LUI DE L ASSIMILATION FONCTIONNEUE
laii'es, etc.). Voilà des faits qu'il semble difficile d'expliquer si l'on admet le principe de Claude Bernard.
J'ai dit que la période de repos fonctionnel coïncide avec la condition ii" i et non avec la condition n" 'i. La respiration (oxydation), qui, on le sait, se produit chez un muscle, même ii l'état de repoa, suffit à prouver qu'il n'y a pas indifférence chimique ; or il n'y a pas assimilation d'après ce que nous venons de voir, donc il y a condition n" 2, destruction.
Quels Bont les résultats de cette destruction? Nous pouvons noua en rendre compte en nous reportant à ce qui a été dit plus haut à propos de la concurrence vitale (p. 194). Quand certains plastides passent h la condition n'a, ils rendent, possible par là même la condition n" 1 d'autres plastides en rendant au milieu, par leur destruction même, des substances Q nécessaires à CCS derniers.
lih bien, nous savons, et c'est en cela que le repos fonctionnel est utile à l'ensemble de l'association, que cette période coïncide avec le » rassemblement des matières de réserve que le fonctionnement doit dépenser 1. (Cl. Bernard. Op. Cit.] Ces malières utiles à la ri'^alisation de la condition n" 1 proviennent donc de la destruction même des substances plastiques à la condition n" 2. L'expression courante « dégénérescence graissettse » est en effet absolument comparable à la dégénéi'ation du protoplasma séparé du noyau dans les expériences de mérotomie, c'est-à-dire, à la condition Q" 2. Or nous savons que chez les groraies, par exemple, le résultat de cette dégénération peut servir de nourriture à la gromie nucléée.
Une autre cause de l'erreur admise d'après Claude Bernard est facile à concevoir désormais; j'ai déjà insisté plus haut sur la nécessité de distinguer avec précision ce qui est substance plastique de ce qui est milieu intérieur. Un muscle qui diminue en tant qua muscle peut engraisser: un muscle qui s'accroit en
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tant que muscle peut innigrir ; d'où la croyance, comme l'amaigrisBeaient suU le ronctionnemeitt, que le fonctionnement use les organes comme les muchinea.
Mais qu'esUee alors que le phénomène dclali^ue?
■ Après plusieurs oxcitutions, le muscle isolé se enntracle moins énergiquement ; ii faut nne întcnsilé plus forte de l'excitant pour provoquer une contrai-lion ; finalement, le muscle reTuse tonte réaction. Le muscle isolé et fatigué reprend sa coutraclilité, est restmn'é, si on le laisse reposer ou si on fait passer à travers ses vaisseaux du sang ox^ygénô ■ (Frederick et Nuel. Op. cil.); i es auteurs attribuent, on s'en souvient, ce phénomène de fatigue à ce que < les contractions musirulaires usant certams principes chimiques de la substance contractile, ces principes finissent par s'épuiser », Nous savons que cela n'est pas vrai ; que se paase-t-il doQC en réalité?
Quand de la levure de bière a longtemps séjourné dans un moût où elle se trouvait k la condition n" 1, nous savons que l'accumulation d'alcool finit par s'opposer il sa vie élémentaire manifestée, même quand le moiiteonlient encore toutes les substances QnécesÈaires.
Qu'on élimine cet alcool d'une manière quelconque, et le moyen le plus simple pour cela est de transporter Ia!evu?-e dans un moût neuf, la vie élémentaire manifestée recommence immédiatement. Ceci est un phénomène très répandu dans l'hisloire des piastidea. Une on plusieurs des subalances R de leur équation 71 jouissetrt de la propriété d'entraver, quand elles sont suffisamment abondantes, leur vie élémentaire manifestée. Que l'on élimine ces substances R et la vie élémentaire manifestée redevient possible ; eh bieti, l'on pourrait (lire, en employant l'expression usitée pour les métazoaires, que l'accu m niation des substances R fatigue les plastides; leur élimination les défatigue.
Considérons un muscle qui travaille ; il est à l'état de vie élémentaire manifestée ; il dépense des substances Q
LOI DE L AFSrJtlLATrO?i FONCTIONNELLE
et produit, lies substances R. S'il travaille assez Iciiteinent pour que la. circulallon élimiue constammenL les substances R avaDt qu'elles n'aient atteint un degré iJe concentration nuisible, et renouvelle les substances Q avant qu'elles n'aient été complètement épuisées, il n'y n pas fatigue.
Au contraire, si le traTail du muscle est très actif, l'élimination due à la circulation ne suffira pas à empêcher raceumulatîon des substances R ; ces substance,* R. se produisant plus vite qu'elles ne sont éliminées, leur proportion dans le milieu du muscle augmentera constamment ; la vie élémentaire manifestée devient de plus en plus difficile à réaliser ; le muscle est fatigué '. Qu'on le laisse reposer assez longtemps, la circulation éliminera les substances R et en même temps, une parlîe des substances plastiques synthétisées pendant le Ibiictionnement se détruira, comme nous l'avons vu, eu donnant naissance dans cette condition n° 2 à des produits qui pourront à la prochaine condition n° i servir de substances Q à la vie élémentaire manifestée. La latiguc disparaîtra, le muscle sera défatigué.
