‹ Théorie nouvelle de la métrique arabe, précédée de considérations générales sur le rhythme naturel du langageChapitre 5 sur 22 · ïonMafà 'ttouFt^oùmlon Mt^ 'ihn Fa'oùôà · texte numérisé non relu

ïonMafà 'ttouFt^oùmlon Mt^ 'ihn Fa'oùôà

l „ LJL J^\l „ LJL ^L^l

bquelle nous donne un Màdid, composé, conformément à ma transcription, des pieds : FaUâton Failon Failâton Failon. Plaçons ce schéma sous le schéma

hmMa/d 'i Ion Fa'où^ lonMaJâ '

Il I i~^ I 1

Fd..M..à..lon À...'i..Ln - À...'Uâ..l

— «.{ 56 ).«— Nous voyons aussitôt que toutes Us syllabes fortes el faibles des pieds Failâton et Faibn correspondent aux syllabes fortes et aux syllabes faibles des pieds Fa'oaoalon et Mafailon. En effet, la syllabe ion de Failâton , que j'avais supposée faible, concorde avec ia syllabe 'î de Mafailon que j'avais également admise comme faible. Dans f^y*, les syllabes^ et ^ sont bien réellement fortes , puisqu'elles se trouvent placées en regard des syllabes fortes /a et Ion des pieds Fâ- 'ilon et Mafailon. En outre, j'avais raison de conjecturer que la syllabe 'où de (J^yti doit équivaloir à deux temps, iepremierfort, le second faible, puisque cette syllabe correspond à la syllabe Ion de Failon plus le silence obligé, représenté par un trait, qui suit ce dernier pied dans la succession : Failâton Faibn— Failâton Failon (cf page ig).

Passons au Basit. Pour l'obtenir sur le cercle, on part de la syllabe n" 3 , qui , dans le fawîl , se trouve être le 'i du premier Maf&ilon. Nous avons donc :

TAWÎL BENVEIlSÉ^fiASiT.

'( hn Fa'oùoà loitMafâ 'tloaPa'owa loiiMaJà

Moi.,Uif...'i..}on - /''<!...'(.. Ion MoslaJ.'i..lon — Fil.. .'i... Ion

— «.( 67 )«— J'avais supposé que dans le pied Mostafiha la syllabe Mos est faible : on en a la preuve en constatant qu'elle coïncide avec la syllabe faible 'i de Mafâ'ilon. Les syllabes taf et Ion sont fortes, car elles coïncident avec les syllabes fortes Ion et 'oa de Fa- 'oàoàlon. Les s^^labes supposées fortes de Failon coïncident également avec les syllabes fortes des pïeds Faouoalon et Ma/'aiion. Enfin , ici encore , nous voyons que le^ de f^yti doit équivaloir à deux temps, car il répond à la syllabe Ion de Mostafilon plus le silence représenté par un trait, qui se produit entre Mostaf- 'iton et Failon (cf. page ^9]-

Plaçons maintenant en regard les trois mètres r 3 3

aoùhn Mafd't.. .hn Fa '^lon Mafd 'l...lon (Fa'^. elc.)

Fd...M..lâ.tonFâ...'i.lon.-Fâ.. .'Udton Fd ....'ilon- (FiTiM. elc.)

Mos...taf.*!..ion-Fû...M..lonMostaf...Mloa - Fd'ilon

' Il ressort clairement de ce tableau, et sans plus

ample explication , que dans les cinq pieds Fa oaoulon ,

Mafâ'îlon, Mostafilon, Failon et Fâ'ilâton, les syllabes fortes et les syllabes faibles occupent bien chacune la place que je leur avais assignée en dernier lieu; que dans \c pied Faouoalon la syllabe oh est

— *».{ 58 )^ — égale à deux temps; enfin, qu'un silence se produit, dans ie Madid, entre Failon et Fâ^ilâton, dans le Basit, entre MosUiJ'ibn et Fâ'ilon.

Lexamen do deuxième cerde prouve d'une façon non moins péremptoire que les pieds Motafailàn et Mofffalaton ont leurs temps forts sur les syllabes /d. Ion et ion, leurs temps faibles sur les syllabes Mola et 'i, Mo et 'ala. Ce cercle comprend le Kâmil et le fVâftr, lesqueb s'engendrent ainsi :

Kâmil.

