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III. Compression et expansion des corps

Tous les corps, sans aucune exception, sont compressibles, c’està-dire que leur volume peut être diminué par une pression externe, normale à tous les points de la surface qui les limite dans l’espace, et qui constitue ainsi leur volume. Cette propriété ne varie de l’un à l’autre que du plus au moins; c’est dans les gaz qu’elle existe au plus haut degré, c’est-à-dire que c’est pour ces corps qu’un mémo effort détermine la plus grande diminution de volume, mais elle n’est nulle dans aucun corps ; c’est ce que prouve la propagation des ondes sonores à travers les corps les plus durs.

Tous les corps homogènes sont élastiques, pourvu que par élasticité nous entendions l’aptitude qu’ils ont de reprendre, mn leur forme, mais leur volume primitif, dès que l’effort qui l’avait diminué ce.sse. En ce sens, le plomb, l’or, la cire, etc. , qui sont très-mous, très-faciles à déformer, sont en réalité aussi éiastiques que tout autre : la densité de l’or fondu est de 19, 26, celle de l’or battu est I9,3Get resteà cette valeur, quels que soient les martelages subséquents. Dans des

expériences que j’ai faites sur l’écrasement du plomb, il ne m’a pas été possible de constater une différence de densité entre le plomb fondu et le môme plomb battu.

Tout corps qu’on comprime s’échauffe : c’est dans les gaz que cette propriété se manifeste au plus haut degré. Réciproquement, tout corps qu’on a comprimé, et auquel on laisse reprendre son volume primitif, se refroidit. Mais comprimer un corps, ou diminuer son volume par en effort externe , c’est dépenser du travail; réciproquement, laisser un corps reprendre son volume en exerçant un effort, c’est recueillir du travail. La production de la chaleur est donc parallèle à la dépense d’un travail, et réciproquement.

Les expériences dcM. Régnault ont prouvé, contrairement à tout ce qu’on supposait, que la capacité caloriüque des gaz varie fort peu avec la pression ; il y a donc réellement production de chaleur dans un gaz qu’on comprime, et disparition de chaleur dans un gaz qui se détend, et non pas simplement manifestation de ce qui y existait déjà. D’un autre côté, une expérience de M. Joule dont j’ai déjà parlé, et sur laquelle je reviendrai, prouve qu’on peut laisser un gaz augmenter de volume, sans qu’il disparaisse de chaleur, pourvu qu’on ne produise pas de travail externe.

On est donc aussi forcé de reconnaître une relation de cause à effet entre la chaleur et le travail, dans l’acte de la compression et de l’expansion des corps en général.

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