DEUXIÈME PABT1E. — CHAPITRE IV
On pourrait intime se dispenser d'admettre qu'il y a attraction entre deux masses de matière pondérable; l'attraction de la matière pondérable sur la matière électrique suffirait pour produire la gravitation. Ceci revient à supposer f—o; d'où
209. Si l'on adopte comme plus probable l'hypothèse d'un seul fluide, il est naturel de supposer que ce fluide n'est autre chose que l'éther, par les vibrations duquel on explique les phénomènes lumineux. Toutefois l'expérience apprend qu'il n'y a pas de phénomènes électriques dans le vide, c'est-à-dire en l'absence de toute matière pondérable. Il semble résulter de là que l'on doit appeler Jlitîde électrique contenu dans un volume donné, non pas la quantité totale d'éther qu'il renferme, mais la somme des atmosphères d'élher qui entourent les molécules pondérables (n"2), c'est-à-dire l'excès de la quantité totale d'élher que contient le volume sur la quantité qu'il contiendrai! sans la présence des inuléruli's pnnrléj'iililcs. Pour expliquer les phénomènes électriques, il suffira d'admettre que la matière pondérable attire l'éther en raison inverse d» carre de la distance, et que l'action mutuelle de deux atmosphères d'élher est proportionnelle au produit de leurs masses et aussi en raison inverse du carré de la distance.
Nous ferons remarquer, à ce propos, que la théorie des phénomènes lumineux semble exiger une loi d'action toute différente entre les molécules voisines de l'éther. L'énorme vitesse de propagation des ondes lumineuses indique d'abord que la force qui s'exerce entre deux molécules voisines est très-énergique. Les recherches théoriques de Cauchy montrent que, dans un milieu isotrope, comme l'éther libre répandu dans le vide, peuvent se propager deux sortes de vibrations, les unes transversales, les autres longitudinales, avec des vitesses Irès-dirférentes; l'existence des unes et des autres dépend de la loi des forces moléculaires. On attribue les phénomènes lumineux aux vibrations transversales. En suivant la méthode de Cauchy, j'ai fait voir que, pour que les vibrations
Diaiiizcd b/GtK
iivrOTnËSE b'uw seul fluide. a55 transversales puissent se propager, Il est nécessaire que la force répulsive qui s'exerce entre Jeux molécules voisines d'éther varie en raison inverse d'une puissance de la dislance plus élevée (pie la quatrième. I.Viuile des lois de la propagation de la lumière dans les milieu* biréfringents semble indiquer que celle puissance est précisément la sixième, et l'absence de dispersion dans ie vide conduit à la même conclusion. Il y a contradiction apparente entre ces deux lois; mais il esi probable que les phénomènes lumineux sont dus à l'action immédiate des molécules d'éther sur les molécules les plus voisines, tandis que, dans l'ordre d'idées où nous nous plaçons actuellement, la force électrique proviendrai! de l'action de ressort ou de l'élasticité des atmosphères d'éther qui entourent les molécules pondérables.