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LA REPRODUCTION DES MÉTAZOAIRES

La Taculté de se reproduire, la reproduction ou généra lion, est considérée comme un des caractères généraux des êtres vivants ; dans le but de généraliser cette propriété, on lui donne le même nom chez les êtres monoplastidaires et chez les êtres polyplaslîdaires, quoiqu'elle représeute dans ces deux groupes des choses entièrement différentes.

Un protozoaire acquiert une taille délt'rniinée qu'il ne peut dépasser dans les conditions d'équilibre où il se trouve ; sa quantité de substances plastiques continuant d'augmenter sous l'inQuence des phénomènes d'assimilation, sa masse se divise naturellement en deux massesplus petites qui contiennent chacune, en moindre quantité, toutes les substances constitutives du protozoaire primitif, et, qui sont, par conséquent, douées comme lui de vie élémentaire; te protozoaire s'est reproduit.

Le phénomène qui, chez les métazoaires, est comparable au précédent, c'est la segmentation de l'œuf, l'augmentation du nombre des blastomères, l'ontogenèse; nous avons vu comment ce phénomène ae produit nous avons vu qu'il donne naissance h une agglomération de plasLides que nous appelons dire vîuanl tout comme un plastide isolé, par un abus de langage. Il y a à considérer dans cet être polyplasUdaire, non plus seulement la vie élémentaire des éléments qui le constituent, mais le résultat de la juxtaposition de tous ces

i"' Vir. — ÈTBES POLÏPtAS'nTi\'nr''

éléments doués de vie élémentaire et de la coordination de leurs activités, c'est-à-diro la vie. Pour un mélazoaire et partlculiÈremenl pour un me'tazoalre Bupérieur, un vertébré par exemple, la visa une durée limitée et cesse fatalement â un moment donné, pour des raisons inhérentes à la vie eîle-mémo; l'idée de mort est absolument liée à l'idée de vie, tandis (]u& l'idée de mort élémcotaire a'est pas le moioa du monde liée à celle de vie élemeiitaire manifeslce.

La vie élémenlaire, propriété chiraif|ue, appartient à chacun des deux plasUdes provenant de la bipartition d'un plaslide A comme elle appartenait au plastide A; la vie élémentaire nianifeslée entretient la vie élémentaire, c'est-à-dire augmente sans cesse la quantité des substances douées de vie élémentaire ; la mort éléraeat&ire ou disparition de la vie élémentaire provient uniquement de la condition n" 2 qui est précisément le contraire de la vie élémentaire njanilostée ou activité chimique dans la condition u" \ (v. p. iiS). Dire que le plastido A meurl quand il se divise en deux plastides, ce serait dire qu'une g-outte d'huile cesse d'être de l'huile quand elle est divisée en deus. Une telle idée ne peut venir que d'une comparaison illégitime avec les métazoaires supérieurs auxquels on emprunte une idée d'individualité, de personnalité, non applicable aui plastides (v. p. 174). Quant àlamort élémentaire, c'est la destruction chimique du plastide, elle intenient chaque fois que le plastide reste assez longtemps à la contlition n" i, mais seulement dans ce cas ; si donc, étant donné un plastide ,4 à un certain moment de l'histoire du monde, les divers plastides qui en proviennent sont entraînés par des courants dans diverses directions telles que pour qvelques-una d'entre eux la condition n" 2 ne soit jamais réalisée, on pourra suivre une série de vies élémentaires jamais interrompue à partir de /!'. Devra- t-on dire pour cela que .1 est immorlel? (1) Cela n'arrive probabicracnt pas : la condilioa n' 2 doit se

LA hephoducttox des in-'TAïOAinES '5?.l

Ce sei'ait ulisurde, car le mot immorlel a «ne significalioa précise dans le langage e.l rappelle l'idée d'une individualité qui Bubsistei'nit toujours, d'un moi qui ne flairait jamais. loimortaJité v-eul dire absence de mort et non absence de mort élémentaire, el c'est pourquoi toutes les discussions sur la mortalité du corps et l'immortalité du germe ', sont des discusalooa stériles basées sur un simple jeu de mota.

