‹ Théorie rationnelle du mouvement mélodique des sonsChapitre 18 sur 41 · I I I I I I III · texte numérisé non relu

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Mi Di F

§4 Fondamentale, médiante, dominante — Stabilité et instabilité.

Les trois sons qui composent les accords parfaits majeurs ou mineurs portent les noms de :

Fondamentale, pour le son F , dans un accord comme dans l’autre ; Dominante, pour le son /);

Médiante, pour le son M.

On constate sur les figures (117) et (118) que les groupements de la troisième ligne comportent une concentration sur la fondamentale de l’accord. C’est un état instable. La dominante est alors à la base.

Les groupements de la quatrième ligne comportent un dédoublement à partir de la dominante. C’est un état stable et l’un des deux sons marque son

arrêt, en cadence sur la fondamentale.

Enfin les groupements formés par la première ligne divergent de la médiante, pour la figure (117), et convergent sur cette médiante pour la figure (118). Ces mouvements convergents et divergents s’opèrent en vertu des

empreintes 5, les directions en sont moins accusées que celles qui résultent des cadences. Nous désignons ces états de l’accord sous le nom d’état neutre.

Ainsi, un accord comporte trois états :

1° Etat neutre, fondamentale à la base

2° Etat stable, médiante à la base

MDF

3° Etat instable, dominante à la base

§5. — Changements de position.

Considérant un quelconque des trois états d’un accord, on dit qu’on en change la position quand on reporte le son intermédiaire au-dessus du son élevé, en le montant d’une octave.

Exemple : Etat neutre F M D

Changement de position F D M x

Dans ce changement, le son intermédiaire se trouve implicitement maintenu, puisqu’il forme un son implicite du son M 1 transposé. L’état de stabilité ou d’instabilité ne se trouve donc pas altéré.

Mais si les changements de position ne modifient guère la stabilité ou l’instabilité, ils peuvent modifier l’état de consonnance; nous en parlerons plus tard, il ne faut pas confondre cette notion avec celle de stabilité.

§6. — Chute et volte — Chute partielle et élidée.

L’introduction du nombre 5 parmi les groupements (pie nous avons étudiés attribue une existence définitive à l’intervalle original primaire (- 7 —) cpie nous avons appelé tierce majeure. Le sens du parcours direct de cette tierce majeure est en descendant (- 5 -)- Nous disons qu’un son fait une chute quand il parcourt une tierce majeure en descendant. Nous disons de même qu’il fait une volte quand il le parcourt en montant. Les mots chute et volte sont donc l’analogue des mots cadence et évolution, les premiers s’appliquent à l’intervalle de tierce majeure et les seconds aux intervalles de quinte ou de quarte. Il y a une différence essentielle entre les mouvements de chute et de cadence; ceux-ci peuvent s’effectuer dans les deux sens, aussi bien en montant qu’en descendant, puisqu’il y a la quarte pour former la cadence montante et la quinte pour former la cadence descendante. Les mouvements de chute ne peuvent se faire que dans un seul sens seulement, en descendant. Il n’y a pas lieu de donner des noms spéciaux aux sons qui forment l’intervalle de chute. Nous nous bornerons à dire que le son grave d’une tierce majeure peut être désigné sous le nom de repos de chute et le son élevé sous celui de réplique de chute. Le mouvement de volte va du repos à la réplique, c’est un mouvement indirect.

Dans l’accord majeur, la médiante est la réplique de chute de la fondamentale. Dans l’accord mineur, la médiante est le repos de chute de la dominante.

Lorsque nous avons envisagé l'intervalle de cadence, nous avons été amené à considérer ce que nous avons appelé les cadences partielles, au moyen d’intervalles différentiels primaires en plaçant au dénominateur le facteur 3. Ces intervalles étaient :

en descendant

en montant

On peut essayer de suivre ici le même ordre d’idées. Les intervalles différentiels primaires qui comportent le facteur 5 au dénominateur sont : (- 5 —)

et ("Ï3~ )'

Le premier de ces intervalles ne peut pas être considéré comme donnant lieu, à proprement parler, à une chute partielle, car, pour conserver le chiffre 5 au dénominateur, il faut parcourir l’intervalle en montant, alors que la chute se lait en descendant. L’intervalle (-|-) doit donc être considéré, à l’égard du chiffre 5 , comme un intervalle associé à la tierce majeure pour coopérer aux dédoublements ou aux concentrations (45 A P M ou (48) A P m. Cet intervalle

a été appelé tierce mineure. A l’égard du nombre 5 il est parcouru directement en montant.