Mota.^.M..îon Motafâ...'i..lon Motafd...'i..lon {Motafii. etc.)

il I I ■ ' I ' M

- - - - -\- - - "-I" - — 7I Mof&...'a. Mon Mofâ...'a. lalon Mofâ 'a hlm

On voit que les syllabes faibles Mola et i de Motafâ'iton coïncident avec les syllabes faibles 'ah et Mo de Mofaalalon; que les syllabes fortes /d et loa du premier pied coïncident avec les syllabes fortes ton etfâ du second.

Le troisième cercle nous permet de vérifier de nouveau l'exactitude de notre transcription des pieds Majâ îhn , Mostafilon et Fn ilâton. En effet , les mètres

— «.( 59 ).«— qu'il contient se composent exclusivement de ces pieds, que nous avons déjà étudiés.

lla.ad}.} ^ -- -1^ - - -1^ -- pH. -

( Mafi.X.hn Mafà...'(...lonM<^...'t..hm(Mafil. elc.)

nj- '..'I i.-' '..' L. etc.)

"'"'j'^ j ~rVT~~ ï T

( Mo$iaf.M..lonMot..taf..'i..loaMoêty...'Uon[MM, etc.)

( /"il...'; .U...(onFrf..*r..M.,/onfd...'i.M...(on

Dans ce cercle, comme dans les précédents, nous trouvons une parfaite concordance entre les syllabes fortes et les syllabes faibles des divers pieds.

Le cinquième cercle, enfm, qui comprend les mètres Motatfârib et Moiadârik, nous fournit une confînnation nouvelle du rhythme des pieds Fa-

'ouou^n et Failàn.

I Fa'oàoàlon Fa'oàoàlon Fa'ôàoùîon Fa'oùoàlon [fi

i..lon-Fâ..'Uon'Fd.:

Ici encore, nous constatons que Faoàoulon a pour 1^ I ' '

temps forts le premier 'oh et Ion , pour temps faibles

-«-( «0 )«^ Fa et le second 'ou , lequel correspond au silence qui existe entre chaque Failon (cf. p. ^9); de même nous trouvons que Failon a pour temps forts Fâ et ion, pour temps faible '1.

Mon hypothèse s'étant ainsi changée en certitude, je ne pouvais désonnais plus me méprendre sur la nature des pieds arabes. Chacun d'eux présentait ui> rhythme spécial , les uns commençant par un temps fort [Fd'ilon.Failâton), les autres par un temps faible formé d'une syllabe brève [Faoaottlon, Majâ'ilon, Mojaahton), le reste, enfin, par un temps faible fonné de deux syllabes ouvertes ou d'une syllabe fermée [Moiafailon , MoslafUon). Toutefois, il restait encore un point à éclaircir. Je venais de trouver que tous les pieds arabes sont pourvus de deux temps forts ; mab une nouvelle question se posait : d'où vient quje les Arabes considèrent les groupes rhytbmiques Fd- Uoa , Fâ ilâton , etc. , comme formant chacun une entité? Pourquoi Fàiiâiaa, par exemple, constitue-t-il un pied unique? Rien n'empêcherait, semble-t-il, d'admettre qu'il se compose de deux pieds égaux : Fai et Uton , comprenant chacun une syllabe forte ù laquelle s'attache une syllabe faible. De même les pieds Mafailon, MotafSilon pourraient très-bien se l>artager en Mafâ et 'î/on , Moiafâ et 'i/on , et ainsi de

— **.( 61 ]^-, — suite pour les auties pieds. Cette objection mérite à coup sûr d'être prise en considération, car ce qui fait que des éléments rbythmiques se groupent, c'est précisément cette circonstance que les éléments faibles s'attachent aux éléments forts; dès lors on comprend bien que , dans Faitâton , les syllabes 'i et ton s'attachent respectivement aux syllabes Fâ et /d, mais on cherche en vertu de quel principe le groupe Jalon s'accolerait au groupe Fai. La réponse est prévue. De deux choses l'une : ou bien les pieds arabes se décomposent en deux parties bien distinctes, ou bien ils forment un tout, une individualité; auquel cas il faut nécessairement que l'une des deux parties soit subordonnée  l'autre. Or, puisqu'il est constant que les Arabes

traitaient les groupes FSihn , Mafailon , etc. , comme des entités indivisibles (la manière dont ils les transcrivent !e démontre suffisamment), il s'ensuit que dans ces pieds i'un des temps forts est subordonné à l'autre, moins intense, en d'autres termes, que ces pieds ont un temps fort et un temps sous-fort. Et maintenant, lequel des deux temps de chaque pied est le temps fort, lequel le temps sous-fort? Ceci, au fond, importe peu, car le rapport entre les syllabes reste le même, que le temps fort soit en premier ou qu'il soit en second. Aussi pouvons-nous convenir de faire de ia première syllabe forte le temps fort, de la deuxième le temps sous-fort '. Nous avons

