VIE DES ÊTRES HONOPLASTID AIRES
A un moment donné de l'évolution individuelle d'un de ces êtres, telle partie à contour distinct, visible Jusquelà dans sa masse, cesse d'être discernée (disparition du contourde l'aire nucléaire); c'est que la substance e' est miscible avec la substance dans laquelle la substance c, non miscible, avait une forme propre.
Ce qui se passe, très rapidement, au cours des variations de composition que subit la cellule hAte d'un sporozoaire, a dû se passer, plus lentement, au cours des variations plus lentes apportées dans le milieu océanique par la vie élémentaire manifestée des plastides qu'il contenait, pendant les périodes géologiques. Telle est, exposée chimiquement, l'idée fondamentale de la doctrine transformiste.
En donnant cette explication, j'ai supposé que le plaslide abcde était remplacé par un plaslide abcde', lasubstance e étant remplacée par la substance e' ; il se peut que ce soit plutôt abcde' f" qui remplace abcde, la substance e s'étant dédoublée en e' et f'; alors, en remontant comme nous l'avons fait jusqu'au stade le plus initial, noua arriverons à concevoir la monére, non plus comme un mélange de n substances miscibles entre elles, mais comme une substance unique de laquelle ont pu provenir par dédoublements chimiques successifs, sous l'influence des variations du milieu, toutes les substances plastiques qui constituent tes plastides dérivés d'elles. Une monère serait donc une masse d'une substance unique, douée de vie élénienlaire, c'est-à-dire susceptible d'assimilation dans un milieu déterminé.
Y a-t-it des monères? Des savants dignes de foi en ont décrit. La première connue a été observée par l'illustre naturaliste H«;ckel à Villefranche il y a trente ans; on peut la considérer comme un rhizopode réticulé sphérique sans noyau ni squelette ; HaBckel y voyant la plus simple des formes de plastides l'a appelée Protogenes Primordtalis. Quoique ne présentant aucune espèce de différenciation, elle aune taille limite
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raaxima ; quand elle a alleinl cette taille, elle 3e scinclc et donne deux Protogeneu plus petits, La Tonne d'équilibre est sphérique avec des pseudopodes rayonnants ressemblant à ceux des rhiiopodes réticulés. Une aulre monère, la Proloinœba Primittva est aux rhizopodes lobés ce que le Prologenes est aux rhizopodes réticulés ; elle a également une taille maxinia qu'elle ne peut dépasser sans se bipartir.
D'autres monères ont été découvertes depuis, aoit dans la mer soit dans les eaux douces, présentaut un caractère colonial m&niksle, Mj/xodyctium, Monobia... etc. ; ai ces monères out une taille assez considérable c'est que l'on a affaire en réalité â une colonie' de plastides adhérents ; or beaucoup de naturalistes se sont étonnés de la dimension limitée des plastides et des monères. Si les monères, par exemples sont constituées par une substance chimique déterminée, pourquoi cette substance ne peut-elle pas exister en quantité illimitée comcne tous les corps de la cliiuiie?
C'est que les plastides et les nionéres ne sont jamais au repos quand ils se forment, c'esl-â-dire pendant leur vie élémentaire manifestée. Leur synthèse est en effet le résultat de réactions chimiques se passant en chaque point de leur masse, et noua pouvons grossièrement comparer l'état dynamique qui résulte de ces réactions chimiques constantes, à l'agitation physique d'une eau contenant de l'huile ; l'huile ne pourra pas exister dans l'eau sous forme de masses ayant une dimension supérieure à un maximum déterminé par l'agitation, comme cela a lieu dans les émulsions artincielles.
Oui) maiï, lea sporea cllea-mèmes, les plastides à l'état de repos chimique ont des dimensions limitées. C'est que chacun d'eux provient d'un plastide à l'état de vie élémentaire manirestée,
C'est l'idée de la nécessité théorique de connaître un
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curps vivant de dimensioas iadéfîniea qui a Tnit applaudir si généralement à la découverte de Garpeiiler et Wyville Thomson. Ces deux savants trouvèrent ou crurent trouver en 1868, au fond de la mer, une monère de dimension i7idë/lnie qu'ils appelèrent Balhybius Ilxcfieli. On adopta la croyance de l'existence d'une gelée vivante amorphe et illimitée qui tapisserait le fond ■ des mers à partir d'une certaine prorondeur. Malheureusement, Huxley qui l'a décrite, ne l'a vue que dans l'alcool et sa nature a d'abonl été fortement discutée; on a bientôt reconnu que ce liathybius était tonte autre chose qu'une substance vivante ; je l'aï moi-même vérifié dernièrement, au cours de la campagne de dragngea du Caudan dans l'océaTi Atlantique; la vase ramenée ^IT- des profondeurs de 1 000 à 2 bflO mètres, ne contenait,
^^^ observée fraii'he, aucune trace de monère; l'addition
^^H d'alcool à 90" faisait précipiter des sels inorganiques
^^H sous une forme colloïde rappelant assez bien l'apparence
^^B de protoplasma mort.
^^P' . Quelques années après Wyville Thomson, le doc-
^^1 teur Bps^els a trouvé au fond du délroit de Smith une
^^H masse vivante indélinie qu'il a observée à l'état fixais et
^^H qu'il a ap[i3k'e Protobalhybhis ; mais il a peut-éire
^^H commis une erreur d'un autre genre en prenant pour
^^H un être distinct une partie du réseau pseudopodique
^^V d'un rhizopodc réticulé ordinaire.
^^H II est possible qu'il y ait des moneres lUimitées ; jus-
^^H , qu'à présent on u'en connaît aucune d'une manière
^^H tout à fait certaine, mais cela n'a aucune importance
^^H théorique puisque les conditions dynamiques de la vie
^^H élémentaire manifestée, c'est-à-dire de la synthèse
^^H même des substances observées, sufllsenl à rendre
^^H compte,par des comparaisonsemprunlées à la physique,
^^H de la limitation des dimensions de ces corps.
Bien des savants conteslent l'existence des monèrea et prétendent que ce sont des formes transitoires d'espèces nucléées ; nous avons vu en oIFel que certains spo-