ÏTAT ADULTE, BALANCEMENT ORGANIQUE
l'excrétion éliminera les substanues R dont la présence 8'oppos>rnit aux réactions de la vie élémentaire manifestée des éléments.
Pour noua rendre compte de la rapidité de croissance d'un métazoaire, nous n'aurons plus à tenir compte uniquement du temps qu'il faut à un plaatide de l'orgar nisme pour doubler dans les conditions favorables constantes, mais aussi de la rapidité de renouvellement du milieu intérieur par suite de la nutrition et de l'excrétion.
Par exemple, la nulritîoa gazeuse consiste au niveau du poumon en une absorption d'oxygène et l'excrétion en une perte d'acide carboni((ue et d'eau. Ce phénomène est régi par les lois de la dissolution des gai et de la dissociation. Etant donnée la tension du gaz carbonique par exemple dans le sang veineux qui coule dans les capillaires pulmonaires', et ta tension du même gsz dans ces alvéoles, étant connue d'autre part la surface de ces alvéoles on conçoit qu'on puisse calculer quelle est la quantité d'acide carbonique qui peut être expirée en vingt-quatre heures. L'acide carbonique . est une des substances du terme R de l'équation (H). Il y a d'autres substances dans ce terme II qui sont peut-être un obstacle plus grand aux réactions de la vie élémentaire manifestée que ne l'est l'acide carbonique et qui s'éliminent par le rein, par les glandes, etc.. Considérons celle de ces substances nuisibles qui s'élimine le plus lentement et soit r la quantité de cette substance qui peut être excrétée en vingt-quatre heures. L'équation (II) de l'ensemble du corps pour viugt-quatre heures ne devra pas avoir au terme B une quantité de celte substance plus grande que r.
Si cette quantité r est plus grande que celle qui correspondrait à la vie élémentaire manifestée de tous les éléments du corps dans les conditions tes plus favorabieu
(1) 11 faut tenir compte aussi de la tension de dissociation des combinaisons carbonatËes plus ou moins slïblt» qui eiisteut dans le sang leineui.
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pendant vingt-quatre heures, celle vie élémentaire manirestt'e ne sera ancunement entravée par la lenteur de l'éliminalion el si de même l'introduction des substances Q en quantlLé plus que suffisante pour maintenir ces conditions les plus l'uvorables est possible, Taceroissement du corps, le % de l'équation (II) d'ensemble pour vingt-quatre heures ne dépendra que de la lenteur de l'assimilation comme nous l'avons vu pour les plastideH isolés dans un miheu supposé constant. L'accroissement sera indéfini.
- Hais il n'en est rien; j'ai déjà parlé plus haut du phénomène local de la fatigue musculaire due à l'ftiimination trop lenle des substances R. Le phénomène de faligue générale qui se produit chez l'homme tous les Boirs est uu phénomène du même urdre.
Nous avons vu que beaucoup d'éléments histologiques sont des plastides incumplets; leur vie élémentaire manifestée n'est possible que lorsqu'une cause ijuel-conque détermine l'influx nerveux correspondant, elle est donc discontinue. Supposons par exemple qu'un muscle ait fonctionné pendant deux heures sur vingtquatre, l'cquotion (11) de ce muscle pour viiiglquatre heures ne correspondra qu'à une assimilation produite pendant deux heures. Mais si peu longtemps qu'ait fonctionné ce muscle, il ne s'en sera pas moins produit une synllièse de sa substance ; le muscle aura donc augmenté. Oui, mais pendant les vingt-deux heures qui restent, ce muscle n'est pas à l'état d'indifférence chimique; il est soumis à des actions destructives puisqu'il n'est pas à l'état de vie élémentaire manifestée, et celte destruction pourra compenser et au delà l'accroissement de substance due à son fonctionnement. f
D'où l'atrophie du muscle qui fonctionne peu, l'hypertrophie de celui qui fonctionne beaucoup.
