RAPPORTS D'ISOCRATE ET DE PLATON
de ce dialogue, auquel nous avons déjà plusieurs fois fait allusion, et où Platon loue Theureux naturel d'Isocrate et exprime les espérances qu'on peut concevoir à son sujet (278 E-279 B) : « Isocrate est encore jeune, mon cher Phèdre; ce que pourtant je présage de lui, je veux te le dire... Il me paraît avoir une trop belle nature pour qu'on puisse établir aucun rapport entre son éloquence et celle de Lysias, et, de plus, son caractère est fait d'une trop généreuse essence. Aussi n'y aurait-il rien de surprenant que, en avançant en âge, il l'emportât dans le genre même d'éloquence auquel il s'applique maintenant, au point de surpasser, comme des enfants, tous ceux qui se sont jamais occupés d'éloquence, et même ^*^, si cela ne lui suffisait pas, qu'il fût conduit vers quelque chose de plus grand par une impulsion vraiment divine; car la nature, mon cher, a mis dans l'esprit de cet homme là une certaine philosophie ».
Quels sont, se demande-t-on les discours auxquels il est fait allusion dans ce passage et sur la foi desquels Platon se fait une si belle idée de l'avenir d'Isocrate? Ce ne peut être, comme l'ont voulu les partisans de la thèse opposée, le Panégyrique (ï Athènes, qui se place entre 384 et 380*** : aucun écrit antérieur d'Isocrate, disent-ils, n'eût mérité les éloges de Platon. Mais quelle raison avons-nous, réplique-t-on, de supposer que le passage du Phèdre (267 AB), où Platon attribue à Gdrgias la définition de l'éloquence, comme un pouvoir de faire paraître grandes les choses petites, petites les grandes, nouvelles les anciennes etc., se rapporte non pas à Gorgias, mais à Isocrate, qui l'avait exposée {Paneg, 8)**^?
113. ïxt Te, valgate. Peut-être convienJrait-il d'adopter la leçon ef tê, donnée par le Cod. BodI. et confirmée par la traduction que Gicéron donne de ce morceau, Orator XIII, 41 : « aut in hoc orationum génère, cui nunc studet, ... aut, si contenlus his non fuerit ... ». Cf. Susemihl De Plat, Phaedro etc. p. xr, n. 21 et N. Platon. Forsch. /, p. 27, 32.
114. Pour la première date, A. Croiset op. cit, IV, 498; pour la seconde, WiLAMOWiTz-MoELLENDORFF Anstoteles uYid Atheti II, 30, ap. Gomperz op* dt. 441, 1 [442].