‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 11 sur 73 · CHAPITRE V CONCLUSIONS DU LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE V CONCLUSIONS DU LIVRE PREMIER

Pour arriver à dérinir la vie élémentaire, noos cherchiotis un caractère commun k tous les plastîdea vivants et qui les distinguât, d'une manière absolue, des corps

Pouvons-nous tirer ce caractère de la composition chimique? Noua ne la connaissons pas.

De la structure histologique ? Elle est la même après que les plastides ont été tués par certains réactifs et n'est donc pas caractéristique des plastides vivants.

Du mouvement ? Il estdillerent dans les espèces différentes, nul chez quelques-unes.

De l'addition de substances nouvelles à la masse du plastide? Elle se fait de manières très diverses et des corps bruts peuvent y être sujets.

Des réactions chimiques qui ont lieu entre le plaslide et le milieu pendant une observation de courte durée? Elles varient avec chaque espèce. Il ya bien une réaction commune à tous, c'est l'oxydation (respiration) auï dépens d'oxygène libre ou combiné d'une manière plus ou moins stable ; mais beaucoup de corps bruts sont oxydables dans les mêmes conditions.

Claude Bernai-d dit que le protoplasma de tous les plastides est doué A' irritabilité, et il définit l'irritabilité : * la propriété que possède tout élément aoatomique (c'est-à-dire le protoplasma qui entre dans sa constitution) d'être mis en activité et de réagir d'une certaine manière sous l'inQuence dos excitants extérieurs. ■ Esl-re là quelque chose de particulier aux corps vivants ï Un ressort d'acier réagit sous l'influence d'un

CONCtfîION DES PREMIÈRES OBSERVATIONS 83

choc, tout autrement qu'une lame de plomb. Un choc détermine, dans un corps explosif, des réactions chimiques accompagnées de phénomènes physiques (chaleur, lumière, etc.) ; un mélange de chlore et d'hydrogène détone dès qu'il est exposé aux rayons du soleil, etc. Que les corps vivants soient particulièrement sensibles il des actions physiques ou chimiques d'une faible intensité, c'est là nue propriété qui appartient également aux composés chimiques très instables et aux substances très élastiques'.

L'observation de courte durée ne nous permet donc pas de découvrir un seul caractère commun à tous les plastides vivants et à eux seuls ; il ne faut pas nous en étonner puisqu'elle ne nous permet pas toujours d'affirmer qu'un plastide d'une espèce normalement immobile, par exemple, est vivant ou mort.

Mais, cette étude, faite avec soin, nous donne néanmoins un renseignement précieux; elle nous montre que, parmi les phénomènes observables « WJi «lowidni doiinedansunplaslide vivant, il n'y en a aucun qui ne se rapporte h la physique et k la chimie des corps bruts. Ce résultat est intéressant à cause des idées préconçues dout se débarrasse difficilement un observateur tenté de trouver dans un plastide mobile toutes les propriétés d'un animal supérieur.

Les expériences de mérotomie nous ont appris en outre quelque chose de très intéressant, savoir, que le protoplasma jouit par lui-même de toutes les propriétés dont les phénomènes vitaux du plastide sont les manifestations, au cours d'une observation rapide, dans des conditions convenables de milieu. En d'autres termes, tout ce qui nous fait reconnaître l'espèce d'un plastide au cours d'une observation rapide, est la manifestation de propriétés du protoplasma de ce plastide ; je reviendrai plus loin sur la forme même du plastide qui est

8i VIK DES ETRES MONOPLASTIDATRES

aussi nne propriété de3onproloplaaina(v. p. HQ). Nous pouvons donc conclure dès maintenant que la composition chimique du protoplasma d'un plaslide, expliquant loules les propriétés de ce protoplasma, caractérise l'espèce du plastide considéré.

8i nous ne nous défions pas des pièges du langiagi?. noua sommesdoncamenésàdii'ececi: les protoplasmay. vivent, puisque lews réactions dans des conditions définies, sont précisément celles qui déterminent les phénoviènes appelés par nous phénoniénex vitaux des plaslides correspondants'. Mais dans l'état d'ignorance où nous nous trouvons encore à la fin de cette première approximation, dans l'impossibilité, où elle nous laisse,de définir la vie élémentaire, il serait très dangereux d'affirmer ce qui est énoncé dans la phrase précédente. Attendons que la seconde approximation nous ait permis de définir la vie élémentaire d'une manière précise, pour voir si cette propriété, ainsi définie, appartient aux protoplasmas. Tous les phénomènes vitaux que nous avons suivis pendant une observation de courte durée sont bien des phénomènes de la vie élémentaire des plaatides, seulement, n'p en a-t-il pas d'autres, aussi importants au moins, et que l'observation de courte durée ne peut mettre en évidence ? Ce n'est que quand nous nous en serons assurés que nous aurons le droit d'appeler leur ensemble, Dï'e élémentaire, et de déclarer vivante toule substance capable d'y donner lieu.

Tout ce que nous sommes en droit d'affirmer à la fin de cette première approximation, et cette affirmation a une importance assez grande pour que je l'énonce une fois de plus, c'est que : les phénomènes de la vie élcmen- 1 taire qui permet de constater une ob=ervalion de courte durée, dans des conditions déterminées, sont les manifestations de propriétés du protoplasma des plastides.

(1) C'est ce que j'ui dit dans i'aide-n; viuanle, qui n'était lui-même qu'une première approximation ; je montrerai plus loin qu'il est utile, pour arriver à un langage aliaolument pri'cis, de taire des réserves à, ce sujci.

CONCLUSION DES PREMIÈRES OBSERVATIONS 8j

En terminant ce chapitre je tiens à rappeler que si nous ne connaissons pas encore le caractère .qui distingue les corps vivants des corps bruts et que nous ne découvrirons que dans le livre II, nous connaissons néanmoins des caractères communs à tous les plastides vivants, mais pas à eux seuls. Tels sont, par exemple, les deux suivants qu'il est utile de ne pas oublier : 1° les plastides vivants ont des dimensions limitées: 2® leurs propriétés ne se conservent pas au-dessus d'une certaine température dont il est possible de fixer un maximum, pour toutes les espèces, bien au-dessus de 200 degrés.

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