' Les raisons de ce choi\ seront données plus loin , lorsque je traî-

repi-ésenté le temps fort par une barre perpendiculaire; nous indiquerons le temps sous-fort par une barre un peu moins longue , et désormais voici quelle sera notre manière de transcrire les sept pieds précédemment étudiés (il ne s'agit pas des voyelles, mais seulement de la position des ictus) :

Fa'oùoàtm Maf^llon Maf^alaton Molafâ'ilon Mosfafilàn Fa'iion Fâ'iÛlon

On prévoit toutes les conséquences que nous allons tirer de ce dernier résultat. Puisque tous les pieds fondamentaux sont pourvus d'un temps fort et d'un temps sous-fort, leur mesure est la mesure à quatre temps. Donc, si nous transcrivons ces pieds en notation musicale, nous en déduirons facilement la mesure exacte des syllabes qui ies composent. C'est ce que nous allons faire dans le paragraphe suivant '.

S a. Mesure et notation des pieds.

Prenons le mot^^jù, dans lequel le temps fort

ierai de l'origine des pieds. On V' radical dans les mots , le temps i

' Je réitère le conseil donné plus haut de battre en deui mouvements de mai» (en abaissant la main et en la reluvant) les mesures à quatre temps qu'on va rencontrer. On fera ainsi tenir le temps forfet son temps faible dans le premier mouvement, le temps sous-fort et

son temps faible dans le second mouvement. J'adopte la croche pour unité de lemps.

— «.( 63 }**— est sur la syllabe 'ôà et le temps sous-fort sur la syllabe Ion, et cherchons à le traDscrire en notation musicale. Il est clair ^e la syllabe ou ( oaoa) commencera la mesure , que la syllabe Ion entrera dans !a seconde partie de la mesure comonençant par le temps sous-fort, et que ta syllabe Fa viendra se placer avant le temps frappé, autrement dit, avant la barre de mesure. Mais, puisque la syllabe ton commence le temps sous-fort, il fatit nécessairement que la syllabe 'm {'oaoa) remplisse à elle seule toute ta première moitié de la mesure. Or, si nous adoptons pour unité de mesure ta blanche d = deux noires J J ■= quatre croches J J J J =huit demi-croches é" s é é *r*r J^^, la syllabe 'm ('oàoà), tenant une demi-mesure, aura la durée d'une noire. La syllabe-^n, elle, durera une croche et demie J .', car si l'on répète le mot Faonoelon , la syllabe Fa vient se placer à ta suite de Ion et forcément dans la dernière partie de la mesure; et comme cette syllabe est faible et rapidement prononcée, on ne peut guère lui attribuer plus de la valeur d'une demi-croche.

Donc Fa vaut une demi-croche, 'ou ('oaou) une noire, ' Le point a pour valeur, en musique, la moïlië de la note qui

Ion une croche et demie, et la mesure totale doit être écrite de la façon suivante :

Fa...'ottoàlon-

Si l'on répète le mot, la syUabe Fa vient remplacer le quart de soupir ^ , et l'on a t

Fa . . .'ouoa. . Ion Fa..'oaoalon—

Et si, à présent, nous représentons la demi-croche par une brèves, la croche par une longue—, la croche et demie par une longue et une brève soudées ■vj, la noire par une double longue -^^, le silence équivalent à la demi-croche par une brève renversée « , nous obtiendrons pour notation métrique de Fa-

'ouoalon la figure ci-dessous :

' Le signe 3 est un lileuce de la valeur (l'un demi-temps ^ J^. Il complÈte nécessairement ici la mesure. Il j a deux maniËres d'envisager un rhylhme commençant sur un temps faible. On peut en faire deux mesures, en prenant la note placée devant la barre pour la fio d'une première mesure remplie jusque-là par des ailencea; ou une Mule mesure, en se repré«eotaot la note susdite comme un rejet Dans le premier cas, on note ainsi que je f'ai fait, ce qui équivaut à I n ^ j* I J J" . ^ |. l).n. 1. "oi."d on. .„ ™u, / I J J . I sans compléter la mesure par un silence, car la double croche J^ est censée teriiiiner la mesure.

