La forme de cette courbe nous indique déjà que les
continents (Afrique, Amérique) paraissent avoir une grande influence sur l'inclinaison ; elle s'écarte en effet très-peu de l'équatcur terrestre dans la portion du grand océan où elle ne traverser que quelques îles éparses , et beaucoup au contraire en Amérique et en Afrique, ou lorsque les lies se multiplient sur sa route. Nous ferons en outre remarquer avec soin que la partie la plus irrégulière de la courbe, qui va du nœud situé dans le grand océan vers l'Afrique, traverse une série d'îles qui sont toutes volcaniques (les îles Philippines, Carolines, delà Sonde, paraissent posées sur des centres volcaniques très-actifs) , et qu'en approchant de l'autre côté vers l'Amérique , elle vient rencontrer les volcans de Quito et du reste de cette contrée.
105. Il résulte de ces observations que les centres ou séries volcaniques pourraient bien avoir quelque action sur l'aiguille aimantée.
Ces faits, déjà signalés depuis long-temps par les navigateurs» ont paru à M. Morlet devoir être repris en considération dans ses recherches sur le magnétisme du globe.
106. Après avoir déterminé un grand nombre d'inclinaisons, on chercha à les lier par quelques formules empiriques à la latitude magnétique du lieu d'observation. Biot découvrit, par la comparaison, des résultats nombreux obtenus par Humboldt, qu'on représentait assez bien les phénomènes en prenant la tangente d'inclinaison double de la tangente de latitude. Cette loi n'est applicable qu'aux points situés près de l'équateur magnétique, jusqu'à 2 5° ou 3o° de latitude; et principalement encore pour ceux qui appartiennent à la partie la plus régulière de la courbe.
107. Les courbes d'égale inclinaison sont en général trèsirrégulières, et paraissent fortement influencées par les causes dont nous avons signalé l'action dans le numéro précédent. M. Biot a trouvé que dans le grand océan les courbes d'égale inclinaison étaient à très-peu près parallèles à la partie régulière de l'équateur magnétique.