Cf. Teighmdeller Stud^ z. Gesch, d. Begr
des démons dans le développement continu de sa philosophie. Ce n'était pas la première fois, on le sait, que la philosophie, avec les Pythagoriciens, avec Heraclite, avec Empédocle, avec Démpcrite lui-même, utilisait la croyance populaire à Texistence des démons, telle qu'on la trouve dans Homère, ou dans Hésiode, et dans les écrits orphiques***. C'est d'ailleurs pareillement aux croyances vulgaires, telles, par exemple, qu'il les rappelle d9,ns V Apologie (27 C-E), ou bien à l'autorité des poètes, et notamment d'Hésiode (Crae. 397 E-398 C), que Platon lie ses conceptions sur les démons *^*. — Au reste, quoi qu'il en soit de l'origine de cette
151. Voir HiLD Les démons dam la littérature et dans la religion des Grecs (1881). La question des démons dans Homère, dans Hésiode, dans rorpfaîsme y est traitée d^une façon très intéressante. Mais Texposé de la démonologie platonicienne peut sembler un peu sommaire. Les textes de Rep. X, 617 E, 620 D et de Ttm. 90 A justifient assez bien la distinction établie entre deux sortes de démons, Tâme et le démQU tutélaire. — On trouvera aussi un bon exposé de la démonologie, avant et après Xénocrate, dans R. Hginze Xenokrates 83 sqq. (démonologie platonicienne 92-94). — Sur le rôle des croyances populaires, cf. Zeller I*, 425 [tr. fr. t, 434], 838, 2 [II, 353, 2]; Rivaud op, cit. 67; R. Heikze op. cit. 84 sq. Sur la théorie des démons dans le Pythagorisme primitif, voir Zeller I^, 424 [tr. fr. I, 432 sqq.]; R. Heinze Xenokr. 87; chez Heraclite, Zeller 648, 4 ; 649, 1, 2 [II, 171, 4; 172, 1, 2]; R. Heinze 87 sq. ; chez Empédocle, Zeller 736; 729, 3; 696, 1 fin [II, 254; 248, 1; 216, 1]; R. HEiffZE 86 sq. ; chez Démocrite, qui rattachait sa démonologie à la théorie des eifScoXa, Zejller 836-838 [II, 351-353] ; R. Heinze 88 sq.
152. Bien qu*on puisse rappeler des traditions orphiques, d'après les« quelles les démons seraient des médiateurs entre les hommes et les dieux (cf. HiLD op. cit. 123 sqq. ; contre cette interprétation R. Heinzb 85 sq.), bien que nous ayons conservé un vers soi-disant orphique (Muulagh Vragm. 1, 186, L), où Tamour est précisément appelé dafpuuv, — il n^y a pas lieu, je crois, de s^arrèter à Tassertion de Proglds (A/ci6. 1, XX dans Initia theol. de Greuzer I, 64 sq., 66 sq.), que Platon aurait emprunté à Orphée, ou même à TOrphisme en général, sa théorie des démons. U semble bien du moins que le rôle d'Eros dans la théogonie hésîodique n'était pas absent de la pensée de Platon, lorsqu'il écrivait le Banquet, puisqu'il met dans la bouche de Phèdre (178 B) les vers d'Hésiode sur la naissance de l'Amour. En somme, il se peut que, sur ce point, Plutarque nous donne la vraie formule, quand il dit d'une façon générale que Platon, Xénocrate, Ghrysippe, auxquels il joint Pylhagore, ne faisaient, dans