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CHAPITRE XXII

L'EXCITATION FONCTIONNELLE ET LA DIFFÉRENCIATION HtSTOLOGIQUE

Nous avons établi plus haut l'équation II qui est IVquatioB générale de la vie élémentaire manifestée.

2B8 VIE. — ÊTRES POLTPLASTIDAIRES

Pour qneiques cas parliculiers finfusoires sénesceats) QOus l'avons remplacé par l'équalion III (p. ICO) qui coalient une part tl'hypolhèse.

Roux * admet sans démonstration nne hypolhèse analogue s celle-là dans des condilioas où elle me semble absolument inaccËplable, Il admet que, pour les cellules constituant un métazoaire, la synthèse de chaque substance plastique se fait dans des proportions variables suivant (a nature du milieu, de telle sorte qu'au bout de quelque temps, l'une de ces substances prédomine dans chaque cellule, d'où la dilTérenciatioa cellulaire.

Rien, chez les protozoaires, ne noua autorise à accepter une telle hypothèse. Nous avons vu, chez les infusoires, des difFérencea très Caihles se produire au bout d'un grand nombre de bipartitions et dans ces cas la mort était inévitable h moins qu'une conjugaison n'intervînt. Et pour ces infusoires, le phénomène était toujours le même quelque fût le milieu, aussi riche qu'il fût en substances nutritives, pourvu que la vie élémentaire manifestée y fût possible; si elle n'était pas possible, rinfusûire se détruisait ou passait à l'état d'indifférence chimique.

Roux attribue dans la dilTérencîation ainsi obtenue, dans la spécialisation des éléments hislologlques, un rôle prépondérant h des excitations dont je ne puis comprendre le sens. On abuse beaucoup de ce mot excitation qui, du moment qu'il est question des phénomènes chimiques n'a pas de signification claire; il fait songer instinctivement aux forces catalytiques des anciens chimistes.

Il est au contraire très facile, par des considérations fort simples, d'expliquer ia différenciation histologique par la division hétérogène de plastides dans lesquels la distribution des substances plastiques est hétérogène parce que les conditions de milieu sont hétérogènes. J'en

(I) Delage. La stru

■e du protoplas

lEXCITAirOS FONCTIONNELLE ^IJ!)

ai donné plus haut tin exemple qui provient d'un fait d'observation ; on pourrait en donner mille semblables (V. p. 210).

Je continue à suivre Roux : t Lorsqu'une escitalion en favorisant une substance aux dépeus des autres a difTérencié chimiquement la cellule, elle est devenue excitation fonctionnelle, car elle n'a laissé dans la cellule que la substance qu'elle était parliculiérement apte à exciter et la manifestation de cette excitation est

devenue la fonction de la cellule Elle a besoin do

cotle excitation, non seulement pour fonctionner, mais pour vivre ; en effet, l'excitation fonctionnelle n'est devenue telle que parce qu'elle favorisait l'assimilation et il est naturel qu'en son absence l'assimilation languisse, soit débordée par la désassimilation et que In cellule s'atrophie et pénssa. »

Autant que je puis comprendre malgré le vague da ce mot excitation, ii me semble que cette manière de raisonner consiste à prcjidre l'effet pour la cause. Je suppose qu'un plaslide a contienne en quantité plus grande qu'un autre plaatideè une substance coatraclile, c'est-à-dire one substance dont la vie élémentaire se manifeste par une contraction, il est certain que la vie élémentaire de a se manifeslera par des contractions plus évidentes que celle de b. lîn vertu de l'équation (II) chaque substance s'accroîtra dans la même proportion pendant le fonctionnement de a et de 6 de sorte que la substance contractile de a sera produite ea plus grande quantité que celle de b, et il y aura certainement un rapport entre l'iulcnsité des contractions et la quantité de substance contractile produite.

Voilà, je pense, d'où vient cette idée, qu'eu excitant la fonction contractile {f} c'est-à-dire, il me seuibe, en contractant artificiellement un plastide, on développe sa quantité de substance contractile, toute cause qui déterminera la contraction d'un plastide favorisera le développement de sa contractilité. C'est très obscur, mais, en outre, c'est faux, comme le prouve l'atrophie

360 riE. — tJiXS PCl.T71AÇTIBAIKEâ

des nicclfs d'an nembre dépoorr* de Bcrf, mèoke tf l'on entrelimt mécuiîqarnKst ics iDOBTraieiits.

Et pnîs oDC cellule ffliémKiècB'obntplmqv'àreKci- Utioo foDctiooiHlle (?), a besoin de ceite excitation (?) non sealement pour fonctionner, nuis poor lÎTre. Cela se rerient-îl pas simplement à ced 7 La vie élêmeotaîre manifetée d'nne cellole ne se manifeste que par ce que noos appelions prûtc^ment la fonetîoo de cette cellule; la [onction d'nne cellole estlafonne exlérieore de fia vie élémentaire manife^lée. de EOrte que l'on a pu prendre les conditions de la rie élémenlaire d'nne cellnle didêrËndêe ponr one escîtation [Tj spéciale de sa fonction spéciale.

