LUMINOSITÉS REPRÉSENTÉES PAR DES POIDS
préparer des couleurs qui convinssent à la production même d’une seule des cartes de la série, car il serait indispensable qu’elles fussent exactes sous le triple rapport de la teinte, de la luminosité et de l’absence de lumière blanche.
Il y a encore d’autres objections à ce système tel que nous venons de le présenter. Il ne nous fournit aucun moyen de donner aux couleurs une place rationnelle sur la circonférence du cercle; nous ne savons si le jaune doit être placé à 90° du rouge ou à une autre distance ; il en est de même de la répartition angulaire de toutes les autres couleurs; ce système ne nous apprend rien sur ce point. Il ne nous apprend rien non plus sur les effets que produit le mélange de couleurs qui ne sont pas complémentaires.
Il existe une autre manière d’aborder ce problème ; elle est devenue fort en faveur et offre certains avantages à celui qui étudie les couleurs. Supposons que l’on place en R (fîg. 97) du rouge d'une certaine luminosité, et en Y du vert de la même luminosité ; alors sur
Fig. 97. — Sur la ligne RV nous pouvons disposer tous les mélanges de rouge et de vertT La figure représente le cas d’un mélange de parties égales de rouge et de vert. Le point d’appui (point de mélange) doit se trouver au milieu de RV.
Fig. 98. — Un mélange de parties égales de rouge et de vert donne du jaune; la position de ce jaune sur la ligne VR est en J.
la ligne RY nous pouvons disposer ou imaginer que nous disposions tous les mélanges possibles de ces deux couleurs. Pour le faire, nous supposons en R et en Y certains poids correspondant aux luminosités des deux couleurs (ou aux quantités que nous employons dans un cas donné), et alors nous procédons comme s’il s’agissait d’un problème de mécanique. Prenons un exemple pour mieux fixer les idées : supposons que la luminosité du rouge et celle du vert soient 10; nous mêlons ensemble 5 parties de rouge et 5 de vert, et nous obtenons du jaune; la position de ce jaune sera en J (fig. 98), à égale distance de R et de Y. Nous plaçons le jaune en J, parce que, si nous voulons que 5 parties de rouge fassent équilibre à 5 de vert, le point d’appui doit être au milieu de la ligne PtV. Nous avons donc déterminé d’une
manière exacte sur la ligne RY la position du jaune produit par le mélange de parties égales de rouge et de vert. Ce jaune, qui résulte du mélange de 5 parties de rouge avec o de vert, aura aussi la même luminosité que le rouge ou le vert qui en sont les éléments. Si nous mélangeons ensemble 7 parties de rouge et 3 de vert, la position du mélange sera en O (fig. 99). Si nous partageons la ligne RV en dix parties égales, alors la distance de O à R sera 3 de ces parties, et celle de O à V sera de 7 parties, parce que c’est seulement ainsi qu’il peut y avoir équilibre. D’une manière générale, il y aura toujours équilibre lorsque le poids de R multiplié par la distance OR sera égal au poids de Y multiplié par la distance YO. Dans ce dernier cas, le mélange au point O sera orangé et aura une luminosité identique à celle des éléments vert et rouge. Nous pouvons continuer de même, remplissant la ligne RV de tous les mélanges possibles de rouge et de
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Fig. 99: — Sept parties de rouge sont mélangées avec trois de vert; le mélange est orangé, et situé en O sur la ligne RV.
vert. Or c’est là un procédé qui peut être réellement appliqué. Nous pouvons prendre pour notre rouge un disque vermillon, puis choisir pour vert un disque dont la couleur ait, autant que possible, la même luminosité, et la méthode de rotation nous permettra de produire toutes les teintes que nous venons d’indiquer. Nous pouvons copier ces teintes et disposer les copies le long de la ligne RV ; ou bien, si nous ne voulons pas nous donner cette peine, nous pouvons du moins toujours reproduire à volonté, au moyen du disque rouge et du disque vert, n’importe laquelle des teintes qui appartiennent à la ligne RY. Cette explication va servir à faire comprendre l’idée fondamentale sur laquelle repose le diagramme des couleurs de Newton et de Maxwell.
Jusqu’ici, nous ne nous sommes servi que de deux couleurs, le rouge et le vert, et nous avons pu, en les mélangeant en diverses proportions, obtenir différentes teintes d’orangé, de jaune et de jaune verdâtre. Si nous voulons avoir les autres couleurs, le bleu, le violet et le pourpre, ainsi que les mélanges de toutes les couleurs avec le blanc, il faut opérer sur trois couleurs au lieu de deux. Maxwell avait choisi le vermillon, le vert émeraude et le bleu d’outremer, parce que, d’après lui, ces trois couleurs représentent à peu près les trois