—«.(65 ).«— D'après la notation usuelle, Faoàoùlon équivaudrait

seulement à » On voit combien on était loin de

compte !

Ce n'est pas sans intention que j'ai adopté comme transcription de la noire deux longues réunies par une accolade; c'est qu'en effet, si l'on cherche à prononcer (jJj*» en marquant ia mesure indiquée, on s'aperçoit que le son j, lorsqu'il se prolonge pendant ia durée d'une noire, ne reste pas homogène, mais se dédouble en ohou', chaque m durant une croche ou longue. Seulement, comme les deux sons se succèdent, une oreille peu exercée croit entendre un seul son : c'est ce qui explique comment les Arabes ont employé un seul signe pour rendre la voyelle double que je viens de signaler.

J'ai montré que la syllabe Ion vaut une longue et demie. Mais une question se pose. Comment la durée

' La transcription oaoa ne donne pas une îdëe exacte du phéuomëne. Voici ce qui se passe en réalité. Le timbre de la voyelle reste ■ensiblemcnt hnmogbne pendant ia durée d'une croche ou longue; puis le son s'obscurcit graduellement et finit par devenir e muet. Il y a donc là une dégradation prtsque impossible à noter. Je propose cependant de la représenter ainsi ôâiiae, ûû exprimant la pai'tie forte de la voyelle, aoe en eiprimant la partie faible, faccent circonfleie. enfin, montrant que le tout parait se fondre en un seul son. De même. Je représenterai l'a et l't doublement longs par âne et tic. Quand la voyelle ne dure qu'une longue et demie (et nous en rencontrerons de nombreux exemples), l'obscurcissement a lieu plus lât. Je représenterai u. on et i durant une longue et demie et prononcés âe, oit, w, par les ûgnes d, on, i. Enfin â, oâ et ï marqueront les longues normales , c'est-à-dire durant une longue juste.

J.As. Eïtraitn'5. (1876.) 5

tutale se distribue-t-elle entre les éléments de cette syllabe? Je renvoie à ce sujet au paragraphe de l'introduction où j'ai traité des syllabes , et je me contente de faire remarquer ici que ton est une syllabe composée des éléments simples io et n". L'élément lo recevant un accent d'intensité ou ictus, sa voyelle a la durée normale d'une croche, ou longue; l'élément n' étant privé d'ictus, sa voyelle sourde dure une demi-croche, ou brève. Ainsi, dans fon = fo. . .n', c'est la voyelle forte o qui compte pour une longue et la voyelle sourde et faible ' qui compte pour une brève, total -u [lùà').

La mesure rigoureuse du pied Mafallôn sera obtenue tout aussi facilement. La syllabe lôn commençant, comme dans le pied précédent, ia seconde moitié de la mesure, les syllabes /tfï devront en remplir la première moitié. Or, d'après la conception fort juste des grammairiens et métriciens arabes, fâ ei'i sont par le fait des syllabes composées U/a. .'e et *e 'i-y* ou 'i-.'e'. Nous trouvons par conséquent

' 11 en eat de même pour la voi^elle ou [ouao^] de ^>aï, qui est égateàji, et dans laquelle le (UammoA représente la partie sonme et forte de la voyelle et le commencement de la partie faible, le va» et le ajetm le 'e qui termine la partie faible. Ainsi, les groupes I -, jL, tf-exprimentloujouraune voyelle soDore.suivied'unevoyellesourde; mais leur durée varie naturellement avec la position qu'ils occupent dans le mot, avec le rhylbmc du mol. Dan) ^jii ' le ^ .^ devant rem-

-—»-».( 67 ).^quatre syllabes pour remplir la première demi-mesure. La syllabe » ja, recevant le coup de voix ou ictus qui marque le temps fort, doit durer à elle seule une longue ou croche, de sorte qu'il reste trois syllabes : 'e../i.,,'ff, pour terminer la demi-mesure. La syllabe forte » occupant la durée d'une croche, les trois syllabes faibles doivent .durer ensemble une croche, et par conséquent chacune d'elles a pour durée !e tiers d'une croche. La notation rigoureuse de Mafaîlôn est donc ;

Ma...Jâ..'e. ■'i..'t..}ôn' -

plirune demi-mesure, se décompose en nuoue, \tdhanimak eiprimani ôâoa, lej rendant le > muet. Daoi ,^X^lu, comme c» va le voir, le l dure âe (que je note à pour simplifier), lefatha eiprimanl le à, le t jniliquant la syllabe sourde 'e: enfin, le ^^ du même pied dure li (que je note î pour simplifier) , le kttra exprimant le I, et le ^ marquant la syllabe 'ë.

