LIVRE IV
TRANSPOSITION
Sommaire : 117. Définition. — 118. Transposition à vue. — 119. Transposition écrite. — 120. Transposition des gammes mineures. — 121. Conservation de l’écriture modale dans la transposition. Soudures. — 122. Instruments transpositeurs.
117. Définition. — La transposition est l'exécution ou la transcription d’un morceau de musique dans un ton différent (') de celui dans lequel il est écrit. Elle a pour but de rendre accessible aux voix et aux instruments un morceau écrit trop haut ou trop bas pour eux. Elle permet aussi, pour la musique vocale, de simplifier la lecture en supprimant les armures de dièses et bémols dont la connaissance ne serait pas acquise par l'exécutant.
Lorsqu'un morceau de musique doit être transposé sans avoir recours au changement de position des notes, mais par un changement de clé et d’armure, la transposition est à vue.
Lorsqu'un morceau doit être transposé avec changement d'écriture ou de position de notes, la transposition est écrite.
118. Transposition à vue. — Pour réaliser cette transposition, on doit d'abord chercher la clé nécessaire pour faire prendre à l’ancienne tonique, le nouveau nom de tonique qui lui est assigné ; on met ensuite l'armure du nouveau ton.
Exemple : Soit à transposer à la tierce supérieure un morceau écrit dans le ton de sol :
Transposition à la tierce supérieure :
Ton nouveau
Une des sept clés étant déjà employée dans le morceau à transposer, le problème se réduit à trouver une des six autres clés.
On ne devra pas perdre de vue que la note tonique ne change pas de place mais de nom. On partira de cette note tonique avec le nouveau nom, pour
( l ) Ou dans une langue différente.
rechercher la position de la note ut qui servira de point de repère. Si Y ut est sur une ligne, la nouvelle clé sera une clé ut, placée sur cette même ligne; si Y ut est dans un interligne, la nouvelle clé sera une des deux clés fa ou la clé sol.
Exemples de transposition par simple changement de clé et d’armure
Morceau en sol
Transposition en leu (La (?)
Transposition en la
•drz
Transposition en Seu (Si (?)
Transposition en Si
Transposition en ut
Transposition en tè (utfy
Transposition en reu (/?é(?)
Transposition en ré
Transposition en wiew (3// ( 7 )
fcH r - - -* *
Transposition en mi
Transposition en fa
Transposition en fè (fai)
f- jf-JJbfW —-—- # — 1
Ce qui vient d'être dit suffît pour toute transposition d’un morceau n'ayant aucun bémol ou bécarre ou dièse accidentel.
Dans le cas d 'accidents survenant dans le courant d'un morceau, il faut observer les règles suivantes :
1° Si la transposition se fait par quinte ascendante (de gauche à droite, dans le tableau des gammes, voir page 39), c'est-à-dire d’un ton par bémols
TRANSPOSITION
à un tou ayant moins de bémols — ou du ton d'ut à un ton par dièses— ou encore d’un ton par dièses à un ton ayant un plus grand nombre de dièses, on devra interpréter un degré au-dessus les accidents : doubles bémols, bémols, bécarres, dièses, doubles dièses, qui se présenteraient sur autant de notes de la série 4, 1,5, 2, 6, 3, 7 (ordre des dièses) qu’il y a de différence dans le nombre des quintes ascendantes.
Ex. — Transposition de leu en fa : Trois quintes ascendantes (différence d'accidents à la clé : trois bémols). Les accidents placés sur les trois premières notes, 4, |, 5, de l’ordre des dièses, seront interprétés un degré audessus : Les doubles bémols deviendront des bémols;
Les bémols — bécarres ;
Les bécarres — dièses ;
Les dièses — doubles dièses.
L’exemple ci-dessus devra être lu comme s’il était écrit ainsi :
Ex. — Transposition de leu en sol : Cinq quintes ascendantes (différence d'accidents à la clé : quatre bémols, un dièse). Les accidents placés sur les cinq premières notes, 4, 1,5, 2, 6, de l’ordre des dièses, seront interprétés un degré au-dessus.
