‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 30 sur 73 · VIK DES ÊTRES MONOPLASTIDAIB · texte numérisé non relu

VIK DES ÊTRES MONOPLASTIDAIB

Anesthésiques et poisons. — Ccrlaines substances introduiLRsdans le milieu où un plastide trouve réalisées les conditions de sa vie élémentaire manifestée, arpètenl cette vie élémentaire maiiirestée ; c'est qu'elles coiitractent avec quelques-unes des substances du plastide des GombinaisuDsqui ue sont plus des substances plastiques, ou au moins des combinaisons telles que l'ensemble des substances désormais concomitantes dans ce qui était le plastide, ne constitue plus un plastide. Ou dit alors que le plastide est empoisonné; la substance introduite dans la réaction est un poison'.

l! y a des poisons généraux, c'est-à-dire des substances susceptibles d'arrêter la vie clcmeutaire inauifeslée de toutes les espèces de plastides sans exception (le bichlorure de mercure à dose suMsante, par exemple); il y a des poisons spéciaux à certaines espèces de plastides, et absolument inoirensit's pour d'autres espèces, ce qui prouve une fois de plus les différences chimiques des protoplasmas des diverses espèces. C'est l'existence de ces poisons spéciaux à certaines espèces qui nous donnera l'explication de la succession des faunes dans un aquarium de dimensions limitées (v. p. -180]. C'est aussi sur l'existence de ces poisons spéciaux qu'est basée la thérapeutique de certaines maladies microbiennes (tuer le parasite sans nuire à l'hâte ; la quinine par exemple, tue les Heniamœba Laverani à un degré de concentration où elle est iuofl'ensive pour l'organisme humain). Enfm, telle espèce animale mange couramment et en abondance telle espèce végétale qui est un poison violent pour une autre espèce animale, et n'en est pas incommodée.

Certains poisons ont une action qui n'est pas déilul-

(I) Cerlaios poisons cootractent avec leâ subalaDcea plastiques des combinaisons solubles ; leur action se traduit alors par une disparition totale du pla!iliil«; d'autres ilonnenl des combinaisons insolubles; la pseudomorpbose du plastide se conserve alors plus ou moins longtemps suivant que les subetances résultant de l'aciion du poii^on sont plus ou moins vite attaquées par le milieu.

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live; l'aleool, par exemple, accumulé dans ua moùl qui fermeale sous l'actioa de la levure de bière, arrête, lorsqu'il a aUeiut un certain degré de coaceiiLratiou, la vie élémentaire manifestée de celte levure ; elle l'empoisonne donc, puisi|ue, à part la présence de l'alcool, le moût contienl précisément tout ce qui est nécessaire à la condition n" I de la levure. Et en effet, la levure passe à la condition n° 2 et est condamnée à une destruction fatale, à moins qu'on la transporte dans un moût neuf dépourvu d'alcool. Si on renouvelle son milieu de cette manière avant qu'elle soit restée trop longtemps h la condition a" 2, oo la voit recommencer à vivre et à faire fermenter le moût. C'est que la combinaison contractée par l'alcool avec une ou plusieurs de ses substances plastiques était instable, était su;ceplible de dissuciation dans un milieu pauvre en alcool et c'est ce qui a lieu en effet; les substances plastiques modifiées redeviennent substances plastiques par cette dissociation, la condition u" 1 est de nouveau réalisée; la vie manifestée recommence.

Ces poisons, qui contractent avec les plastides des combinaisons instables se détruisant dés que le milieu devient pauvre quant à sa leneur en ce poison même, sont les anestbésiques, que Cl. Bernard appelle tes réactifs naturels de toute substance vivante : « Ces substances jouissent de la faculté de suspendre l'activité du protoplasma de quelque nature qu'elle soit et de quelque manière qu'elle se manifeste. Tous les phénomènes qui sont vraiment sous la dépendance de l'irritabilité vitale sont suspendus ou supprimés définitivement; les autres phénomènes, de nature purement chimique (î) qui s'aceom plissent dans l'être suivant sans le secours de l'iiTilabililé (v. paragraphe précédent) sont au contraire respectés. De là un moyen extrêmement précieux de discerner dans les manifestation a de l'élre vivant, ce qui est vital de ce quine l'est pas'! »

(f) Cl. Bernard, tefoi

■* de la V

VIE DES KTRES MONOCUS

Tout cela se traduit facilemenl en disant que les ânestbésiques font passer les plasLides de la condlUon n° 1 à la condition n" 3 avec possibilité de retour à la condition n" 1 si on renouvelle le milieu.