' On n'a aucun signe en musique pour noter les tiers de croche ; aussi représente-t-on chatjue tiers de croche par uae demi-croche; seotement , pour montrer qne , daos ce c*« , on a affaire non pas à des demi -croches, mais à des tiers de croche, on réunit les trois signes de demi-croctie par une accolade surmontée du chiffre 3. C'est ce qn'on nomme un trioUt ou Iraii pour deux, c'est-à-dire (roi'j (ierj de croche pour âeax dtmi-CTOches.

— «.( 68 )*— et en fondant les voyelles composées â...'e, i...'e

Ma..fâ..H...Ûn -

Ainsi, la syllabe forte U/d dure une longue' et un tiers, et la syllabe faible xs'i deux tiers de longue. Pour simplifier cette notation, pour faire disparaître les tiers de longue, qui compliquent et surchargent les schémas, nous pouvons convenir de supprimer la valeur d'un tiers de longue dans la syllabe forte et de l'ajouter à la syllabe faible 'ï ; celle-ci devient alors égale à trois tiers de longue ou à une longue, et nous obtenons la notation suivante simplifiée :

Ma...fi..'-,..hn -

' La première Dotation est plus conforme \ la réalité , pui»c[ue la

■ syllab«/il dure plus longtemps que la syllabe faible 'ï [un tiers de

longue en plus , comme on vient de le voir]; mais, dans la pratique,

il est plus commode d'adopter la seconde notation, et c'est ce que je

renii dorénavant toutes les fois qu'un triolet se pësentera ; je rem-

placerai toujours le groupe -CZ^ (le» trois brèves durant chacune

nn tiers de longue) et son équivalent -u par les groupes éqoiva-

-«.( 69 )« Au lieu du pied i^AftsLU ii arrive très-fréquemment qu'on rencontre dans les vers la variante j^JksLu. Ce nouveau pied ne diOere du précédent que par la distribution des syllabes dans le temps faible qui suit le temps fort : ii lui est d'ailleurs parfaitement équivalent. En eiTet, (!^li* se décompose en Ma..fâ..- 'e.. i.,/ô.,n', et comme la syllabe composée Idn commence la seconde moitié de la mesure, nous avons pour remplir la première demi-mesure (valeur de deux longues] les trois syllabes /â..e./i. La syllabe forte /d dure normalement une longue, ou croche; par conséquent les deux syllabes 'e.'i doivent durer ensemble une longue , soit chacune une demi-croche , ou une brève, La mesure de Mafailôn est donc •

et en fondant la voyelle composée â.'e {â'e— =à), et reformant la syllabe composée /ô..n'(=ton} :

Ma...fâ H...l6n -

.IL. „ k. J lents , ou -uuet~.u (les deuA brèvra durant ici cbacuua

Or Mafailôn ^ { -u .> ^ ^ | équivaut visiblement à Mafaiùin u 1 1 - ^ ^ [■ D^ ^^ vient qu'il peut lui être sans inconvénient substitué dans un vers.

Le pied ^^iis\jL* a la même mesure et à peu près le même rhythme que Mafaibn. En effet, décomposons Mofaalatùn, nous trouvons les syllabes suivantes : Mo . .fà ..'e.. 'a. .la. .16.. n', qui sont disposées de la même manière que celles qui forment Mafaiiôn; on s'en assurera en jetant un coup d'œil sur le parallèle que voici :

Mo..ji^e..^a...la...té^-

Ma..p..'e..'i...'e...lù..n'