Le sacre da moâl de bière est Vexeilation adéquate à la fonction fermentante de la levare de bière ; si l'on n'excite pas cette fonclion fermentante par la présence dn sucre dans le mont, la lerure de Lière n'eàl phtâ capable d'assimiler; tonle autre excitation capable de favoriser une antre fonction, comme la présence d'no Bulfate favorise par exemple la fonction sulfureux des thii'cy^lis, n'aura aucune action assimilatrice sur la levure de bière. Présenté de celle façon, ce raisonnement est enfantin; il est cependant identiqae à celni auquel je fais allusion.

Je continue l'étude de l'excitation fonctif>nneIle de Roux : « Pour les glnndeâ, l'escitant fonctionnel est le sang (nous savons que ceci est faux, v. p. 249j; ponr le» Diuscleâ c'est le courant nerveux... '. » Je m'arrête là ; voilà donc d'où est partie celte théorie de l'excitation fonctionnelle I II est bien cerlain que l'inllux nerveux, complétant les conditions de la vie élémentaire manifestée d'un muscle, ne lui fera pas accomplir une fonction glandulaire. Une Qamme întroduile dans un mélange d'hydrogène et d'oxygène détermiaera la formation d'eau et non celle d'acide carbonique.

Y a-t-il d'ailleurs une diCérence notable ealre l'inQuz

(I) DeUge. Op cit.. p. 731.

IXCITATION FONCTIONNELLE

n-^rveux qui diUermine le fonctionnement d'une glande et celui qui détermine le roiictionneraent d'un nuiseleî C'est peu probable, maia nous ne pouvons pas l'affirmer, car il faudrait pour cela connaître un mfime cylindraxe innervant un muscle et une glande, et il découle naturellement du développement qtie chaque nerf innerve un groupe physiologique d'éléments hîstologiqucs.

Dans tous les ca^, il faut en revenir à ce que J'ai dit plus haut, chaque élément histologique, comme chaque corps de la chimie, fonctionne suivant sa nature, et l'on doit considérer, comme excitation fonctionnelle de cet élément histologique, toute cause qui complète pour lui les conditions de la vie élémentaire munlfcslée.

J'insiste sur cette théorie de l'excitation fonctionnelle parce que M. Delage ' l'accepte el lui attribue une grande importance murpboge'nique. Or, elle part évidemment d'une idée anthropomorphique. Si l'une des parties d'un animal est soumise à des frottements constants, il s'y forme une excroissance, un durillon, parce que l'acte réflexe parti du frottement réalise dans les éléments htstologiques de cette région lesconditiona de la vie manifestée d'une façon plus continue que dans les régions voisines, maia coupez le nerf de cette région et tous les frottements que vous exercercï n'y développeront aucun durillon. De même si un bras fonctionne fréquemment, son muscle se développe, mais coupez le nerf qui y correspond el vous pourrez tirailler indéfiniment le muscle sans qu'il s'hypertrophie. Or, c'est là la théorie de l'excitation fonctionnelle. Prenez un piastide complet et soumettez-le & des tiraillements fréquents, il deviendra un muscle? Je ne vois aucune raison de le croire. Si vos tiraillements arrêtent sa vie élémentaire manifestée il se détruira, s'ils ne l'arrêtent pas, les mêmes phénomènes chimiques se passeront et

(1) iJolaBB. Op. cit., p. 738.

Stii

- ÉTHES I'0LÏ1'LASTIDAlHf;s

les mêmes siibstancea seront synthélisées. Seiileuient, leur disLribulion pourra être modifiée dans le plasli(!e 3011S celte influence mécanique.

J'ai dit plus haut quelle importance les faits d'obsrrvation courante nous conseillent d'accorder au contraire à la division hétérogène dans la dillëreneiation hîstologique et comment celte division hétérogène est la conséquence des rapports du plaslide considéré avec les plaslides voisina et les milieux qui le baignent. Une fois la différenciation effectuée, chnqiie plaslide fonctionne suivant sa nature, mais son fonctionnement qui n'est que l'ensemble des phénomènes extérieurs concomitants à sa vie élémentaire manifestée, ne peut en rien altérer ses propriétés, puisqu'il est au contraire le résultat d'un ensemble de réactions qui déterminent l'aeeroissenient de toutes ses parties dans les mêmes proportions. Il est donc impossible de séparer l'évolution d'un mélazoaire de l'étude de sa vie à un moment donné ; il est impossible d'étudier complètement sa vie sons partir de l'œuf pour arriver à l'adulte et même aa vieillard.

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