PREMIÈRE PARTIE VIE DES ETRES IIIONOPLASTIDAIRES
ou VIE ÉLÉMENTAIRE
Qnanii un diimiste découvre un compos(5 nouveau, soit qu'il l'ail formé Je LooIcb piècea par Eynthëse, soit qu'il l'ait extrait d'uu corps préexisLaut où ce composé élait mélangé à d'autres, 11 l'étudié et décrit ses propriétés, c'est-à-dire les qualités qui lui appartiennent en propre. Qnelques-unes de ces propriétés peuvent n'être pas absolument caractéristiques du corps en question et appartenir en même temps à d'autres corps différents de celui-là, mais d'autres lui sont exclusivement personnelles et permettent de le recoûnaitre partout et toujours, même si l'on ne connaît pas sa composition atomique '.
Je suppose qu'un corps A soit ainsi dérini par telle rèacLiou caractéristique à laquelle il donne lieu en présence du corps B dans des conditions déterminées; toute substance qui, dans ces conditions, ne donnera pas la réaction attendue, ne sera pas te corps A. Une substance, au eonlraire, qui la dtinuera, pourra être le corps A et si nous craignons de nous être trompés en
(1) Les eiemples de ce fait deviennent de plus en plos rares avecJes progrès de la diimie, mais il y a encore cerlains corps que nous savons recoonallre sans nous tromper jamais et donl BOUS ignorons U conïtilatlon.
1 ETRES MONOPLASTIDAIRES
aUribuaiit celle réaction caratérisLique nu seul corps A, nous nous assurerons que c'est bien lui par une autre réaction qui lui soil également propre si nous en connaissons. C'est la métliode des analyses chimiques. Elle 4 peut se résumer en ceci : les mêmes causes produisent les mêmes effets; si un effet change, c'est qu'une des causes a changé.
La méthode précédente qui est vraiment scientifique ne s'applique pas en général en biologie & cause de la notion dangereuse de l'individualité. Soit un être A considéré à un moment donné; il se compose d'un certain nombre de substances ayant des propriétés définies. J'ajoute de l'acool au liquide dans lequel il se trouvait et je continue de l'appeler A quoiqu'il ne contienne peut-être plus aucune des substances qui le caractérisaient tout à l'heure. Cet exemple présente un inconvénient; c'est que, après l'action de l'acool nous disons que A est mort et qu'il n'y a pas autant de danger par conséquent h lui conserver ce même nom A.
Mais je suppose que l'être A ait la propriété' d'être attiré par une substance B comme nous le verrons un peu plus loin à propos du mouvement des plaslides; eli bien t l'être A, après avoir été soumis quelque temps à l'action d'une solution étendue de ta substance D, n'est plus attiré par la substance B. Nous continuons néanmoins à l'appeler A, quoiqu'une des propriétés, qui nous permettaient tout à l'heure de le reconnaître, lui manque désormais. Nous renonçons donc de parti pris à la précision de la méthode chimique puisque nous appelonsdu même nom A deux ensembles de corps diCTérenla qui ont peut-être encore certaines propriétés communes, mais à l'un desquels manque au moins une propriété qui appartient à l'autre. Nous disons que l'être A est adapté, habitué à de nouvelles conditions '.
J'ai du sel maria dans un flacon ; je le traite à chaud
î le cliapilre : Eiuluiion r/e t'espéct des plusHdea,
YtE ELEMENTAIRE
parl'auide suirarique il dégage de l'acide chlorhydrique; c'est une de ses propriétés. Au bout de quelque temps, il n'en dégage plus, quelque quantité d'acide aulfurique que j'ajoute; dirat-je que mon sel marin est habitué à l'acide sulfuHque ? Ce serait absurde, n'est-ce pas? C'est pourtant exactement ta même chose; ce qui reste dans mou ilacona encore des proprités communes avec le sel marin initial, celle de Jaunir, par exemple, la llamme incoloie d'une lampe à alcool, mais ce n'est plus du sel mai in, c'est du sulfate de soude.
En essayant d'appliquer, à l'étude des êtres monoplas- j tidaires, la méthode précise de la chimie, on se heurte ' à de grandes difllcuUéa a. cause de la notion préconçue d'individualité, mais, ces dilïicultés surmontées, les résultats sont féconds. I! est essentiel d'abord de surveUler rigoureusement le langage et de n'employer que des termes précis.
Somme toute, au point de vuechimique, on ne devrait donner le même nom A qu'à deux plustides jouissant exactement de toutes Tes mêmes propriétés ; alors seule- . meut on aurait le droit de raisonner sur l'un de la même manière quesur l'autre, tandis qu'on a l'habitude de donner le même nom à des plaslides qui n'ont en commun que quelques propiiétés et qui diffèrent par d'autres qualités essentielles. En d'autres termes la notiond'eVrese trouve, dans l'état actuel du langage, tout k fait distincte de la notion de substances chimiques constituant l'être, et c'est un reste des théories vitalistes.
Je m'eQ'orccrai d'appliquer autant que possible k méthode chimique dans la recherche des propriétés des plastides et la seule étude des faits actuellement connus me mènera ainsi à des déOnitions précises de tout ce qui concerne la vie élémentaire, sans que, pour obtenir ce résultat, je sois obligé de recourir â quelque hypothèse que ce soit.
Je procéderai dan^ cette étude par approximations Buccesaives.
Dans une première approximation je chercherai s'il
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est possible de découvrir l'exisLeiice de euracLÈres communs aux plastides vivants et à eux geulg au moyen d'une ûbsei-valion de courte durée de ces plastjdee. J'entends par observation de courte durée, l'observation de la manière d être d'un plaalide pendant un laps de temps assez restreint pour que le plastidc ne se soit pafi, dans cet intervalle, modifié sensiblemeat et particulièrement' ne se soit pas divisé'. Cette première approximation ne noua mènera pas à la dcfinilion de la vie élémentaire ', que nous trouverons seulement quand, dans une seconde approximation, nous aurons étudié les plastides au moyen d'une obsei-valion plus prolongée, supérieure à la durée d'une ou plusieurs générations de plastides. Enlin, dans une troisième approximation, une observalion de très longue durée nous renseignera eur l'évolution des espèces monoplaslid aires.
J'espère arriver ainsi à des notions très précises dès la deuxième approximation en appliquant sans cesse cette grande loi des sciences dites exactes et à latjuelle ' les plnstides vivants sont soumis comme tous lesaulres ' corps ; les mêmes caut^s produi^cnl les mêmes effets. 11 faudra aussi, et c'est plus difficile, ainsi que Je l'ai dit plus bau t, à cause des idées incluses dans le langage même, ne pas oublier ce précepte de Descartes : <c Ne ehei-chei pas ee qu'on a écrit ou pensé avant vous, mais sachez vous en tenir à ce que vous reconnaissez vous-même pour évident. »
(1) Je m'GD ïuie leau à peu près s cette premiËre approxfma' tion dans le volume, La malière tiraille, dont j'ai déjà pirlé plus Itaul, et dans lequel je cne Evie pri s d paiement attaché à montrer que tous les pliêDombaes vilaar des plastides E'expliquenl par les lois générales de ta plivsique el de la chimie.
(2) Quoique oe pouvant employer, dans cette première approsi malion, un langage «UBti précis qu'aprë* Ici déiloitioaii de la seconde approiimalion, je m'efforcerai, pour décrire lea ptiénombnes qu'elle permet de constater, de me servir uniqaenwnt, si c'est possilile, d'ei pression a physiques et cbimiques el non de lermes empruntés & la pliysiologie des animaux supérieurs.