Les substances R, c'est-à-dire les substances autres que les substances plastiques produites par les réactions de la condition n" 1, sont appelées à IùtI produits de désassimilalian ; cette appellalion provient naturellement de l'erreur qui consiste k croire que le fonctionnement concorde avec la destruction organique, la desassimilation. Nous savons au contraire que ces substances sont le produit des réactions mêmes de l'assimilation et il est facile de se rendre compte en étudiant les phénomène.s connus de la physiologie que ces substances proviennent uniquement de la vie élémentaire manifestée ; il ne semble pas qu'elles se produisent au
(i; On sait que le muscle qui ronetionne produit de l'acide lactique (substance II). Eli bien, qu'on injecte une certaine quantité ti'aeide lactique dans un mascle, et le tnusele sera (atigué tant que cet acide n'aura pas èl^ Éliminé ; on ne peut pas, aaus l'expiicalion de celle eipérience faire intervenir l'usure par le fonctionnement puisqu'il n'y a pas eu fonction ne ment.
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cours de la condition n" 2, puisque le repos ne fatigue pas. Somme louCe, à la condition n" i, c'est-à-dire pendant le fonctionnement , les réactions produisent des sitlMances plastiques de l'organe qui fonctionne et des substances R dotit l'accumulatio7i produit la fatigue; à la condition n" 2, e'esl-à-dire au repos roncliounel, les réscLiona délruiaent des substances plastiques de l'organe qui se repose et produisent des substances Q, , e'est-à-dire des réserves. Ces deux périodes, activité et repos, sont donc inverses et se balancent, mais elles Bonl inverses tout autrement que ne le croyait Cl. Bernard et qu'on ne l'enseigne aujourd'hui dans presque tous les traités de physiologie.
Voilà un fait bien établi : les éle'ments blstologiqucs qui constituent les organes des animaux supérieurs se trouvent lanlùt dans la condition n" 1, tantôt dans la condition n" 2 ; deux éléments similaires, voisins et se trouvant par conséquent dans les mêmes conditions de milieu peuvent être en méttie temps, chacun à l'un de ces deux états opposés, fonctionnement {assimilation) et repos (destruction). Ceci ne se produisait Jamais chez les êtres monoplastidaires ; deux cellules de levure de bière situées dans le même moût sont toujours l'une et l'autre dans le même état. C'est ici que la théorie des plttstides incomplets intervient pour noua expliquer l'alternative de repos et de fonctionnement de ces éléments histologiques.
Si l'élément musculaire, par exemple, était un plastide complet, il trouverait à chaque instant dans le milieu intérieur, quand ce milieu serait convenable, les conditions de sa vie élémentaire manifestée-; il fonctionnerait donc sans interruption jusqu'à ce qu'il fât fatigué par l'accumulation de ses substances R, comme la levure de bière fonctionne sans interruption dans ua moilt sucré, jusqu'à ce qu'elle soit fatiguée par l'accu* mulation de l'alcool qu'elle produit.
Or, cela n'a pas lieu ; l'élément musculaire n'est donc
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pas un plastide complet. Il ne se trouve à la condition n° t que si rinflux nerveux lui apporte une ou plusieurs molcculcs d'une substance plastique dont il manque'. Quand il reçoit cette ou ces molécules nécessaires, il et\. le siège des réactions de la condition n" \ auxquelles ces molécules peuvent donner lieu, puis il retombe dans le repos, c'est-à-dire dans la condition n" ï!, absolument comme un morceau de protoplasma de protozoaire séparé de son noyau dans une expérience de raérotomie.
Or, cet influx nerveux n'est provoqué que par une excitation extérieure, comme nous l'avons vu dans l'histoire élémentaire des réflexes ; on voit donc intervenir ici encore le milieu extérieur, jusque dans des réactions intimes qui sembleraient au premier abord devoir dépendre uniquement du milieu intérieur; et c'est à ce point de vue qu'on peut dire véritablement que la vie e=t un conflit de l'organisme avec le mflieu.
Je pourrais répéter pour les éléments glandulaires lout ce que j'ai dit pour les éléments musculaires. Pfliiger a décrit des terminaisons nerveuses qui se mettent directement en rapport avec les éléments glandulaires. Le fonctionnement de ces éléments se manifeste, non plus par une contraction, mais par l'émission, ix l'extérieur, de certaines substances R. Des fibres nerveuses de la corde du tympan sont capables de provoquer la sécrétion de la glande salivaire aous-maxillaire ; leur paralysie par l'atropine arrête toute sécrétion ; on connaît les expériences ingénieuses qui ont prouvé que la ' plus ou moins grande intensité de la circulation dans la glande, n'a aucune action sur le phénomène sécrétoire.