L’exemple ci-dessus devra être lu comme s'il était écrit ainsi :
2° Si la transposition se fait par quinte descendante (de droite à gauche dans le tableau général des gammes, voir page 39), c’est-à-dire d'un ton par dièses à un ton ayant moins de dièses, ou du ton d't^ à un ton par bémols, ou, encore, d'un ton par bémols à un ton ayant plus de bémols, on devra interpréter un degré au-dessous les accidents qui se présenteraient sur autant de notes de la série 7, 3, 6, 2, 5, 1,4 (ordre des bémols) qu'il y a de différence dans le nombre des quintes descendantes.
mm
Ex. — Transposition de si en la : Deux quintes descendantes (différence d'accidents à la clé : deux dièses). Les accidents placés sur les premières notes, 7, 3, de l'ordre des bémols, seront interprétés un degré au-dessous : Les doubles dièses deviendront des dièses ;
Les dièses — bécarres ;
Les bécarres — bémols ;
Les bémols — doubles bémols.
L'exemple ci-dessus devra être lu comme s'il était écrit ainsi :
rîMtë- ^—sk—^ —
——^rrn
[-]=—> ■ „ i U 1 . ^ -T" ^ 7rn n .. „ 1
rt 1 . J W 0 P0 il
in^ r
Ex. : Transposition de si en seu. — Sept quintes descendantes (différence d'accidents à la clé : cinq dièses, deux bémols). Les accidents placés sur les sept notes 7, 3, 6, 2, 5, I, 4, de la série de l'ordre des bémols, seront interprétés un degré au-dessous.
tfcUft-r--»,—^ —■■■ — . —-r-n
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jx# w -^ ^
L'exemple ci-dessus devra être lu comme s’il était écrit ainsi :
119. Transposition écrite. — en conservant la même notation. ,
en changeant de notation . . . .
On peut transposer par écrit :
J1° De portée à portée.
.| 2° De chiffres à chiffres
j 3° De portée à chiffres.
/ 4° De chiffres à portée.
1° Morceau sur portée en langue tonale de ré à transposer sur portée en langue tonale de la :
rMmi - n
ft T\ ■ a n 0
rvTJ 4 | 0
r. JL* ..
"ti o r
r/n jn a 0 r r -n ~ __ i
TRANSPOSITION
2* Morceau en chiffres en langue tonale de ré à transposer en chiffres en langue tonale de la :
(D = 2 ), d on 6.
Pour ces deux transpositions on pourra se servir du tableau général des gammes et faire correspondre les fonctions des deux gammes considérées.
3° Morceau sur portée à traduire en chiffres et d transposer dans une langue différente.
Dans la traduction en notation chilïrée il est indispensable, afin d'éviter toute confusion, d'indiquer la gamme, ou langue, dont on se sert pour exécuter le mode dans le ton désigné (Voir Livre III).
Cetle gamme s'indique au moyen du chiffre par lequel est figurée la note tonique ; ainsi :
(D = 2) veut dire ton de ré, langue de ré.
la — la.
fg =6]
sol mineur, langue de la.
— — d'ut.
— majeur, langue d’ut.
— — de fa.
Soit l’exemple suivant à traduire en notation chiffrée : 1° en langue d'ut;
(G = 4) d on 5, en langue de fa.
4® Morceau en notation chiffrée à traduire sur portée. — C'est l’exercice inverse du précédent, on devra considérer les indications concernant le ton et la langue, et placer, après la clé, les accidents — dièses ou bémols — qui caractérisent le ton désigné. Soit à traduire sur portée l'exemple suivant :
i.-ll
TRANSPOSITION
Exemples d’armures des gammes mineures par dièses et bémols avec traduction en notation chiffrée
* en langue tonale. * * en langue modale.
Ee
3 4 SG Langue type du mode mineur.
jr rr. « *