Les calculs ayant pour but de déterminer la forme de
l'équateur magnétique ont conduit M. Morlet à le regarder comme l'intersection de la sphère terrestre, et d'une surface du 3* degré, et à considérer le magnétisme terrestre comme ne pouvant être représenté par des forces émanant de centres fixes.
1 09. Outre les lignes précédentes le globe est sillonné par des lignes sans déclinaison , et des courbes d'égale déclinaison. Les premières, qui constituent des espèces de méridiens magnétiques, n'offrent aucune régularité, elles grandes chaînes volcaniques paraissent leur faire éprouver de profondes altérations. Les séries de volcans formées par les lies Aleu tiennes, le Japon, les Kurilles, le Kamtchatka , ont une puissante action sur 1* aiguille aimantée.
110. L'intensité magnétique du globe est l'élément le moins connu, quoique cependant on soit parvenu à tracer des lignes isodynamiques, sur lesquelles nous ferons les mêmes remarques que sur les précédentes. Humboldt et Hansleen, à qui l'on doit des travaux nombreux sur cet important sujet, ont annoncé que ces lignes ne suivaient pas les lignes d'égale inclinaison qu'elles coupaient souvent sous de très-grands angles.
1 1 1 . Le premier de ces physiciens a signalé l'accroissement d'intensité en allant de l'équateur au pôle, et Barlow a trouvé
i 1 pour le représenter les formules ^ ^ 5sin ^i* l/ 5-f- sec *7
auxquelles l'intensité est proportionnelle.
La première se rapporte à l'aiguille d'inclinaison, la secoude à celle de déclinaison, i est l'angle d'inclinaison.
La première forimile nous fait voir que le rapport du maximum de l'intéïwité magnétique au minimum sur la surface du globe doit être 2. M. 11 uni boit le regarde comme plus grand que 9 , 6. Néanmoins le résultat donné par M. Barlow est aussi exact qu'on puisse l'espérer d'une formule empirique et seulement approximative ; enfin , la terre étant aplatie vers les pôles, l'intensité doit être ramenée à la hauteur de l'équateur. 11 est possible, en outre, que près de la zone équatoriale on ait observé sur de hautes montagnes, ce qui augmenterait encore le rapport des actions , et
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rien ne prouve qn'on a sciffîsamment tenu compte des variations de température des barreaux aimantés.
112. Jusqu'ici on a pensé que l'intensité magnétique qui décroît à mesure qu'on s'élève au-dessus de la surface do la terre, suivait la raison inverse du carré de la distance au centre de la terre.
1 13. Les courbes que nous venons de signaler ne sont pas fixes sur la surface du gfobe; l'équateur magnétique paraît, avec les courbes sans déclinaison , avoir un mouvement de Test à l'ouest, et la direction de l'aiguille et l'intensité magnétique éprouvent des altérations diverses ; les unes, qui ne se font sentir qu'après plusieurs années, sont durables; les autres paraissent simplement périodiques, et se divisent en variations annuelles et horaires. Les aiguilles de déclinaison et d'inclinaison oscillent chaque heure, chaque année, autour d'une position d'équilibre qui est leur direction moyenne , et ces perturbations paraissent liées à la marché du soleil.
1 1 4» Des mouvements énergiques et de peu de durée viennent souvent affecter les aiguilles de variation; ils paraissent dus, d'après M. Arago, à l'action des aurores boréales. On a pensé cependant, et ce fait serait de la plus haute importance pour la science, que les tremblements de terre et les éruptions volcaniques avaient de l'influence sur les barreaux magnétiques.
Nous manquons malheureusement ici d'un assez grand nombre de- faits, et récemment M. Gauss a cru pouvoir conclure d'observations faile dans le même temps (i er avril i83i), et pendant une éruption du ^âsuve, à Copenhague, Léipsick, Altona, Gœttingue et Rome , que l'aiguille aimantée n'éprouvait aucune variation de la part des éruptions volcaniques. Il trouva en effet que la plus petite variation avait lieu à Rome, ce qui, en passant, semblerait indiquer que l'action volcanique est seulement locale.
1 1 5. Les faits précédents montrent déjà que le magnétisme terrestre n'est pas le résultat d'une action unique et permanente, et qu'on doit considérer cette force comme la résultante
de plusieurs forces distinctes, l'une générale éprouvant à la longue des altérations plus ou moins profondes, c'est le magnétisme terrestre proprement dit, et une autre variable, périodique. Voilà pour un même endroit; mais, en changeant de lieu, nous rencontrons des actions locales plus ou moins énergiques, qui, variables dans leurs directions et leurs intensités, peuvent déterminer des changements plus ou moins profonds dans les éléments du magnétisme des différentes contrées. A ces forces, enfin , nous ajouterons les causes de perturbations accidentelles.
§ 3. Action de la terre sur les courants.
1 16. L'action de la terre sur les courants, découverte par Ampère, a fourni à l'observation les résultats suivants :
i°. Un courant vertical mobile, autour d'un axe vertical, se dirige, sous l'influence de la terre, à l'est s'il est descendant, et à l'ouest s'il est ascendant.
Ex. de Delarive.
2°. Un conducteur plan, mobile autour d'un axe horizontal perpendiculaire au méridien magnétique, se dirige perpendiculairement à l'aiguille d'inclinaison. (Ampère.)
3°. Un courant horizontal librement suspendu se transporte parallèlement à lui-même sous l'action de la terre, et il en est de même d'un courant vertical, (Faraday.)
4°. Une courbe plane, et fermée mobile autour d'un axe vertical, se dirige toujours dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique. (Ampère, Delarbe.)
5°. Un courant horizontal mobile h une do ses extrémités sur un pivot vertical tourne toujours dans le même sens par l'action de la terre. Le mouvement de rotation a lieu de l'est à l'ouest par le midi, si le courant va de la circonférence au centre , et de l'ouest & l'est par le midi, s'il va du centre à la circonférence.