La seule différence (j^i sépare , au point de vue du rhythme, ces deux pieds, consiste en ce que dans le second les deux syllabes "(..e se fondent apparemment en un seul son i, tandis que dans le premier les deux syllabes 'a.. la se prononcent séparément. Quant à la mesure de Mofâ'alalôn , nous l'obtiendrons en raisonnant comme nous l'avons fait pour Mafàilôn. Les syllabes 16. .n' entrent dans ta seconde moitié de la mesure ; les syllabes fà...'e...'a...la en forment la première moitié {valeur de deux longues); la syllabe /â, qui porto le temps fort, a la durée

nonuaie d'une lungue; il reste donc une longue ii partager entre les trois syllabes 'e..'a..la, d'où il résulte que chacune vaut un tiers de longue, et qu'à elles ùx)is elles forment un triolet précisément conrnie les syllabes 'c...'i,.,'ede MafaîlAn. Ed somme, nous parvenons à la mesure suivante :

Mo...Jii...'e...'a...la...tô..n--

ct en fondant à..'e en â, tô..n' en (on :

Mo...fâ...'u...la..lùn -

Maintenant, pour simplifier, nous convenons de supprimer de la syllabe fâ la valeur d'un tiers de longue, que nous ajoutons aux syllabes 'a. .la. Ces syllabes sont alors censées valoir ensemble trois tiers de longue, ou une longue, soit chacune une demi-

-^( 72 )**— longue=-une brève. La notation de Mofétalatôn devient :

Mo..Ja..'a..la..tÔa -

pied équivalent A Mafailôa ^.[ — ^n|etàsa variante MafaitOn « | -%j ^ Vj ^ | , mais en différant légèrement par le rhythme, puisi|u'il présente dans le temps faible de la premiiVe demi-mesure deux brèves séparées, tandis que Mafailôn offre une longue, et Mafailôn deux brèves dont 1 une jointe au temps fort qui précède.

Abordons les deux pieds JWoïa/aiten elMostàf^itôa. Dans Aiotafailôn , deux syllabes faibles : Mota , précèdent le temps fort; les syllabes /ai occupent la première moitié de la mesure, la syllabe composée ton commence la seconde moitié de la mesure.

Nous avons pour remplir la première demî-mesure ies syllabes yiî'i, qui se décomposent enfâ-e'..'i, absolument de la même manière que le fai du pied jjieUL», et dont la mesure est rigoureusement la même, /à durant une longue, 'e et'i durant chacun une brève {{- longue); la s^abe composée l6n dure

une longue et demie comme le lôn de Mafailôn. Il ne nous reste à déterminer que la valeur des syllabes faibles Mota. Ces deux syllabes doivent tenir dans un temps faible; par conséquent, elles durent chacune Y longue. Nous avons ainsi pour mesure de Motaf£ilùn :

Uo..ta..Jd..H..Ùa -

Mais dès que ce pied est répété plusieurs fois , comme je le figure :

Mota l/d'i"ifln Mota |yd'<7ôn~|

on voit que les syllabes Mota viennent se placer à la suite de l6n^l0..n', et comme la secondé mesure doit nécessairement commencer avec le temps fort fâ du second Molafaitôn , il s'ensuit qu'alors les syllabes Mota terminent la première mesure. Ainsi, la seconde moitié de la première mesure est composée de lôn Mola ^ lô..n' Mota : lô dure à lui seul une longue; les syllabes n' A/oia doivent, par conséquent, durer ensemble une longue (durée du temps faible), soit chacune -j- de longue. Représentons ceci en notation musicale et métrique :

:ecb>Googlc

/Mo..l«..yJ...'i..lS..«' Mo..M..ji..M..lin-

On reconnaît, à l'examen de cette figure, que les syllabes n' Mota ont chacune pour durée y de longue, quand elles se trouvent réunies dans ie temps faible. Au coDb^ire, quand MoiafaïUn est suivi d'un pied commençant par une seule syllabe brève, tel que Majailôn , sa seconde demi-mesure ne subit aucune modification de durée , car la syllabe brève qui vient se placer à la suite de Motafâ'ilon dans le temps Ikible a pour durée une demi-longue. Conséquemment, la syllabe lôn de Motafailôn conserve sa durée d'une longue et demie qui, jointe à la demi-longue Ma de Mafaitôn remplit une demi-mesure. Le pied Motafailôn a donc quatre notations, suivant les cas. Isolé, ou initial suivi d'un pied commençant par une seule brève, il se note ainsi :

J* J'|/.//.=ii

Mo. .la. .fi..

