oyci la aulü à U tin de ce livre
si chaque atome ne se comporte pas de la môme manière à l’égard de tous les autres . la somme R sera fausse et ne pourra être em • ployée directement comme une moyenne générale.
Tel sera le cas de tous les corps composés , et pour bien dire de tous les corps, puisque nous no savons pas d’une manière positive, si ce qu’on a appelé éléments chimiques sont réellement des corps simples. 11 est évident que par e.xemple, dans le sulfure de carbone, l’atome de soufre ne se comporte pas vis-à-vis des autres atomes de soufre, comme vis-à-vis de ceux du carbone; bien plus que l’atome du soufre se comporte vis-à-vis de l’atome du carbone de sa molécule tout autrement que vis-à-vis tous les autres atomes de carbone de la masse du corps. Nous commettrions une erreur considérable si, dans ce cas, nous voulions former une somme commune avec la force qui unit le soufre au carbone, et celle qui unit, au cas spécial, les molécules (CS’‘) en un corps. Mais dans ce cas nous rendrons à R tout son caractère homogène et rationnel , en laissant subsister et en isolant les forces spécifiquement distinctes en action, en laissant au cas particulier pris comme c.xemple, la combinaison chimique subsister et en considérant alors chaque molécule, ou groupe d’atomes, comme une unité distincte agissant d’une manière identique sur n’importe quelle autre molécule de môme espèce.
C’est là en réalité ce que nous avons fait implicitement d’un bout à l’autre de cet ouvrage, et c’est ce qui nous explique pourquoi partout l’emploi de la somme R a répondu si approximativement aux résultats de l’observation.
Cette méthode de séparer et d’isoler chaque force dans les corp s est des plus riches d’avenir , et conduit déjà aujourd’hui à des résultats fort remarquables.
Nous avons vu que dans un très grand nombre de cas, l’atome conserve ses attributs généraux, qu’il soit libre ou combiné. Ainsi la capacité absolue d’un corps composé est la plupart du temps la même que pour un simple mélange; ainsi la pression d’un gaz composé est aussi fort souvent la môme que celle des gaz mêlés.
Dans d’autres cas, au contraire, l’atome, en se combinant avec d'autres dissemblables ou semblables, perd une partie de ses propriétés générales comme centre d’action ; le groupe composé simule alors une unité spécifique. Ainsi , au point de vue de la capacité absolue , l’hydrogène bi-carboné représente 10 atomes et non 12 comme l’indique la formule chimique. Ainsi au point de vue de la pression totale, la vapeur d’eau comme l’eau elle-même représente deux atomes et non trois. On voit de plus que tantôt c’est l’une des propriétés qui disparaît, tantôt l’autre; ainsi tandis que l’eau représente deux atomes au point de vue de la pression totale, elle en représente trois au point de Mie de la capacité absolue. En dépit dos apparences, l’atome reste donc toujours présent et le même. Il ne disparait qu’en apparence, et non pas du tout en réalité. Sa personnalité, en un mot, ne s’efface jamais que partiellement et temporairement : elle ne fait que se dissimuler.
Je pense qu’il est inutile d’entrer dans plus de détails sous tous ces rapports ; chaque physicien, chaque chimiste, saura au moment opportun, appliquer les méthodes générales à tel ou tel cas particulier.
J’ai prouvé que l’atome Uni et indivisible est un être réel qu’il faut accepter tel quel , et étudier expérimentalement , et non une entité métaphysique, un centre géométrique de force, sur lequel on puisse disserter à l’aise du fond d’un cabinet.
J’ai montré que la somme des atomes des corps occupe un volume immuable, fort considérable, dans les corps liquides et solides. J’ai donné aux chimistes des moyens positifs de reconnaître le nombre réel d’atomes d’une combinaison dans certains cas embarrassants.
J’aurais pu arriver promptement à des développements analytiques remarquables de simplicité et de clarté, si j’avais admis, par c.vemple, que les atomes ont tous un même volume et ne diffèrent qu’en poids spécifique. Mais ce serait là une hypothèse gratuite pour le moment, et probablement fausse.
Dans tous le cours de cet ouvrage, j’ai sans cesse mis des faits
certains en face des résultats de l’analyse, toutes les fois que ceux-ci pouvaient paraître douteux. Je me suis, en un mot, abstenu de toute spéculation proprement dite. Je termine donc de même. La spéculation est superflue alors que quelques monographies de corps spéciaux, exécutées avec la rigueur nécessaire au point de vue expérimental , nous conduiraient rapidement à la certitude la plus absolue.