Il faudrait passer en revue toute la physiologie pour. se rendre compte de tous les phénomènes concomitants chez un métazoaire. Chez l'homme éveillé le nombre des éléments histologiques qui fonctionnent à la lois est'
VIE, ÉTAT ADULTE, BALANCEMENT ORGAMlJUli -Î76
Irop grand pour que l'élimination des sulistances ficorrespoûdanles soit possible dans le même temps; ces substances s'accumulent donc dans le corps et y produisent la fatigue générale du soir'. L'accumulation de ces substances a une action sur la contijiuité du système nerveux et détermine normalement le sommeil, pendant lequel l'activité étant moins grande, les substance? K sont produites en moins grande quantité, ce qui permet l'élimination du surplus de ces substances accumulé pendant la veille.
Nous cojistatons que la résultante de tous les phénomènes concomitants est une croissance des parties pendant les premiers temps qui suivent la segmentation de l'œuf (enfant) ; au bout d'un certain temps il s'établit un balancement qui fait que la quantité de chaque tissu reste sensiblement la même (adulte).
Le fonctionnement d'un élément histologique n'est autre, je le répète une fois de plus, que la manifestation de sa vie élémentaire ; il est donc accompagné d'assimilation et tout fonctionnement d'un élément histologique est morphogène. L'homme adulte est donc le résuUat de lotit ce qu'il a fait depuis qu'il était œuf, c'est-àdire de toutes tes conditions extérieures qu'il a traversées depuis qu'il était œuf; et ceci est vrai aussi bien de la forme de ses musc/es, de ses glandes, de ses organes extérieurs, que de celle de son système nerveux (h laquelle correspond, noua le verrons, celle de son individu psychologique),
Dès que la continuité nerveuse est établie, elle définit une individualité ; mais cette individualité se modifie chaque fois que l'activité d'un élémenl nerveux détermine l'assimilation dans cet élément nerveux, ce qui fait varier plus ou moins les relations de cet élément avec ses voisins; c'est ainsi que l'on voit se développer en nombre et en longueur les prolongements protoplasmiquesdes cellules nerveuses.
(I) Voir p. 313, le S
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Ces modifications sont plus ou moins profondes, plus ou moins risiides suivant les cas, mais elles existent ; aucun acte, quel qu'il soit, ne peut résulter de la vie élc~ mentaire manireslée d'un élément hîstologique, sans que cet élément hisUdogique en subisse une modiQcation (éducation, mémoire, v. p. 307 et p. 314),
La quantité de substances JZ qui pent être excrétée CQ un temps donné est limitée ; il en est de même de la quantité de substances Q qui peut être, dans le même temps, introduite dans le milieu intérieur. La forme moyenne d'un adulte d'une espèce donnée correspond à un certain rapport du nombre des beures de fonctionnement au nombre des heures de repos pour chaque organe déterminé ; la somme des substances R produites dans ces conditions par le fonctionnement général en vingt-quatre heures peut être éliminée dans le même temps; il y a un maximum de la quantité de substances R éliniinables en vingt-quatre heures, donc si un organe dépasse son fonctionnement moyen, il faudra qu'un autre organe diminue le sien, sans quoi les substances li s'accumuleraient sans cesse dans l'organisme, d'où fatigue croissante d'abord, puis arrêt complet do la vie élémentaire manifestée au bout de quelque temps.
Or, si ce fonctionnement exagéré d'un organe dure peu, il suffira d'un repos plus prolongé du même organe pour rétablir l'équilibre, mais si cela devient chronique, il faudra aussi que le fonctionnement amoindri d'un autre organe devienne également chronique. Quelle en sera la conséquence? Le volume d'équilibre d'un organe pour un certain rapport g du nombre d'heures de fonctionnement au nombre d'heures de repos est déterminé chez un individu déterminé ; si g augmente et se maintient longtemps à cette valeur plus élevéo il y a augmentation de volume de l'organe, hypertrophie ; ai 3 diminue et se maintient longtemps à celte valeur moindre, il y a diminution de volume de l'organe, atro-