‹ Théorie mécanique de la chaleur (volume 3)Chapitre 41 sur 74 · THÉORIE DES VAPEURS SURCHAUFFÉES · texte numérisé non relu

THÉORIE DES VAPEURS SURCHAUFFÉES

Dne vapeur saturée est un gaz qui se trouve dans un état moléculaire tel qu’on ne peut, sous une pression donnée, lui enlever de calorique, sans qu’une portion du corps ne pas.se à. l’état liquide.

Une vapeur surchauffée est un gaz auquel on peut, au contraire, soustraire de la chaleur sans le liquéfier.

Une vapeur saturée, soumise à une pression constante, se condense sans se refroidir, lorsqu’on lui enlève de la chaleur.

Une vapeur surchauffée, soumise aussi à une pression constante, se refroidit au contraire, lorsqu’on lui enlève de la chaleur.

Parmi les corps qu’on appelle gaz, il en existe plusieurs qui peuvent être liquéûës à l’aide d’une pression et d’un refroidissement convenables : tels sont l’acide sulfureux , l’acide carbonique , le cyanogène, l’ammoniaque, etc., etc. Personne ne peut plus douter que les gaz ne soient, sans aucune exception, dans le même cas. Tous les gaz qu’on a pu liquéfier arrivent, par un refroidissement suffisant, à un état tel que, la pression restant constante, on ne peut plus soustraire de chaleur sans les liquéOer en partie ; à partir de ce moment, la température ne varie plus, et la soustraction ne produit plus qu’une condensation de plus en plus complète.

Les gaz appelés permanents ne sont donc que des vapeurs surchauffées considérablement au-dessus du point de saturation, et que l’on n’a pas encore pu amener à ce point par les moyens dont nous disposons.

Si nous pouvions vivre dans un milieu qui serait à 150® ou 200® au-dessous de notre zéro du thermomètre, l’oxigène, l’hydrogène, l’azote, se comporteraient probablement comme la vapeur d’eau dans

le milieu où nous nous trouvons actuellement. Au contraire, si nous ne pouvions vivre que dans un milieu qui .«erait à 400® au-dessus de zéro, la vapeur d’eau de 1“- à 5*'- serait, pour nous, un gaz permanent.

La distinction qu’on faisait autrefois entre les vapeurs et les gaz était fausse, en ce sens qu’elle tendait à établir une différence générique entre des corps d’une môme famille, dont les propriétés physiques et générales iie sont modifiées que par la quantité plus ou moins grande de calorique qu’ils représentent à un moment donné. Elle est au contraire utile, pourvu qu’on la limite bien et qu’on se rappelle son origine : elle ne sert alors plus qu’à accentuer, d’une façon très correcte, deux manières d’étre d’un môme corps, déterminées exclusivement par la quantité absolue et actuelle de chaleur interne de ce corps.

Je dis que cette distinction, ainsi comprise, est utile.

Les beaux travaux de Clausius sur la vapeur d’eau, complétés et développés encore par celui de Zeuner, nous apprennent, en effet, que les lois si simples qui s’appliquent aux gaz types (l’air, par exemple, dans le milieu où nous vivons), ne conviennent plus, en aucune façon, à la vapeur d’eau saturée. Ainsi les lois de Mariette et de Gay-Lussac, exprimées dans l’équation :

;îi=Pq

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