Le second intervalle (—) forme au contraire une véritable chute partielle, puisque le mouvement se fait en descendant.

La chute élidée sera formée par le mouvement d’un son qui sera mu, par des attractions, en prenant pour pivot la réplique de chute. Le son qui donne la chute élidée doit partir d’une réplique de la réplique de chute, pour aboutir par attraction au repos de chute.

Considérons un pivot P , figure (119). que nous considérons comme la réplique de chute, et mettons en évidence les diverses répliques du pivot, en # 3 , /?ô, Rt, Rq. Plaçons sur une seconde ligne, en 5, un son qui figurera le repos de chute, à une tierce majeure au-dessous de P.

Ri

Quelles sont les répliques du pivot P qui peuvent aboutir au son S au

moyen d’attractions ? Un simple aperçu permet de voir que ce sont seulement celles qui correspondent aux lettres R 3 et Rt.

Le son Rj forme avec le pivot l’intervalle (- 7 -)- L’attraction principale décroissante de cet intervalle donne :

mouvement

Le son /? 7 forme avec le pivot l'intervalle (-£-) qui peut passer à (^r) conformément au calcul suivant :

mouvement

Nous pouvons considérer, en vertu du pivot P, que les sons R 3 et Ri, séparés entre eux par l’intervalle (-£-), effectuent un mouvement de concentration sur le repos de chute S. Cette concentration remplacera celle qui, dans le tableau (48) prolongé, aurait été donnée par la série des nombres

série qu’on n’a pu utiliser puisqu’il y figure le nombre 13 qui doit être exclu.

Ici se place une observation importante: Nous avons déjà considéré la concentration de deux sons séparés par un intervalle (-jr), au chapitre VII, § 11. Dans ce cas la concentration se faisait, non pas comme ici sur le repos de chute du pivot, mais sur le son marquant cadence partielle du pivot. La concentration du chapitre VII § 11 marquait donc une cadence, tandis qu’ici elle marque une chute. Celte distinction entre les deux cas a une importance extrême, ce sera une des caractéristiques les plus importantes des modes.

On peut associer les mouvements de chute élidée à ceux de cadence élidée, de la manière suivante :

Soit un pivot P et sa réplique # 3 , sur une première ligne de la figure (120 . Plaçons sur une seconde ligne le repos de chute du pivot P, soit S ce repos. Marquons en F le son fondamental d\me cadence dont P serait la dominante;

le son H 3 passe à F en vertu d’une cadence élidée, il passe à S en vertu d’une chute élidée ; le son /? 3 se dédouble donc pour former l’intervalle (- 5 -) entre

les sons F et S.

Le son monte de (-!§- ) et descend de (-|“)« Ce dédoublement remplace celui qui résulterait du tableau (45) prolongé jusqu’aux nombres :

nombres qu’on ne peut utiliser à cause de la présence de 11 qui doit être exclu.

Cette concentration, qui marque à la fois une cadence et une chute partielles, sera caractéristique du mode mineur.

§ 7 . — Caractères distinctifs des accords majeurs et mineurs.

Les accords parfaits majeurs et mineurs sont caractérisés par la position des intervalles originaux qui les composent. Ils comprennent tous deux l’intervalle de cadence et l’intervalle de chute. Dans l’accord majeur, le repos de

chute et le repos de cadence se confondent en un son unique sur la fondamentale ; la dominante et la réplique de chute formée par la médiante, sont constituées par deux sons différents. Dans l’accord mineur, c’est au contraire la dominante et la réplique de chute qui sont confondues en un son unique, tandis que le repos de chute, formé par la médiante, est différent de la fondamentale, c’est-à-dire du repos de cadence :

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