— M.{ 75 )-*-■ - Initiai, suivi d'un pied commençant par deux syllabes brèves ou, ce qui revient au même, par une syllabe composée faible , il se note :

Final, ou médlal suivi d'un pied commençant par une seule syllabe brève, il se note :

Mo..la..fâ..'i..tôH -

Enfm, médial suivi d'un pied commençant par deux syllabes brèves ou par une syllabe composée faible, il se note :

' Le signe *] esprime un ailence équivalent à une croche ou longue; mais ici, sunnoaté d'une accoliide portant le chiffre 3, il ne vaut que deux tiers de longue, puisqu'il fait partie d'un triolet. J'adopte pour ce silence, en notation inétrîi|ue, le signe o : isolé. ce sigoe représente un silence de la durée d'une longue; surmonté d'une accolade portant le chiffre 3, il représente un silenre de ta durée de deui tiers de longuti. Il remplace dans le cas présent les deuï syllabes brtves ou la syllabe composée faible d'un pied

Mo..la..fâ..'i.Jôa i i J^

D'après notre convention, nous allons simplifier les trois notations qui contiennent des tiers de longue. Dans la notation n' 2 , nous retranchons de la syllabe lôa la durée de y de longue cpie nous incorporons au silence, égal à y de longue, qui représente les deux syllabes brèves ou la syllabe composée faible d'un pied suivant. La syllabe lôn devient ainsi égaleà une longue lôn , et le silence acquiert la valeur de ■j de longue ou d'une longue. D'où la nouveUe nota-

Dans la notation n" 3 , nous incorporons aux syllabes Mota la durée dey de longue, empruntée à la dernière syllabe du pied précédent. En effet, la notation n' 3 est celle de Motafailôn final ou médial, par conséquent supposé précédé d'un autre pied, lequel se termine nécessairement par lôn ou par tôa. Les syllabes Mota deviennent donc égaies à y de

^-H 77)*»— longue ou à une longue, et chacune à une demilongue , la syllabe Ion ou ton du pied précédent n'étant plus censée valoir qu'une longue , au lieu d'une longue et un tiers. Ainsi la notation n" 3 se transforme en :

Dans la notation n" A , nous appliquons à la dernière partie de la mesure le traitement que nous avons fait subir à la notation n° 3 , et aux syllabes initiales Mota le traitement que nous leur avons fait subir dans la notation n° 3. De sorte que la notation n° & devient identique à ta notation n° 3 siropliBée, à savoir :

En fin de compte, Motafailon est susceptible de se noter de deux manières, suivant les cas, puisque les notations n° i et n" 3 se confondent sous cette forme : -----

Mo..ta..fâ..*i..lôtt -

et les notations n° 2 et n° 6 . sous cette autre forme : Mo. .la. .fd. M. .ion -

Le pied Mostàfilôn a la mesure de Motaf^iÙii, et son rhytlimo ne diffère de celui de Motafailôn qu'en ce que dans ce dernier les deux syllabes initiales sont nettement séparées pour l'oreille, chacune étant pourvue d'une voyelle sonore, tandis que dans Mostàfilôn, les syllabes Mo.. s' = Mot constituent une syllabe fermée. La syllabe l&n entre dans !a seconde moitié de la mesure; les s^bbes tâf'i^ tâ..f'..'i remplissent la première moitié de la mesure : id, recevant l'ictus, dure une longue normale, j^ et'i. syllabes faibles, se partagent la durée du temps faible (une longue], et valent respectivement une demi-longue. EnBn les syllabes Mo ..$" = Mos et la dernière articulation n' sont susceptibles de durer chacune soit \ longue, soit \ de longue, comme les syllabes Moia et «' de Motafâ'Ufin , et dans les mêmes circonstances. Le pied Mostàfilôn ' a quatre notations, correspondant à celles de Motafailôn, lesquelles se réduisent également aux deux suivantes :

' La comparaiMn de ce pied avec le pied Jtfoto/il'ifôneattrèg-instnidiïe. Eiie prouve que dan» Motafailôn la syllabe fâ ë^aivaut bien kjà.,'e, et que c'est bien le premier èléaieat fa qui, recevant l'ictus, prend la durée d'une longue. Eu effet, de même aue tSfij dans Mostâfitôn, se décompose en lâ..j'..'i, de mêmeyd'i , dans Molafd' ilôa , se décompose ea fa. .'e..'i.

Moi.

Moi

.fcTi-

Nous n'avons plus à examiner que deux pieds : fjUU et (Jt»s.\i. Commençons par Fâ'ilâtôh {^flVs.\S).

