‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 50 sur 73 · ÊTRES I · texte numérisé non relu

ÊTRES I

nisent à chaque moment et par leur jeu même; cetS désorganisation constitue la seconde phase du grairi acte vital.

« Le premier de ces deux ordres de phiinomênes est seul sans analogues directs; il est particulier, spécial & l'être vivant ; cette synthèse évolutive est ce qu'il y a de véritablement vital. — Je rappellerai h ce sujet la formule que j'ai exprimée dés longtemps : ■ La vie, c'est la création ', »

« Le second, au contraire, la deslruclion vitale, d'ordre pliyaico-chimique, le plus souvent le résultat d'une combustion, d'une fermentation, d'une putréfac-J tiun (?) d'une action, en uu mot, comparable àungram' nombre de faits chimiques de décomposition ou dÀij dédoublement. Ce sont les véritables phénomènes det« mort quand ils s'appliquent à l'être organisé.

c Et, chose digne de remarque, noua sommes ici victimes d'une illusion habituelle, et quand nous voulons désigner les phénomènes de la vie, nous indiquons en réalité des phénomènes de mort.

a Nous ne sommes pas frappés par les phénomènes de la vie. La synthèse organisatrice reste intérieure, silencieuse, cachée dans son expression phénoménale, rassemblant sans bruit les matériaux qui seront dépensés. Nous ne voyons point directement ces phénomènes d^'organisalion. Seul l'histologiste, l'embryogéniste, en suivant le développement de l'élément ou de l'être vivant, saisit dea changements, des phases qui lui revêtent ce travail sourd : c'est iei un dépôt de matière, là une formation d'enveloppe ou de noyau, la une division ou une multiplication, une rénovation.

(1) Tout ce que contient cet alinéa est ri)(Oureusemenl exact; ce que contiennent les précédenls et ies euivanla en est )a oontraiijction formelle ; qu'est-ce qu'un phénonnène de criiation qui ne se manireste quu par des phénomËnes de destruction ? C'est une cbose absolument confuse et ïncomprëliensible et loulcs ces contradictions sont, je le répèle, la conséquence de l'erreur qui consiste à croire que les phénomènes de runclionnemen t. d'acUmli vitale, ne s'accoraplissenl qu'au prix d'une destruction organique.

LOI DE L AS-ilMILATIO.N FONCTIONNELLE 237

« Au contraire, les phénomènes de destruclion ou de mort vitale sont ceux qui nous sautent aux yeux et par lesquels nous sommes amenés à caractériser la vie. Les signes en sont évidents, éclatanls : quand le viouveiiietit se produit, qu'un rnuscle se contracte, qvand la volonté et la sensibilité se manifestent, quand la pensée s'exerce, quand la glande sécrète, la substance des muscles, des nerfs, du cerveau, du tissu glandulaire se désorganise, se détruit et se consume. De sorte que toute manifestation d'un phênonène dans l'être vivant est nécessairement liée à une destruction organique ; et c'est ce que j'ai voulu exprimer lorsque, sous une i'orme paradoxale j'ai dit d'ailleurs {Revue des Deux Mondes, 1875) ; La vie c'est la mort. » (Leçons sur les phénomènes de la vie, p. 39.)

J'ai déjàHiontré(p. 172} que pour les êtres monoplas- Udaires au moins ce prétendu paradoxe cache une erreur absolue ; on peut le traduire somme toute dans le langage adopté ici : la condition n" 1, c'est la condition n" 2 ; ce qui, comme on dit en mathématiques, est absurde.

C'est cependant bien l'idée de Claude Bernard et ce o'est pas une illusion qui fait qu'on lui attribue cette manière de voir, car il dit plus loin :

c Nous classons les phénomènes de la vie en deux

grands ordres :

< 1° Les phénomènes d'usure, lie tJes(rMc(ion vitale, qui correspondent aux phénomènes funclionnela de l'organisme ;

1 2° Les phénomènes plastiques ou de création vitale, qui correspondent au repos fonctionnel et à la régénération organique.

I Tout ce qui se passe dans l'être vivant se rapporte soit à l'un aoit â l'autre de ces types, et la vie est caractérisée par la réunion et l'enchaînement de ces deux ordres de phénomènes, Cette division des phénomènes de la vie nous semble la meilleure de celles que l'on puisse proposer en physiologie générale. Elle est à la

238 VIE. — ÊTRES POLYPLASTlPAIRtS

rois la piua vaste et la plus confonne à la réelle uo tu i-e des choses. Qualles que soient les formes que la vie puisse revêtir, la complexilé ou la simplîciié de ces formes, la division précédente leur est applicable. » (Op. cit., p. 123-)

Oii'esl donc ce revos fonctionnai dont parle Claude Bernard et qui coïncide avec la génération organique? Ce n'est certes pas l'indifférence chimique ;il estiaconoevable que la synthèse organique coïncide avec l'indliflérence chiiBique, Mais qu'est-ce alors ? Puisque la. division précédente des phénomènes vitaux s'applique à tous les êtres vivants quelle .qae soit la simplicité de leurs formes, nous devons en trouver des exemples évidents, éclatants (Cl. B.) dans l'étude des êtres inonoplaslidaires. J'ai déjà montré plus haut (p. 17.^) qu'il n'en est rien. Une cellule de levure de bière ir.lro. duile dans no moût sucré fait fermenter ce moût eU en même temps, loin de s'y détruire, s'y muldplie (coudilion n° \). Or qn'est-ce que le fHticlionnement de la levure de bière rânon la fermentation du moût. Voilà dune une synthèse 'organique qui correspond auK phénomènes fonctionnels de l'organisme, ce qui est lo conti'aire de rasaertioa de Claude Bernard. Mois le rejitis lonctionnel ? Il ne peut correspondre qu'à la condiliâii B° â on â da .comdition o" 3, c'est-à-dire à la destruction organique plus ou moins rapide ou à l'indiflére*ioa chimique. 1! me senable que cet «scemplc est d'uae netteté absolue; eh bien, il en est de iiièrae de tons les exemples empruntés aux êtres monnplaslidaires.

C'est peut-être â 'cauBe de la difBeuUé, de l'impossibilité à laquelle il s'est i>eurlé, ide trouver chez ces êtres simples un cas de repos fonctionnel coïncidant avec ■nne syntbèse organique, ainsi qu'il a. affirmé que cela devait avoir lieu {.probablement d'après l'étude des êtres polypiastidaires), que l'ililustre physiologiste a voulu rendre motus énergique cette aCfipMJsiian même, et en a corrigé la clarté, quelques lignes plus loin, en rendant extrêmement coiifuae la séparation des d&us

Page 1