‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 64 sur 73 · CHAPITRE XXVIl FÉCONDATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIl FÉCONDATION

Le cas que nous avons étudié dans le chapitre précèdent est loin d'être le plus général. Il y a bien des éléments anatomiques qui sont des plastides complets, mais par suit<> de leur situation dans une paroi de cavité leurs deux pôles a et & sont différents {Gg. 1 8) . Ils le sont lellemenl que, ia première bipartition a lieu perpendiculairement à l'axe ab par un plan situé tout prés deb; il y a donc division inégale et cette division inégale donne naissance à une grosse et une petite cellule (globule polaire). La deuxième bipartition qui atteint la grosse cellule produit encore une petite cellule au pôle b et, ce alors de la grosse cellule, est en général un ncomplet ', l'ovule ; mais ce plastide incomplet n'est pas comparable aux autres plastides incomplets de Vorganisme ; il n'est pas complété par les /■onnexiong nerveuses et se trouve naturellement toujours à la condition ij" 2 lant que n'intervient pas un autre phénomène qui est la fécondation ; l'ovule tombe dans une cavité de l'animal.

Supposons pour slmpHlier qu'il y ait seulement quatre substances essentielles a,p,Y,S, dans le plastide compli't de l'espèce considérée ; la formation du deuxième globule polaire en élimine 2, a et p par exemple. L'easemble y^ ^^^ donc à la condition n" 2.

(1] Je renTOie pnur l'èi.ude délAillée de ce phénomËne aus traités spéciaux et à un arlicle de [l. Kœliler dans la Revue philosophiqui, tR93 : • Pourquoi Doua ressemblons à. noa parents, •

FècONDATlùN

Mais, soit en unaulre point du même métazoaire, soit en un autre point d'un autre métazoaire de même espèce, il se forme, par iiu renversement des conditions locales, des plastides incomplets réduite & a^ (spermatozoïdes) lesquels sont également toujours à la condition n" 2. Qu'une fusion se produise entre un ovule et un spermatozoïde et l'on retrouve un plastide complet qui est l'œuf. Or, précisément, l'ovule et le spermatozoïde d'une même espèce sont positivement chimiotaetiquesl'un par rapporta l'autre, cliimiotaxie de plastides incomplets comparable à celle des mérozoïtes sans noyau.

Le spermatozoïde qui est petit et facile k mouvoir est donc attiré I vers l'ovule; l'altraclion réciproque de l'ovule par le spermatozoïde ne se manifeste que lors- pj ,9 que, ce dernier étant très voisin, cette attraction est limitée à une très petite partie de la surface de l'ovule; il y a alors déformation amihoïJe de l'ovule (Itg. 19] qui pousse un petit mamelon k la rencontre du spermatozoïde. Une fois la fécondation opérée, l'œuf se trouvant saturé s'attire plus les spermatozoïdes, ce qui n'a rien d'étonnant puisque ce n'est plus le même corps chimique.

L'œuf résulte donc de la fusion de deux masses de substances plastiques dont aucune, considérée isolément n'est douée de vie élémentaire ; l'ovule et le spermatozoïde sont des plastides incomplets, qui, chacun séparément, sont par conséquent condamnés h la destruction, et en effet, aucun d'eux n'assimile et ne se développe '.

Comment se fait-il que cette expulsion de globules polaires, cette division inégale qui donne naissance aux

(1) 11 y a deâcaa de partt]énogënèse& la suitede l'eipulsion de deux globules polaires, quoique ce soit une eiceplion ; cela prouTerait que, dans ces cas, les quatre ctiramosomes donl deax dïaparaisaent par la seconde expulsion ne sont pas dilTérents les uns des autres elque le plaslide réiiuil à deu> "■ ' ' '

300 VIE. — KTIIG3 POLVP[,*(;Tin\IRES

produits sexuels ptasUdes incomplets soil si {rênérale

et ne souffre desceplionî que dans de rares cas ilc par-

thénogênëse ? On peat l'expliquer par la di^iboUon

hétérogène des sMbsiances plastiques dans uu élément

diapoi'é d'une maDtère aussi particulière que aà{Gg. 18).

