CHAPITRE II
Nous avons vu dans le chapitre précédent que la sensation de la vue est produite par Faction d’ondes infiniment petites sur la substance nerveuse de la rétine, c’est-à-dire à l’aide de mouvements purement mécaniques d’un caractère bien défini. Lorsque ces ondes
ont une longueur d’environ
de millimètre, elles produisent
la
sensation à laquelle nous donnons le nom de rouge : nous voyons
une lumière rouge; si elles sont réduites à environ de milli-
mètre, elles * déterminent en nous une sensation différente : nous disons que la lumière a une teinte orangée ; enfin, à mesure que les longueurs des ondes diminuent, la sensation devient successivement celle du jaune, du vert, du bleu et du violet. Evidemment alors, les couleurs n’ont aucune existence par elles-mêmes et en dehors de nous ; du moins, en dehors de nous ce ne sont que de purs mouvements mécaniques, et il n’est pas difficile de nous imaginer des êtres constitués de telle sorte que les ondes lumineuses ne puissent produire sur eux la sensation de couleur, mais bien celle de chaleur.
Les sensations de couleur que nous venons de nommer ne sont pas les seules que puisse produire la diminution graduelle de la longueur des ondes lumineuses : entre le rouge et l’orangé, nous trouvons tous les degrés du rouge orangé et de l’orangé rouge ; de même, l’orangé se transforme en jaune par mille gradations insensibles, et ainsi de suite pour toutes les autres teintes. On pourrait produire par cette méthode des types de toutes les couleurs possibles, sauf le pourpre. Non seulement les couleurs ainsi obtenues se transformeraient les unes en les autres en passant par les gradations les plus impercep-