Dans ce pied , les syUabes F^i = Fà-'e.. 'i doivent remplir la première demi-mesure, (diôïi =■ lâ--'€..to-n' la seconde demi-mesure. De plus, les voyelles fortes Fd et là durent chacune une longue normale. Par conséquent, les syUabes 'e et 'i qui terminent la première moitié de la mesure dureront chacune ^ longue; les trois syllabes 'e..to..n' qui terminent la seconde moitié de la mesure dureront chacune ~ de longue et formeront un triolet, d'ofi la

notation :

En fondant les syllabes composées â--'een â, to--n'

en ton :

Fa.. U.. là.. ton s

Enfin, en supprimant le triolet, c'est-à-dire en supposant que là ne vaut plus qu'une longue (là) et que fort, au contraire, s'accroît d'un tiers de longue et devient égal à mie longue (il n'en vabit que ~) : .

I sjs : \

C'est cette dernière notation que nous adopterons désormab.

Passons à yJ*li, F^ibn.

La mesure de ce pied sera facile à obtenir, car qJIcU est égal à (jX^U* diminué de la syllabe faible initiale Ma. La mesure de Mafailôn est « [ -u « '-u r, | , celle de Failôn sera donc :

Fd...'i..lôn -

— «.( 81 ).«— On peut s'assurer qu'un silence ("} termine réellement ce pied en le répétant. En effet, puisque la syUabe Fâ porte le temps fort, elle doit toujours commencer la mesure. Il faut donc qu'un silence se produise entre le lôn du premier pied et le Fâ du second :

Fâ..'i..lôn - Fd..'i..}ôit -

. Quand (ji^li est suivi d'un pied commençant par une seule syllabe brève, tel que j^^JlfilU, sa notation ne subit aucun changement, car la syllabe brève du pied suivant vient simplement prendre (a place du silence égal à une brève qui termine (jjJlcU. Mais îl peut arriver que (j^U soit suivi , par exemple , de f^tjiiXti^, et alors c'est une syllabe fermée de la durée totale d'une longue {Mos) qui vient terminer la mesure de yUU :

Fâ..U...lônMos..tâf...'i..t5it -

Dans ce cas, le damier temps faible étant rempli

J. Aï. Értraitn'5. (.876.) 6

— «.( 82 )•«— par trois articulations n' Mo.. s', chacune d'elles n<> vaut plus que y de longue. Pour simplifier, nous pouvons supposer que la syllabe Ion de (jJlsU vaut seulement une longue et restituer le tiers de longue que nous lui enlevons aux articulations Mo..t*. Le pied {J^ admet donc une seconde notation :

Fâ..H..m -

Je réunis maintenant dans un tableau les pieds que je viens d'étudier, en indiquant leur rhythme et leur mesure. Ces pieds se divisent en deux classes ; I. Pieds commençant par le temps fort; II. Pieds commençant par un temps faible. Cette dernière classe se subdivise en : i" pieds commençant par une syllabe simple, et a* pieds commençant par deux syllabes simples ou par une syllabe composée'.

1 j Pkûn. |X. J*/.^!, |!>,„^„| )

M [Fmm. \S.fS-\ |. IL„lJ )

' Le nleoce o Ggure la tyllibe fermée Mot qui vient terminer la mesure de Fd'ito aussitât qu'on Tiit suivre Fi'iài de MotlafiÙn.

' LesâlencesËualsquicomplhentlesmesuresdiBpamiuent quand les pieds sont suivis d'autres pieds commentant par une ou par pdilûenn ijUaltes faibles. Par exemple si nous répétons le pied ^ytl . la

Ma^iù^. /|J~XX.^ |. JL. ;-„] I

M.>.U«,i'|XJ'J'J~.!l|. JL„„;,„I ,

( M«..i/<ilj«. X|J'.J'X.^|

s 3. Modifications des pieds à l'intérieur des mètres.

Nous connaissons maintenant la nature des pieds priniitifs : nous savons qu'ils sont formés d'une succession de syllabes entre lesquelles une certaine cohésion est établie par les temps forts et les temps sousforts, autrement dit, que chacun d'eux constitue une individualité rhythmique. Si ces pieds ne subissaient aucun changement, s'ils étaient toujours employés

syllabe i du second ^f^i vient remplacer le silence égal i une demi-longue qnî termine la mesure de ^f*i isolé :

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