La diiieion inégale par des plans parallèles aux plaus

tangenU, quoique plirs tardive pour les produits sexuels

l«s alleiodrait cependant enfin comme presque tous les

Milreï éléments liistologiques. Une fois lombô. une fois

L libre dans un liquide et fécondé, l'œuf ne se trouvant

Iplus dans les conditions très spéciales de la figure J8,

Piend à redevealr lionio^èDe et susceptible de divisions

régales, mais il ne perd jamais complèteaicntson hété-

ténéité primitive, le piile b resle toujours plaa ou

l'Unoins distinct du pùle a ; il y a un pOle niitrilif et hd

pûle formatif, et l'on sait que le dernier correspond

toujours au point où a eu lieu i'espulsiun des glubulea

polaires ',

Peul-ilre, dans celte uéeessiLé à peu près générale de la fécondation, intervient- il un phéuumène analogue à celui de la sénescence des infusoires de Maupas? On devait le croire nalurellement tant qu'on n'avait pas constaté l'hétérogéncitc de la bipartition qui donne naissance aux globules polaires. Il faut se demander, somme toute, si c'est seulement la dernière bipartition qui rend incomplet le plaatiJe reproducteur ou bien si cette dernière bipartition ne fait qu'achever une œuvre déjà presque terminée, les divci'ses bipartitions qui se sont faites depuis l'œuf jusqu'à l'ovule ayant été le résultat d'une aasimilalion hétérogène vériliant l'équation UI (p. 160) au lieu de l'éipiation II (p. 10"), Rien ne permet de répondre aujourd'hui k cette question ; mais, dans tous lescas,qucl[eque soit la cause qui la nécessite la conjugaison des iiifuaoirea comme la fécondation des

[1) La aitualion parlicullËre des plasLJdes qui Torment muc'est-à'iliTe qui se trouvent dans un feuillet séparant deux ! ajanl une importance

u cbi-u.'Ui^c qui ai: irouveiu u IX dilTérents, apparail donc c

FÉCOSnATTOîl

métazoaires est la tpansformalion (ie plaslides iucamplets ea plaatideâ compléta par addllioa de parties naitvetles.

Qu'il soit compJet (parthénogenèse, cellule mère de l'ovule ou des spermatozoi'des) ou incomplet (ovule, spermatozoïde), l'élément reproducteur, dépourvu de connexions nerveuses, est en dehors de l'individualité définie par la continuité du système nerveux. Il se comporte donc dans l'organisme absolument comme un parasite, dont il ne diflère que par sa coramunaulé d'origine avec les autres éléments anatomiques. En conséquence, avant que ces éléments deviennent incomplets ils ont dans l'organisme une vie élémentaire manifestée non discontinue dès que leur condition n" I se trouve réalisée dans le milieu oii ils baignent. Ils jouent donc, par leur aclivilé chimique ininteifompue, un rôle capital dans l'établissement de l'équilibre (rénovation des substances Q, élimination des substances R) qui détermine l'état adulte et le balancement des organes.

Aussi, le développement complet des organes génitaux arrête-t-il le plus souvent le développement général ; un animal n'a pas de produits gcniiaux parce qu'il est adulte ; il est adulte parce qu'il a des produits génitaux. Les quelques exceptions dans lesquelles le développement des organes génitaux n'arrête pas ie développement général, c'est-à-dire dans lesquelles l'animal se reproduit avant d'être adulte, sont dits : cas de pœdogénèse.

Les organes génitaux sont de véritables parasites ; le milieu intérieur de l'organisme est limité, si des parasites d'origine externe s'y introduii^ent ils se trouvent en concurrence vitale avec les parasites organes génitaux (y, p. 194) qui quelquefois succombent (castration parasitaire) ; on conçoit facilement qu'un parasite d'origine externe joue un rôle comparable à celui des organes génitaux dans la détermination de l'état adulte et que la nature de cet état varie avec la nature du parasite (fausses femelles déterminées chez les crabes par les

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sacculinee) ; l'ablalion du parasite permet h l'évoluLion de continuer (poules qui prennent des plumes de coq après avoir cessé de pondre; femmes qui ont de la barbe après la ménopause, etc., etc.) '.

Non seulement les éléments sexuels sont en dehors de l'individualité nerveuse du parent, individualité à laquelle correspond l'individualité psychologique, mais encore, ces éléments, ptastides incomplets*, ne sont pas doués de vie étcmentaire et il serait absurde de chercher dans l'individualité des enTants une continuation de celle des parents ; la vie individuelle commence à l'œuf fécondé, elle se termine à la mort; des parties détachées d'agglomérations polyplaslidaircs peuvent être le point de départ d'autres agglomérations semblables, mais ces parties, non seulement sont dépourvues de vie élémentaire, mais encore sont en dehors de l'individualité des parents.

Nous avons vu (p. 184) (ju'un très grand nombre d'associations dilférentes de substances plastiques sont susceptibles de vie élémentaire. Supposons qu'un ovule y3 rencontre un spermatozoïde a'p' d'une autre espèce ; en général, il n'y aura pas altraction entre eux ; si cette attraction chimiotactique a lieu, la fusion s'opérera et l'on aura une masse a'^'-^S. Sera-ce un plaslide T Non, le plus souvent, mais oui cependant dans certains cas ; c'est ainsi que se produisent les hybrides dont je me contente de signaler l'existence en passant.

(1) Voyez les trëa beaux mémoires de A. Uiard sur la Caâtration parasitaire.

(2) L'OTule et Je spermatozoïde sont l'un et l'autre des masses de substances plastiques à la condition n° 2, c'est- i-d ire con-

laconjugaisi disparu.

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