POSITION RÉCIPROQUE DU PHÈDRE ET DU BANQUET
Tout cela n'est pas seulement doctrine platonicienne, mais
sûrement, évidemment, expérience platonicienne. » C'est
donc seulement sur la seconde partie de l'hypothèse qu'il
convient de faire des réserves : ,elle n'est nullement iixvrai-
semblable, mais elle est insuffisamment justifiée. Au reste,
, au point de vue chronologique, l'hypothèse qui voit dans le
ÏBanquet une sorte de reflet de l'amitié de Platon pour le
p)rînce syracusain, n'entraîne avec elle aucune difficulté. Le
p-etour de Platon à Athènes après son séjour à la cour de
^^nys l'Ancien, se plaçant aux environs de 387, il n'y aurait
e.^effet rien de surprenant que le souvenir de sa grande
aiiù^Éà pour Dion fût encore très-vivant dans son esprit au
kt où, d'après les vraisemblances mentionnées anté-
(Cnt, il aurait écrit son Banquet,
— En résumé, il est plus difficile qu'on ne le dit gé-
ent de fixer la date de composition du Banquet. Une
dication pourrait permettre de déterminer avec certi-
moins une limite aparté ante, qu'on ne saurait dépas-
is cette indication même donne lieu, nous l'avons vu,
eussions légitimes, aussi bien quant aux inductions
ut fonder sur elle, en l'interprétant comme on le fait
ment, que relativement à la signification qu'il con-
lui attribuer ; en outre les difficultés que nous avons
tr^ver dans certaines des hypothèses émises à ce sujet
ans doute pas insurmontables. Il nous reste mainte-
ous poser une question qui, pour être plus large,
moins épineuse, bien au contraire : celle de savoir
\quet doit être placé avant ou après le Phèdre.
m, — Phèdre.
83. — Deux opinions sont en présence relativement aux IppOTts chronologiques du Phèdre et du Banquet. D'après une, qui est classique, le Phèdre serait antérieur au Banf quel ; l'autre renverse ce rapport et apparaît le plus souvent I aux partisans de la première comme une opinion hérétique
et révolutionnaire. Cette seconde thèse n'a guère pour défenseurs, à quelques exceptions près, que l'armée des stylisticiens, qui ont commencé cependant à Taccréditer auprès des historiens. Elle a été suggérée ou défendue tout d'abord par MuNK'*^ par Campbell, dans l'Introduction générale à son édition du Sophiste et du Politique (1867) ^^ et surtout par Thompson dans son édition du Phèdre (wuh english notes and dissert'itions, 1868). A ces premiers noms, il faut ajouter ceux [de Blass^S de Teichmueller^* et enfin deRAEDER". Dans un defrnier groupe, je mentionnerai ceux qui, pour défendre l'opinion dont il s'agit, se sont appuyés surtout sur la stylistique, comme l'avait fait d'ailleurs Campbell, le premier : Dittenberger ^^ M. Schanz^-*, Const. Ritter^* et, principalement, Lutoslawski^". — Dans l'autre camp, nous trouvons plusieurs des plus illustres historiens de la pensée grecque, la plupart des Platonisants les plus notoires : Stallbaum^S HERMANN^^ Steinhart '^ Susemihl'*, Ueber-
59. Lie natûrliche Ordnung der platon, Schriften 1856, d'après Ucberweg Grundr. P, 173.
60. P. XXVIII, XXXI, xxxiii, XXXIX. Du même, consulter aussi : On the position of the Sophistes, Politicus and PhiUbus etc. in Transact. of Ihe Oxford philol. Soc. 18S8-1889, p. tbi'i; on some récent atlempls towards ascerlaining the chronological order of the composition of PLaio*s Dialogues in Bibl. platon. I, 1-28, 188v^, et enfin le second vol. de son édition de la République avec Jowett, 18J4.