cascade, dont nous n’utilisons pas la puissance motrice, représente pour l’industriel une perle de travail ; et pendant do longues années, elle l’a représentée pour l’homme de science lui-même. De fait, il n’y a rien de perdu du tout; le frottement, en détruisant le mouvement des molécules de l’eau, développe du calorique, qui, comme nous verrons, représente intégralement la force vive annulée.