Autrement dit : il y a deux modes possibles d'activité chimique pour un plaslide ; l'activité chimique à l'état de vie élémentaire manifestée, laquelle est accompagnée d'assimilation, ractivilé chimique dans toute autre condition, laquelle est accompagnée de destruction. C'est à ces deux modes d'activité chimique que Claude Bernard fait allusion quand il dit que les anes- Ihésiques distinguent « ce qui est vital de ce qui ne l'est pas •; c'est aussi ce qu'il faut en tendre constamment dans le passage suivant qui établit les proprîélés générales des anesthésiques :

■ Les anesthésiques agissent sur tous les éléments organiques ; avec une certaine dose, au bout d'un certain temps, tous sont atteints. Cette vérité extrêmement importante au point de vue de la physiologie générale, ressort des expériences de Claude Bernard exposées en 1877 au congrès de l'association Française... Au fait bien connu de l'influence des vapeurs d'élher et de chloroforme sur la sensitive, Claude Bernard en ajoute un grand nombre d'autres. Le cœur détaché du corps de la grenouille et de la tortue cesse de battre daîis une aliiiosphère élbérisée et reprend ses contractions dès que cette atmosphère est écartée. Les vapeurs aneslhésiantes arrêtent l'agitation des cils de l'épithélium vibratile et les font tomber dans un repos passager. Des essais exécutés avec les graines du chou, de la rave, du lin, de l'orge et du cresson alénois montrent que la germination est arrêtée par les anesthésiques (éther, chloroforme, bromure d'élhyle, etc.) et marche ensuite avec activité lorsqu'on les soustrait à ce contact. Tandis que la germination est suspendue, les phénomènes chimiques suivent leurs cours, la respiration continue et les digestions de l'amidon et du sucre continuent comme à l'ordinaire. Dans cet ordre d'idées, Miinlz a observé

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que les organismes de la levure de bière, Saccharomyces cervisiœ, cessent de produire la fermentation alcoolique, phénomène intimement lié, comme l'on sait, à leur activité vitale, mais continuent à produire le phénomÈne chimique de digestion, en vertu duquel le sucre ordinaire est transformé en glucose'. Ce qui est vrai du ferment figuré levure de bière, l'est également de tous les autres ferments figurés. En un mot, les phénomènes véritablement caractéristiques de la vitalité sont abolis' ; les autres vont leur train ordinaire. Les anguillules du blé niellé chez lesquels od suspend les manifestations vitales par la dessiccation, reprennent leur vie active, après un laps de temps que l'on veut, lorsqu'on les immerge' ; mais si c'est avec l'eau élhérîsée qu'on les humecte, la reviviscence n'a point lieu * : elle tarde jusqu'au moment oii l'on remplace cette eau éthérisée par de l'eau ordinaire.

• Enfin, si l'on expose aux mêmes agents des plantea aquatiques, Potamogelon, Spirogyra, elles continuent à respirer an sens ordinaire du mot, c'est-à-dire à exécuter le phénomÈne universel, d'essence chimique, qui se traduit par l'absorption d'oxygène et l'exhalatiqn d'acide carbonique ; mais le phénomène, si essentiellement vital de la respiration chlorophyllienne, attribut du protoplasma vert des plantes, est aboli pendant tout le temps que dure l'épreuve^. ■

Claude Bernard appelle ces substances les aneslkésiques de l'iiTitabilitê, parce qu'elles empêchent l'irritabilité, c'est-à-dire les propriétés chimiques des plastides de se manifester comme elles le font d'ordinaire dans la condition n- 1. Cela veut dire en réalité qu'elles

(1) Réactions du plastide à la condilion n" 2,

(2) C'esl-à-dira qu'il n'y a plus vie élémonlaire manifeslÉe, mais qu'il y a Dèanmoins activité cliiinii|ue (condition ii° 2).

(3) Condition n° 3; vie latente ; anhydrobiose Ue A. Giard. (i) Passage de la condition n" 3 à la condition n* S.

(â) A, Uastre. Elude criliqve de» travaux récents sur lu anet-

LE D*RTEC. 10

lifi VIE DES ÉTBES MONOPLASTIDAIHES

contraclent des combinaisons avec les subslaDces plastiques et modifient ainsi leurs propriétés; quelquesunes des substances fi de l'équation II sont généralement anesLliésiques de l'espèce correspondanle (v. p. 2i6, Fatigue).

CnAPITRE MI MORPHOLOGIE ET PHYSIOLOGIE DES PLASTIDES

RL'ste la question de la forme spécifique des plastides.

Claude Bernard, ayant admis à priori l'unité de la Ëubslaace vivante, est conduit à penser de celte question ce qui suit :

» Il importe, ainsi que nous l'avons déji dit, de distinguer chez l'être vivant la matière et la forme.

