LOI DK L ASSIMILATION FONCTIONNELLE
chose par lequel il devient manifeste pour nous que ce plastide est vivant. La levure de' bière fonctionne en faisant fermenter le moût, le microbe en sécrélaut sa toxine, l'amibe en se déformant, l'infusoirc en se mouvant sang relâche au moyen de ses cils vibratiles. Nous donnons le nom de fonctionnement à celui des phénomènes de ia vie élémentaire manifestée d'un plastide qui nous frappe le plus particulièrement chez celte espèce da plastide. Il est d'ordre chimique (fermentation) pour la levure de bière, le microbe ' ; il est d'ordre physique (mouvement) pour l'infusoire, l'amibe ", etc.
A l'origine, le mot fonctionnement s'est applique' aux machines construites par l'homme dans un certain but, pour accomplir un travail diUerrainé. La machine fonctionne en accomplissant la besogne à laquelle la destinait son constructeur ; cette besogne est sa fonction ; il est donc tout naturel que l'emploi dn terme fonction entraine une idée tcléologique de but à remplir. C'est ce qui e.st arrivé, comme le prouve la définition de Claude Bernard, quand on a appliqué, en dehors des machines, le mot fonctionnement (i toute production d'un travail spécial et particulièrement quand ce travail était utile à quelqu'un ; d'oii l'idée naturelle d'un plan préexistant et de la construction de tous les corps en vue même de leur fonctionnement.
Ainsi, la levure de bière, fonctionne quand elle nous fabrique de la bière avec du moilt. Or, dans ce cas particulier, i! est bien facile de voir que nous ne pouvons séparer le fonctionnement de la vie élémentaire manifestée, ni, réciproquement, la vie élémentaire manifestée du fonctionnement ; autrement dît, le fonctionnement est un phénomène de la condition n" 1 .
Il en est de même pour tous les plastides isolés, et ce n'est certes pas de leur étude que peut venir l'idée d'une destruction organique pendant l'aclivité et d'une réparation pendant le repos.
91^ VIZ. — ÉniES l'OUTLASTEDAIRIf?;
C'est seulemenl che;; les animaux supérieurs que Clîiude Bernard dcTinit la fonclitm ; uae coordinatioa remarquable existe en effet entre les divers actes qu'exécutent les divers orgitnes ; Il est donc iji{?n naturel de supposer que chaque organe fonctionne dans un but déterminé. Or, ce qui n'avait pas lieu tout à l'heure pour ta levure de bière à la condition a" 1, le fonclioanement est inlermi lient. Un muscle fonctionne eu se contractant, maïs il ne se contracte pas toujours ; dans l'inlervaile de ses périodes de fonctionnement, noua disons qu'il se repose. Or le muscle est vivant; U y a donc ici quelque chose qui semble nouveau : la vie avec fonctionnement et la vie sans fouctionDement, Nous savons que c'est une apparence, une illusion, tenant à un abus de mots, à la forme participe de l'adjectif vivant.
La levure de bière h la condition a" 3 est vivante et ne vit pas, n'est pas. en train de vivre. Le muscle qui na se contracte pas est-il en train de vivre? Sans doute dirat-on, puisqu'il fait partie d'un corps vivant et actif.
C'est ici que se montre nettement la nécessité de distinguer la vie d'une agglomération polyplaslidaire, et la vie élémentaire manifestée de ses éléments ; au point de vue où nous nous plaçons, nous n'avons pas à nous préoccuper de la vie (coordination), mais bien seulement de la TÎe élémentaire (propriété chimique), puisque nous voulons seulement savoir ce qui se passe dans un muscle, dans un élément musculaire qui fonctionne. 11 est donc nécessaire de chercher une comparaison dans les êtres monoplastidaires.
Il y a pour un être monoplastidairedeux états d'ac/îtsité chimique : la condition n" 1 (Vie élémentaire manifestée, lonctionnement, assimUation) et la condition 11° S {destruction, absence de fonctionnement) ; il y a aussi un état de repos chimique, la condition a." 3.
La comparaison légitime d'un élément musculaire avec un plaslide isolé nous amène donc à admettre pour lui deux états : condition n"J (fonclionneraent, con(rac-