L'élément glandulaire, comme l'élément musculaire, est un plastide incomplet qui, séparé de l'élément nerveux, est incapable de donner lieu dans un milieu i'avo-
[1) Ou une excitaiion physique spéciale, [tour les partisans de la lUéorie purement physique da l'influï nerveux, auquel cas l'élément anatomique ne serait pas pla-slide incomplet, mais plaalide ayant besoin d'une condiliua physique nouvelle pour être ù l'ttatde vie élémentaire manifestée.
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rallie atTï réactions synthétiques de la vie élèmenlatre tnanifpBtêe.
Mais les éléments nerveux? Beaucoup d'entre eux sont certainement des plastides incomplets, comme lo prouvent les phénomènes d'almpliie. ,Ie ne parle pas de l'atrophie des fibres nerveuses séparées par mêrotomie des cellules nerveuses (v. p. 226) ; ce qui prouve qoe ['élément nerveux (cellule nerveuse et ryliadra-se) est itn plastide incomplet, c'est l'observation que :
1 Lorsqu'un organe périphérique est depuis longtemps détruit oa supprimé, la partie des centres nerveux où aboutissent les neri's de cet organe finit par s'atrophier; on s'est même servi de la localisation dfl cette atrophie pour rediercher la terminaison centrale des nerfs périphêriqoes. C'est ainsi que Panizzn, étndîant des sujets atteints d'annphthulmie congénitale on morts longtemps après avoir perdu un œil, avait, d'après le trajet de l'atrophie ascendante, reconstitué en partie le trajet des fibres optiques et inditpjé lenr terminaison dan» le lobe occipital.
C'est ainsi encore qu'une partie de la moelle êpiiiicro s'atrophie cliez les anciens amputés, etc.. Guddcn a transporté ces faits dans le domaine expérimental. » (Nicolas, dans Traité d'anatomie de Poirier.)
Voilà donc des preuves de ce fait que certains élcmeuts nerveus, au moins ceux qui sont en rapport direct avec des éléments histologiquos périphOriques sont des plaslidcs incomplets. La vie élémentaire manifestée n'est possible, dans des conditions favorables' de milieu, qne pour une association d'éléments iiistologiques telle que, par exemple, celle d'un élément nerveux et des fibres musculaires auxquelles vient aboutir son cylindraxE. An point de vue chtmiqne rigoureux, une telle association seule peut être considérée comme un plastide.
Mais il y a des éléments histulogiques qui sont sans aucun doute des plastides complets et se trouvent à l'état de vie élémentaire manifestée dans l'organisme, sans
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interruplion, tant qae le milieu est convenable ; ce sont les plaalideB qui n'ont aucune connexion avec le sysiRine nerveux ; je n'en cite pour le moment qu'un seul exemple, lès leucocytes, qui se comportent dans le milieu intérieur absolument comme des amibes tlana l'eau ; le milieu intérieur étant extrêmement spécial pour chaque espèce de vertébré supérieur, les leucocytes sont adaptés à un genre de vie très particulier ; les adaptations successives dont ils ont été le sio^-e (v. p. 181) suffisent à expliquer la variation considérable qu'ils ont subie depuis l'œuf, variation qui n'est rien moins que la transformation en protozoaires tic cerinins prodiiils de la bipartition d'un œuf de métazoaire.
La conclusion de toutes les considérations précédentes est la loi de l'assimilation fonctionnelle, s'appliquant aussi bien aux êtres monoplastlilaires qu'aux êtres polypjastidairss.
On considère en général qu'un élément hislologique fonctionne et, en outre, se nourrit pour réparer les les perles occasionnées par son lonclionnement. Nous avons vu qu'il y a là une erreur aiisolue et que : le fonctionnement d'im élément histologique n'est antre chose que l'îtne des manifestations extérieures physiques, ou chimiques, propres à cet élément, des réactions qui déterminent précisément la synthèse de sa substance^. Autrement dit : le fonclionne?nent est un des phénomènes de la vie élémentaire manifestée de l'élément; fonctionnement et vie élémentaire manifestée sont inséparables.
(I) J'ai dit plus haut que le fonctionnement exclusivement physique d'une mactiHie ne i^iinrait être comiisré A celui d'un organe ;c'ËSt pour cela qu'j test diriicNuilVnipruiiler aux. madiines uo exemple qui permette de se i:endre compte, par une comparaison, iÏl' ce ph^noinâne singulier de l'assimilation accampa- Knnnt le ronctionnement ; roiei cependant un ropprocbement tort grossier avec une madiine pliysico-chimlque: dans id pilo Marié Oavy en activité, le zinc imalgainé, loin de s'usct, s'amal-