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Le premier terme - — j— est la gravitation, le second — ^^-=— ;^ — l'action électrique. En faisant abstraction de la gravitation, et
aU DBUXIÈHE PARTIE. — CHAPITRE III.
ne considérant que l'action électrique, on voit qu'il y a répulsion si les corps sont électrisés dans le même sens, attraction
s'ils sont électrisés en sens co'ntraires. L'expression — "-^-de la force électrique ne dépend que des excès positifs ou négatifs m et m' ; ces excès sont ce que nous appellerons les quantités d'électricité libre, contenues dans les volumes A et B On retrouve ainsi la loi de Coulomb. L'hypothèse d'un seul fluide, combinée avec l'action de la matière pondérable, rend donc compte des phénomènes, exactement de la même manière que s'il y avait deux fluides différents.
On pourrait même se dispenser d'admettre qu'il y a attraction entre deux masses de matière pondérable; l'attraction de la matière pondérable sur la matière électrique suffirait pour produire la gravitation. Ceci revient à supposer /=o; d'où
219. Si l'on adopte comme plus probable l'hypothèse d'un seul fluide, il est naturel de supposer que ce fluide n'est autre chose que l'éther, par les vibrations duquel on explique les phénomènes lumineux. Toutefois l'expérience apprend qu'il n'v a pas de phénomènes électriques dans le vide, c'est-à-dire en l'absence de toute matière pondérable. Il semble résulter de là que l'on doit appeler /««ie électrique contenu dans un volume donné, non pas la quantité totale d'éther qu'il renferme mais la somme des atmosphères d'éther qui entourent les molécules pondérables (n»2), c'est-à-dire l'excès de la quantité totale d'éther que contient le volume sur la quantité qu'il contiendrait sans la présence des molécules pondérables. Pour expliquer les phénomènes électriques, il suffira d'admettre que la matière pondérable attire l'éther en raison inverse du carré de la distance, et que l'action mutuelle de deux atmosphères d'éther est proportionnelle au produit de leurs masses et aussi en raison inverse du carré de la distance.
Nous ferons remarquer, à ce propos, que la théorie des phénomènes lumineux semble exiger une loi d'action toute différente entre les molécules voisines de l'éther. L'énorme vitesse de propagation des ondes lumineuses indique d'abord
que la force qui s'exerce entre deux molécules voisines est très énergique. Les recherches théoriques de Cauchy ont montré que, dans un milieu isotrope, comme Téther libre répandu dans le vide, peuvent se propager deux sortes de vibrations, les unes transversales, les autres longitudinales, avec des vitesses très différentes; l'existence des unes et des autres dépend de la loi des forces moléculaires. On attribue les phénomènes lumineux aux vibrations transversales. En suivant la méthode de Cauchy, j'ai fait voir que, pour que les vibrations transversales puissent se propager, il est nécessaire que la force répulsive qui s'exerce entre deux molécules voisines d'éther varie en raison inverse d'une puissance de la distance plus élevée que la quatrième. L'étude des lois de la propagation de la lumière dans les milieux biréfringents semble indiquer que cette puissance est précisément la sixième, et l'absence de dispersion dans le vide conduit à la même conclusion. 11 y a contradiction apparente entre ces deux lois; mais il est probable que les phénomènes lumineux sont dus à l'action immédiate des molécules d'éther sur les molécules les plus voisines, tandis que, dans l'ordre d'idées où nous nous plaçons actuellement, la force électrique proviendrait de l'action mutuelle des atmosphères d'éther qui entourent les molécules pondérables.