Remarques sur le tableau général des gammes majeures
1° Ces gammes, étant toutes formées par le même nombre de secondes majeures et de secondes mineures disposées de la même manière, reproduisent toutes lair-type ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut, chanté à des hauteurs différentes. — Lorsque l'on chante l'une quelconque de ces gammes, c'est donc toujours l'air ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut que I on fait entendre. Le nom de la tonique a changé ; le point de départ n'est plus Yut du diapason de convention, c'est un son plus grave ou plus aigu.
On peut donc remplacer toutes ces gammes par une seule : par la gamme d 'ut, par exemple; il suffit pour cela de prendre Yut à la hauteur de la tonique de la gamme que l'on veut chanter.
Exemples : Si Ton désire produire l'effet de la gamme de la, on fait entendre le la du diapason, on l'appelle ut et on le prend pour tonique; lés noms ut, ré, mi, fa, sol, la, shut représentent a l tfnfles^ s on sla, si^'tè^ ré, mi y fè, jè, la. Pour la gamme de ré bémol, on cherche au moyen du diapason le ré bémol, on l’appelle ut et ou le prend pour tonique; les noms ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut représentent alors les sons reu, meu, fa, jeu, leu, seu, ut, reu.
Pour les galinistes, les mots ut, rè, mi, fa, sol, la, si, ut, employés ainsi pour chanter toutes les gamines majeures, n’indiquent pas des sons absolus par rapport au diapason, mais simplement des rapports fixes, invariables, à partir d'une tonique quelconque, toujours nommée ut. Les galinistes chantent donc dans tous les tons en employant toujours la langue d'ut, avec la seule précaution de prendre Yut à la hauteur de la tonique dont ils veulent reproduire la gamme O).
Cette opération, par laquelle on chante toutes les gammes avec la seule langue d'ut, a reçu le nom de transposition. (Voir Livre IV.)
2° En lisant le tableau de gauche à droite, on remarque que la dominante de la gamme de gauche devient tonique de la gamme de droite et qu’en même temps, la sous-dominante est haussée pour faire une sensible. Or, ce dernier résultat, transformer une sous-dominante en sensible, s'obtient de l'une des quatre manières suivantes :
double bémol, on retire un bémol, ? devient 7-1
bémol, on retire également le bémol, ^ — 7
son de la gamme d 'ut, on met un dièse, 4 — 4 *,
dièse, on met un double dièse. 4 — 4 .
Si la sous-dominante à transformer en sensible est un
Donc, un bémol qui sort ou un dièse qui arrive produisent le même résultat : ils transforment la sous-dominante en sensible et font porter la tonalité sur la dominante.
3° En lisant le tableau de droite à gauche, on remarque que la tonique de la gamme de droite devient dominante de la gamme de gauche et qu'en même temps, la sensible est abaissée pour faire une sous-dominante. Or, ce dernier résultat, transformer une sensible en sous-dominante, s'obtient de l'une des quatre manières suivantes :
( double dièse, on retire un ^ dièse, on retire le
en sous-dominante est un j son de la gamme d ut, on met un ( un bémol, on met un second
dièse, 4 devient 4 i
dièse, 4 — 4;
bémol, 7 — 7 ;
bémol, 7 — 7.
Donc, un dièse qui sort ou un bémol qui entre produisent le même résultat : ils transforment la sensible en sous-dominante et font porter la tonalité sur la sous-dominante.
( l ) Quand on chante dans tous les tons : ut ré mi fa sol la si ut, quand on donne toujours les mêmes noms aux mêmes degré» du mode, on emploie uno langue modale.
Quand on chauge de langue suivant le ton, quaud, par exemple, pour chanter le mode majeur à la hauteur du rè (dans le ton de rè), on chante : ré mi fè sol la si tè ré, on emploie une langue tonale.