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COMBINAISONS DE COULEURS COMPLÉMENTAIRES

combinaison avec l’outremer artificiel, qui est plus voisin, est médiocre, et celle avec le violet décidément mauvaise. Mais il ne s’ensuit pas que les couleurs les plus éloignées l’une de l’autre sur le diagramme donnent toujours les meilleures combinaisons; autrement, les meilleures combinaisons seraient tout simplement les couples complémentaires, qui sont évidemment les couleurs les plus éloignées entre elles, puisqu’elles sont situées aux extrémités d’un même diamètre. Au contraire, quelques-unes des couleurs complémentaires donnent une combinaison fort dure par excès de contraste : tels sont le rouge et son complément le bleu vert, et aussi le pourpre avec son complément le vert. Selon Briicke, ces deux couples complémentaires sont de tous les moins employés dans les arts, parce que leur effet est d’une dureté extrême. Partageons en deux le diagramme de la figure 131, en menant une ligne droite du vert jaunâtre au violet; la moitié gauche contiendra les couleurs chaudes, et la droite les couleurs froides. Gela fait, nous remarquerons que le rouge et le bleu vert, ou le pourpre et le vert, sont à la fois complémentaires et situés dans la région du maximum de chaleur et de froid; cette double raison rend le contraste excessif et la combinaison dure. D’après la même autorité, les couleurs complémentaires les plus employées sont l’outremer et le jaune, le bleu et le jaune orangé, ou le bleu cyané et l’orangé ; ensuite viennent le violet et le jaune verdâtre. Dans ces différents cas, les couples complémentaires sont situés à une certaine distance dès centres de chaleur et de froid, puisqu’ils sont ou sur la ligne de séparation ou dans le voisinage de cette ligne, ce qui empêche le contraste excessif et la dureté que nous reprochons aux cas précédemment cités. Faisons observer ici que les couleurs qui sont vraiment complémentaires donnent souvent de meilleurs effets que celles qui ne font qu’approcher de cet état; le vermillon et le minium, avec leurs compléments le bleu vert et le bleu verdâtre, ne présentent pas des combinaisons aussi désagréables que celles qu’on obtient en remplaçant par le vert la nuance réellement complémentaire.

Les couleurs complémentaires sont précieuses pour un peintre qui est obligé de se servir de couleurs foncées, ternes ou pâles, et qui veut néanmoins obtenir un effet énergique ou brillant. L’aspect terne, ou pâle ou grisâtre des couleurs ne leur permet guère de paraître dures, et, comme elles sont complémentaires, l’éclat des teintes ne peut avoir à souffrir d’un contraste défavorable. En général, plus nous descendons en nous rapprochant du noir, du brun ou du

COMBINAISONS DES COULEURS

gris, plus nous pouvons employer librement les couleurs complémentaires sans craindre les effets trop durs; même les couples que nous dénoncions tout à l’heure, rouge et bleu vert, pourpre et vert, lorsqu’ils sont assez foncés, deviennent agréables.

Nous avons dit plus haut que dans les combinaisons agréables les couleurs sont toujours fort éloignées sur le cercle chromatique. Toutefois cette règle n’exclut pas la classe de combinaisons dont nous avons parlé dans le chapitre XYI, où nous avons fait voir que deux couleurs quelconques peu différentes produisent un effet plus ou moins agréable ; il s’agit là du petit intervalle , dont nous ne nous occupons pas en ce moment.

Or, bien que dans les bonnes combinaisons les couleurs soient assez éloignées sur le cercle chromatique, il ne s’ensuit pas que toutes les couleurs éloignées fassent de bonnes combinaisons. Toutes les fois que le vert, le vert émeraude ou le vert bleuâtre entre dans une combinaison, elle est dure, si le vert est bien franc ou couvre un grand espace. L’énorme difficulté de l’emploi du vert tranché ou du vert bleuâtre est bien connue de tous les peintres, et beaucoup d’entre eux évitent autant que possible de s’en servir. La présence dans un tableau d’une quantité fort raisonnable d’une couleur qui approche du vert bleuâtre ou du vert émeraude, excite un sentiment d’aversion chez presque tout le monde, et fait paraître froide et dure — et même très froide et très dure — une œuvre bonne sous tous les autres rapports. D’ailleurs la plupart des peintres semblent être d’avis que la couleur appelée vert émeraude est plus intense et plus saturée qu’aucune autre de celles qu’ils emploient. A un point de vue purement optique, ceci semble à peine exact; le vert émeraude réfléchit plus de lumière blanche mêlée à ses rayons colorés que le vermillon, et sa luminosité n’est pas hors de proportion avec celle du vermillon ou du bleu d’outremer, si nous adoptons pour types les luminosités des couleurs correspondantes du spectre. C’est donc ailleurs qu’il nous faut chercher la raison de l’énergie peu ordinaire de son action. Pour notre part, nous sommes disposé à attribuer cette intolérance bien connue de tous les verts francs à ce que la lumière verte épuise les forces nerveuses de l’œil plus vite que la lumière de toute autre couleur. Cet épuisement est prouvé par le fait que les images secondaires ou couleurs accidentelles sont plus vives avec le vert qu’avec les autres couleurs jvoy. le chapitre VIII). Or, comme règle générale, les sensations trèsfortes déplaisent lorsqu’elles sont réparties avec une certaine fréquence

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