La mort est la cessation de la vie ; noua avons vu 1» définition de la vie (p. 202); quand on coupe en deux parties une hydre A, l'hydre ,* est morte puisque sa Die' est détruite, mais cette opération donne naissance à deux hydres qui sont vivantes et dont la vie ressemble à celle de l'hydre A. Voilà donc une opération qui détruit le vie d'un être polj'pl asti d aire, sans qu'aucune des vies élémenlaires de ses éléments sott détruite; eh bieni il en est le plus souvent de même dans la mort d'un mélaEoaire supérieur, d'an vertébré par exemple; le métazoaire meurt en général d'un accident qui a détruit la coordination gcuôi'ale fans qu'aucun dps éléments tait par celaraéine atteint de mort élémentaire^ ; la mort élémentaire survient, il est vrai, ensuite, le plus souvent, comme une conséqueace plus ou moins rapide dus troubles qui résultentde la mort, mais ce sont deux phénomènes entièrement distincts. Le vertébré est condamné à la mort; il n'y a aucune raison pour que des éléments anatomiques soient condamnés par là même à la mort élémentaire. En réalité cette mort élémentaire survient le plus souvent après la mort, pour tous les éléments, chez les vertébrés, parce que Icsdits élOments sont adaptés à des conditions très spéciales qui,

pas iQujours la destruction de la vie éléuientaire de A sans la remplacer par une vie éiémenlaire di(tèrente d'un nouveau phialide A' (adaptation, voir p. 181), de Burle qn'd aemblo que la vie Élémentaire en soit transmise sans discontinuité.

(1) Delage. Op. cit., p. 768.

(2) Vie: coordination, manifestations d'ensemble.

(3) Sauf duns les cas de mort par empoisc tion, de mort par le milieu intérieur, enHn.

2'Ji ÏIE. — ÊTRES POLÏI'LASTIDAIHES

par suite de la mort, cessent d'être réalisées dans le milieu îatérieur. La prétendue question de rimmortalilé du germe se ramène donc à la suivante : Y a-t-il des éléments d'un métazoaire qui peuvent être séparés du métazoaire sans être atlemls de mort élémentaire, gui peuvent covsei'ver leur vie élémentaire en dehors des conditions spéciales entretenues dans le métazoaire par la vie même du métazoaire? C'est ainsi que se pose la question de la reproduction chez les êtres poiyplastidaires; on voit qu'elle n'a rien de commun avec celle de la niultiplicalion des êtres formés d'un plastide

M. Delage ', ne Taisant pas la distinction de la vie et de la Die élémentaire, se demande pour quelle raison les éléments anatomiques des métazoaires sont, sauf les cellules reproductrices, condamnés à la mort; il trouve cette raison dans la différenciation cellulaire qui, diminuant l'aptitude des cellules à se diviser leur ferait perdre leur immortalité (!). Or il oublie que l'animal ne meurt pas par suite de la mort élémentaire de ses éléments, mais qu'au contraire les éléments se détruisent par suite de la mort de l'animal; quand un homme meurt, tous ses éléments sont encore généralement doués de vie élémentaire, mais ils tombent à la condition 11° 3 par suite de la mort. Il n'y a donc pas lieu de croire que les éléments différenciés tendent plus que les autres à devenir dépourvus de vie élémentaire au cours des bipartitions successives ; la mort est fatale, la mort élémentaire ne l'est que comme conséquence de la mort.

Quelquefois, au cours de la vie, les conditions extérieures se trouvant modifiées, tous les éléments des organes actifs' se trouvent à la condition n" 2 et se détruisent, et alors, par balancement organique, les

(I) Op. cit., p. 770.

(îj Organes de la vie de relatiun, ei, (i'm plnstides incomplels complétés par des con

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plastides complets de l'oryaiiiâine prennent, aux dépens des restes des premiers, un développement considérable; un crustacê, devenant un parasite interne, se transforme peu à peu en un sac rempli d'œuFâ. A quel moment s'est produite la mort dans ce cas? C'est une question de définition. Somme toute, la vie élémentaire de tous les éléments a disparu petit à petit, sauf celle des éléments reproducteurs; à partir du moment où le parasitisme est établi définitivement, il n'y a plus à proprement parler d'individu ; les phénomènes de coordination, d'ensemble, ont cessé; il n'y a plus pour ainsi dire que des plastides isolés rassemblés dans les mêmes conditions de milieu. Si Ton continue à considérer le parasite comme un individu, jusqu'à la maturation de ses produits sexuels, on arrive à voir, somme toute, un metazoaire se transformer complètement en mourant en une multitude de plastides isolés pourvus tous de vie élémentaire, comme cela a lieu pour la Magosphœra planula de Hieckel. Il n'y aurait donc ici mort élémentaire pour aucun élément, mais on voit que ce n'est là qu'un abus de langage puisqu'on a négligé de tenir compte de la mort élémentaire de tous les éléments analomiques qui sont entrés en régression quand la condition n" 2 a été établie pour eux par le parasitisme.

Ces préliminaires établis, étudions succinctement la question de la reproduction.

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