‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 6 sur 73 · MOUVEMENT AS · texte numérisé non relu

MOUVEMENT AS

A chaque rayon o a- p correspondra un rayon o a' ,, symétrique par rapport h l'axe o a, et tel que oa = o a o ^ — op'. La teneur en a est donc égale à la teneur en a', de même pour p et p',

Or considérons le point a. : les actions qui s'effectuent dans le voisinage immédiat de ce point sont disposées symélriquement par rapport à la normale a». La force qui ea léaultera sera donc dirigée suivant la normale:

sup; osons, ppr exemple, que cette Air,:c F soit centri fuge par rapport k ta sphère, c'est-à-dire qu'à chaque point de la surface la force aille de la sphère vers ie milieu ambiant.

Nous avons alors affaire à quatre forces F F,, F' et F'|, normales aux points aa' p et p' et telles que F = F' F, = F,' f"^ Fi- La résultante de F et de F' est une force f dirigée suivant a o ; la résultante de F, et de F'est une force f, dirigée aussi suivant a o, mais en sens contraire, et f est J^ fi. La résultante totale des quatre actions est ainsi une force f — /■, dirigée de i vers o. Il en sera de même pour tous tes rayons oa p accouplés symétriquement deux à deux, et le mouvement du plastide sera un mouvement d'altraction vers o('). Si noua

44 VIK DES l'iTRISS MOXnilI.A'

avions supposé qu'en chaque point a tes acLiona élaientS telles que la l'orne F élaiL dirigée du milieu vers lai sphère, nous aurions de même constaté une répulsioc ■ du plastide loin de 0.

, Plaçons-nous dans le premier cas d'une attraction vers o. Le plaslîde mnnif^'sle une tenJanci & passeï- du milieu de moindre teneur nu milieu de teneur plus forte; une fois arrivé en. o il devra donc entrer dans le Uibe capillaire où les teneurs vont en décroissant à partir de l'oriflcB ; mais ici s'inlroduît l'induence des propriétiis capillaires du tube, ce qui permet de modifier le phénomène.

Quoi qu'il en aoit, celte attraction qu'on pouvait prévoir, les expériences de Pfeffer l'ont mise en évidence chez des bactéries, des (lagellés, des anthérozoïdes de cryptogames, etc. Il a constaté que les diverses espèces de plastides sont dilTéremment impressionnées par les diverses substances : » 11 y a tous les degrés depuis la sensibilité la plus exaltée jusqu'à la plus complète insensibilité. • Il y a des substances qui attirent certaines espèces (chimiotasie positive), il y en a d'autres qui les repoussent (chiraiotaxie négative). Si une espèce manifeste pour une substance déterminée une chimiotaxie positive, les plastides de cette espèce pourront dans des conditions de concentration déterminée' venir remplir le tube capillaire.

Un grand nombre de phénomènes très importants de la vie élémentaire trouvent leur explication dans la chimiotasie.D'ahord, l'état de mouvement à peu près constant chez certaines espèces peut se rapporter à des différences de constitution, des absences d'homogénéité du milieu où sont répandues, en quanlités infinitésimales

Lion. Dans le cas où. le plastide e le phénûmtne 'te mouvement es

(t) Je renvoie aux mémoires de PrefTer pour tes dèlaïls relatiTii aux varintiona du cliïmioUcLisnie avec la concentration des «olulione i l'étude complële de ces variations exigerait de trop longs développements.

I, tant de substances pnur lesquelles ces esiièijps maiiifostetit une sensibilité chiraiotaolique exlrème. Celte sensibililé est en effet telle, dans certaine cas, que phisieurB aiitenrs proposent l'emploi des plastides pour déceler dons dos solutions la présence de quantités ppes- ([ue impondérables de quelques substances.

C'est à uue action cliiuiiotticlique qu'il faut attribuer l'attraction du spermatozoïde Ters Vœi\! à féconder'; c'est à uue action de même ordre qu'il faut attribuer les propriétés phagoi'yl aires des globules blancs, propriétés dont M. Melchnikoff a montré l'importance énorme dans la résistance des êtres à l'envahissement par les bactéries pathogènes. MW. Massart cl Bordct, ont montré en effet l'influence chimiolactique des cultures de bactéries, et aussi des mêmes cultures filtrées (réduites aux produits solubles élaborés par ces êtres), sur les leucocytes des animaux supérieurs. Les phénoménns de nu tri lion d'un grand nombre de protozoaires dépendenl de la même façon de pi-opriêléa chimiolnftiques.

C'est précisément à cause de leur utilité, manifeste dans la plupart des cas, que les influences chimiotactiques onl élê d'abord expliquées par des vues lëléologiques et anlbropomorphîques. Stahl avait déjà supposé que toutes les substances nutritives pour une espèce devaient l'attirer, être posilivement Chimiotropiques; c'est ce qui a lieu en ed'el dans la plupart des cas, mais il y a néanmoins des exceptions; ainsi par exemple !a glycérine n'attire pas des bactéries qui peuvent s'en nourrir. De même, les substances nuisibles sont en général négativement cbimiotropiques, mais il y a des exceptions, et certains plastides subissent une alti-aotion vigourense très évidente de la part de subslances qui leur sont absolument funestes.

Ces exceptions sufiiraient à la rigueur à empêcher d'admettre les explications anthropomorphistes : qna

(l) Voir cinpili

4'1 vriî r>rs rtrus MO\opj.*srTTiiiR-s

les plnslides recherchent les substances qui leur sort uliles et fuient celles qui leur sont nuisibles; mais en leur absence même, il n'y aurait aucune raison d'nceepter celle manière de voir quand l'explication mécanique esl si facile à concevoir.

