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CDAPITRE XXIX L'INDIVIDUALITÉ PSYCHIQUE

Je me bornerai à de courtes iadicalions eu renvoyant encore une lois aux ouvrages spéciaux, c'est-à-dire aux ouvrages de psycho physiologique qui deviennent chaque jour de plus en plus nombreux.

Un très grand nombre de phénomènes physiologiques de l'organisme sont accompagnés d'épiphénoménes de conscience ; chacun les constate sur lui-même et admet par analogie leur existence chez ses semblables; c'est par suite de ces épiphénomènes que l'individualité psychologique, la personnalité, le moi existe. Eh bien, ce qu'il faut entendre par épiphénomènes de conscience peut s'exprimer de la manière suivante : tout ce qui se passe chez notre voisin, toutes les réactions chimiques qui se traduisent chez lui par des phénomènes physiologiques, se passeraient de la même manière s'il ne s'en apercevait pas ', de telle fagon qu'il nous est impossible

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d'afflrraer qu'il s'en aperçoit. Nous le voyons se mouvoir, manger ; nous lui parlons, il nous entend et nous répond, mais nous ne pouvons pas affirmer qu'il s'aperçoit qu'il nous entend el qu'il nous re'pond. Gela peut sembler absurde parce que le mot entendrep&r exemple a pour nous tous en général une signification précise qui se rapporte à une sensation; mais il y a un phénomène physiologique de l'audition, phénomène physiologique qui délermine phyBiologiqnemcnl le phénomène de la réponse et ainsi de suite. Que ces phénomènes physiologiques soient ou ne soient pas accompagnés d'épiphénomènes de conscience, chez tout autre que nous même nous ne pouvons en aucune façon le savoir. Nous n'aurions même aucune raison de le croire si nous, observateurs, n'étions construits d'une manière très analogue à celle dont est construit celui que nous otiservons. Fnisonspourun moment l'hypothèse absurde que nous soyons une pure inlelligence dépourvue de corps et voyant, entendant néanmoins; jamais il ne nous serait venu à l'idée que tout ce qui se passe dans le monde des animaux et des plantes, put être accompagné de conscience, pas plus que nous ne pensons que le chlore sait ce qui se passe quand, combiné à du sodium, il devient du chlorure de sodium.

En réalité, la physiologie nous montre de plus en plus chaque jour que chaque phàiiomêne psychologique que nous constatons en nous-même, n'est qu'un épiphénomène accompagnant un phénomène physiologique, mais n'ùifluençafil en rien ce phénomène physiologique. Seulement, ce qui rend le langage très difficile, c'est que cet épiphéncmcae est, chez nous-même, insé-

qui se rpssemblen

ne mettent pas ei anatomiques ; ce q des corps identiqi dans les mêmes co DomËnEs de

rieurcmetit et qui sont l'un coiii.-liTil, alors ces actes ne sont pas identiques, exaclement tous tes mûmos élÉmenU 'eux dire, c'est qu'on pourrait imaginM* I métaïoaires dont le fonetionnement as ne serait pas accompagné d'épiphè- H aérait nécninoin» i^nligiie k celui

L'iNDWinUALlTÉ PSÏcniQUE

jmrable do phénomène qu'il accompagne de sorte que je faisais une hypothèse abaunie en disant tout à l'heury : tout se passerait de la même manière chez lai s'il ne s'en apercevait pas ; puisque cela ne peut se passer sans qu'il s'en aperçoive, nous en sommes aasarés pour nous-méme. Ce que Je voulais dire, c'est que la nature de cet ùpiphénomène de conscience ne rnodiûe en rien ô'ane manière active le phénomène physiologique qu'il accompagne. Nous ne savons pas si le chlore souffre ou jouit quand il se combine an sodium, mais nous savons que le chlore se combine toujours au Bodiam daii^ certaines conditions pJiysiques, et nous pouvons l'aftirmer sans savoir ai des épiphémomèues de conscience accompagnent ou n'accompagnent pas cette réaction. De même quand nous voyons qu'une bactérie est attirée par la lumière (v. p. 34) nous ne savons pas si elle jouit on si elle BoaiTre de cette allraetion, ou nn^me si elle ressent quelque chose, mais nous sommes sûrs que toujours, dans les mêmes conditions, la mênie bactérie sera attirée par la même lumière i de même en remontant la série des êtres, nous constatons, lorsque noua sommes à même de nous assurer de toutes les conditions d'un phénomène, que les mêmes causes produisent toujours les même^ effets, sans que nous puissions savoir ai dea épiphénomtnes de conscience accocapagnenllesphénomènes physiologiques, et, s'ils exisleat, quelle est leur nature. Nous concluons donc aia déterminisme physiologique et en même temps, à cause du rapport établi entre la morphologie et la physiologie, au déterminisme biologique, sans avoir eu à aucun moment à faire intervenir diins nos considérations des épiphénomènes de conscience dont nous ignorons la nature et même l'existence.

Lorsqu'ayant remonté toute l'échelle des èlrea nous arrivons jusqu'à nous, nous constatons que beaucoup de phénomènes physiologiques, absolument comparables à d'autres phénomènes observés chez des animaux, s'accompagnent chez nous d'épiph'nomènesde

VIE psvr.mouB

conscience, mais si nous avons suivi la marche scienlilique ascendaDte, le dûtermiDisme physiologique est élabii pour noua d'une manière définitive et dous noua bornons à conatater que les phénomènes sont accompagoÉB d'épiphénomènes, sans songer à nous demander si la nature des seconds peut d'une manière quelconque influencer les premiers.

II y a déterminisme physiologique; ily q aussi déterminisme psychologique ' en ce sens que le même épiphénomène accompagne toujours le même phénomène; toutes les fois que cela paraît faux, c'est que nous ne connaissons pas exactement tous les éléments du phénomène et que nous avons considéré comme identiques deux conditions difîérenles.

La conscience est-elle une propriété générale de la ma* tière, est-ce une propriété spéciale des substances plastiques î Les réponses à ces questions sont du domaine de l'hypothèse pure; dans tous les cas, en admettant qu'il y K des consciences élémentaires, leur réunion en un tout nnique s'expliquerait par la conductibilité nerveuse avec laquelle la conscience générale est en rapport évident.

Mais la structure du système nerveux varie à chaque instant de la vie; l'épiphénomène de conscience varie aussi à chaque instant, seulement, ce qui relie ces divers états successifs les uns aux autres, c'est la particularité physiologique appelée mémoire. La mémoire physiologique est une conséquence naturelle de l'assimilation fonctionnelle; le même épiphénomëne de conscience accompagnant toujours le même phénomène physiologique, la mémoire psychologique découle naturellement de la mémoire physiologique; c'est ce qui fait que i'individuaiité psychologique, la personnalité, le mot, n'est pas instantané et se conserve malgré les variations cons- antes de structure du système nerveux.

des actes qui se produisent

11) ■ Parce qu'il prend r en lui et ainsi les voit naître en quelque ^^,^^, .,.».,.„.<. „^, tenté de croire qu'il en est le maître et la cause. • Glej. L'Irri-

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