La matière vivante, le protoplasma n'a point de morphologie en soi, nulle complication de figure, ou du moins (et cela revient au même), il a une structure et une complication identiques. Dans celte matière amorphe ou plutôt monomorphe réside la vie, mais la vie non définie, ce qui veut dire que l'on y retrouve toutes les propriétés essentielles dont les manifestations des êtres supérieurs ne sont que des expressions diver^ sifiées, des modaUtés plus hautes. Dans le protoplasma se rencontrent les conditions de la synthèse chimique qui assimile les substances ambiantes et crée les produits organiques ; on y retrouve, ainsi que nous l'avons montré, l'irritabilité, point de départ et forme particulière de la sensibilité.

Ainsi, le proloplasma a tout ce qu'il faut pour vivre ; c'est à celte matière qu'appartiennent toutes les propriétés qui se uiûuifestenl chez les êtres vivants. Ccpen-

MORPHOLOGIE ET PilïSlOLOGIE DES PLASTIDES

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dant, le proLoplasma seul n'est que la malière vivante ; il n'est pas réellement un ^Ire vioanl. Il lui manque la forme qui caractérise la vie définie.

En étudiant le protoplasma, sa nature, ses propriétés, on étudie pour ainsi dire la vie à l'état de nudité, In j vie sans être spécial. Le plasma est une sorte de chaos 1 vital qui n'a pas encore été modelé et où tout se trouve I confondu, faculté de se désorganiser et de se réorga- | niser par synthèse, do réagir, de se mouvoir, etc. '

L'être vivant est un protoplasma façonné ; il a une forme spéciflque et caractéristique. Il constitue une machine vivante dont le protoplasma est l'agent réeL La forme de la vie est indépendante de l'agent essentiel de la vie, le protoplasma, puisque celui-ci persiste semblable à travers les changements morphologiques infinis.

La forme ne serait donc pas une conséquence de la nature de la matière vitale. Un protoplasma identique dans son essence ne saurait donner origine à tant de flgures différentes. Ce n'est point par une propriété du protoplasma que l'on peut expliquer la morphologie de l'animal ou de la plante. » [Leçons sur les phéno-

■s de II

:dée

C'est de l'idoo préconçue de l'unité de qu'il ne pouvait llrer d'aucun résultat expérimental, que le grand physiologiste est arrivé à cette notion confuse et mystique de la forme des êtres vivants. Tout nous a amenés à admettre l'existence de substances chimiques' telles que les réactions de chacune d'elles sont précisément celles d'une espèce déterminée de plastides. Voyons maintenant ce que nous pouvons tirer des expériences de mérotomie au sujet de la morphologie.

t.). 1° Toutes les fois que le noyau est présent dans la protoplasma d'un plastide A à l'étal de vie élémentaire manifestée, la composition de ce protoplasma reste

(I) Les proloplasmsa.

DES ETRES MOSOPLASTIDAIBES

Tfc

CDDStanle, autrement dit, il e'y fabrique entre autres choses, du protoplasma spéciGque A.

2° Toutes les fois que le ooyau est absent, lacompotilion varie, le protoplasma A se détruit petit à petit et n'est pas reconstitué (condition n" 2).

p). 1° Toutes les fois que le noyau est présent dans tin plastide à l'état de vie élémentaire mantfesle'e, uue ablation quelconque de substance est réparée petit à petit ; ily a régénération de ta forme primitive da plastide.

2" Toutes les fois que le noyau est absent, il n'y a pas régénération de la forme primitive du plastide.

y). Aucune expérience ne nous donne le droit d'attribuer au noyau quelque influence que ce soit sur les manifestations de toute nature de l'activité d'un proloplasma supposé maintenu de composition constante.

De l'ensemble des propositions précédentes se dégage avec netteté la conclusion suivante qui s'impose :

Pour un protoplasma de composition chimique , déterminée, il y a une forme spécifique déterminée, qui est la forme d'équilibre de ce protoplasma à Céta\ de vie élémentaire manifestée.

Il est vrai que pour que cette forme spécifique s'obtienne, il faut que la composition du protoplasma reste assez longtemps constante, ce qui n'a lieu qul^ sous l'inlluence du noyau (condition a" 1) ; mais nous ne pouvons accorder au noyau aucune influence directe sur l'établissement de cet équilibre. En d'autres termes, un noyau entouré d'une couche amorphe de protoplaama spécifique aussi petite qu'on voudra mais encore susceptible d'addition, fabriquera de la substance spécifique, et cette substance spe'cifique quand elle sera assez abondante prendra comme forme d'équilibre à l'état de vie élémentaire manifestée, la forme spécifique correspondante.

II n'y a pas que la forme qui soit déterminée dans l'établissement de cet équilibre : il y a aussi la dimension dans de certaines limites ; l'équilibre ne saui'.iit

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