Revenons par exemple au cas très simple du plastide sphérique étudie' plus haut. Si la force éle'menlaire F résultant des réactions en un point i quelconque est centrifuge, il y a atlraclion vers ft ; il y a répulsion si cette force élémentaire est cent-ripète; il est bien facile d'admettre que dans la plupart des cas, les réactions qui déterminent la naissance d'une force centrifuge F ne tendent pas à détruire l'équilibre du plasLide, et que c'est le contraire pour les réactions déterminant la naissance d'une force centripète. Cela n'est même pas une hypothèse, c'est la conclusion de faits d'observation courante.

Quelle que soit la valeur plus ou moins grande de cette explication, il ne manquera certes pas de téléotogistes qui y trouveront une nouvelle preuve de la préexistence d'un admirable plan de la nature. Or, supposons, dans un liquide non homogène dans lequel existent plusieurs centres de diffusion de substances différentes, diverses espèces deplaslides; au bout de quelque temps toutes celles qui sont positivement cbimiotropiques pour des substances nuisibles auront disparu ; un peu plus tard, celles qui ne sont pas positivement chimio tropiques pour les substances utiles auront également disparu et il ne restera plus daus notre liquide que les espèces qui seront a. la fois positivement chimiotropiques pour les substances utiles et négativement chimiotropiques pour les substances nuisibles. 11 n'y a donc rien d'étonnant à ce que toutes les espèces de plasiides que nous observons aujourd'hui dans les eaux douces et les eauK ! aoienl riégalivement chimiotropiques pour les tances qui leur sont nuisibles et qui ont pu se trouver normalement un jour ou l'autre en un point du milieu où elles ont vécu,

er ', I

MOrVKMENT 47

Mais si nous expérimentons une substance nouvelle, complexe, que ces élres n'ont jamais eu occasion de rencontrer au cours de l'existence de leur espèce, nous ne devons pas nous étonner qu'ils soient positivement ciiimio tropiques pour une substance qui leur est nuisible ; nous pouvons seulement afûrmer que si cette substance s'était rencontrée souvent dans le milieu où l'espèce en question a vécu, cette espèce ne serait pas arrivée jusqu'à nous '.

Une autre particularité à signaler à propos des propriétés chimiotactiques des plastides, est l'adaption de ces organismes à la concentration des solutions salines. J. Massarl a montré que l'on peut par exemple rendre petit à petit insensibles à des solutions plus concentrées, des bactéries qui primitivement étaient sensibles à des solulions môme moins concentrées. Les anthropomorphistes ne manquent pas de voir dans ce phénomène la formation d'habitudes. Or, rappelons-nous l'étude faite plus haut ; c'est sous l'influence des rëaclions chimiques différentes aux points a et aux points ^ que la direction vers o est obtenue. Mais ces réactions peuvent avoir une fin ; il se peut qu'au bout d'un certain temps le plastide ae Boit saturé petit à petit de la substance nouvelle qu'on vient de lui fournir et qu'il n'y ait plus Heu entre lui et elle à aucune réaction. Mais alors, ce plastide adapté à la solution saline est devenu dijférenl de ce qu'il était primitivement; sa composition chimique n'est plus la même et il y a un nouveau facteur dans son équilibre ; il se peut donc que si on lui enlève brusquement ce facteur nouveau, la destruction de l'équilibre entraîne celle du plastide et en effet Hafkine a montré que certaines espèces, adaptées à une concentration saline déterminée étaient tuées quand on les transportait

(I) Je devrais parler i( Eon iiaàe au chapitre suivant, l'Addition, parce que c'est à propos de l'aiJdition que j'exposerai les phénomËnes de tension superlicielle qu'il est nécessaire de connaître pour comprendre ce genre de

VIIÎ DES ÊTRES MOSOPLASTlD.lUiEt

milieu de concenlralioD (

;DCe des aubslftncea ilc des mouvements, vec le dispositif expe-

|j rus que ment dans i rente I.

Ceci m'amène à i^ladier l'infli cbimiques sur la nature et l'intec Naturellement les ^lubâtanucs qui

cimentai de PfelTer produisaient une action direclrice agiront également sur l'iRlengité des mouvements des plastideB. Par exemple, l'osygêne, Engelinann l'a montré, exerce une action directrice très effieaue sur les bactéries; or nous savons que l'oxygène réagit sur tous leB plastidés ; cette action est constnule dans tout milieu oxygéné et il est fort probable que c'est à la distrîbuliou sans cesse cbaiigeante de l'wxygène dans les infusions que sont dus la plupart des mouvements normaux des plaslidee. Eh bien, Verworn a précisément montré que si l'on soustrait l'axygènB d'une infusion, les mouvements des rhizopodes ne tardent pn« A se ralentir et n s'arrêter. Si on leur rend l'oxygène après plusicura heures de repos, !e mouvement recommence.

M. Preyer qui a étudié cette suspension du mouvement par la privation d'oxygène a appliqué au phénomène la dOuomiualion nouvelle et au moins inutile d'anabiose.

Il est utde de renvo-yer plus loin une étude qui semblerait trouver sa place ici, celle des aiieelhésiques et des poisons ; leurs effets seront phra fauiles â expliquer quand la Tie élémentaire sera ntlloLuonl définie ^,

Mais il nous reste à étudier uue série d'autres phénomènes complexes qui, par un côté au moins, se rattachent au mouvement. Nous savons q'ue la substance des corps vivants est en relation continuelle d'échanges avec le milieu qui ta baigne; c'est même dans cct^ échanges que nous avons trouvé la cause des mouvements des plastidés.

(1] Je me contenlc de dier en psasent ces laits d'aJaptalida sur legqueis je reviendrai plue loagirement duos le livre 111 (B* approxinintion).

(2) Voyez ou ckap'dre lifitiibililè.

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