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DE L’EMPLOI DES COULEURS POUR LA PEINTURE ET LA DÉCORATION

La perception des couleurs n’est pas une des facultés les plus indispensables de notre race ; quand même nous en serions privés, nous pourrions encore non seulement exister , mais même arriver à un haut degré de culture intellectuelle et esthétique. Des yeux qui ne pourraient percevoir que la lumière et l’ombre seraient presque toujours suffisants dans la pratique, et nous révéleraient encore dans l’univers matériel un degré de beauté qui dépasserait de beaucoup notre faculté perceptive. « Mais nous avons reçu en outre un don de plus, une faculté qui n’est pas indispensable et que nous pourrions appeler un bonheur véritable, dans la faculté de percevoir les couleurs •et d’en jouir L » Il n’est pas juste de dire que sans ce don la nature nous aurait paru froide et nue ; mais sans lui nous aurions perdu le plaisir que procure la multitude si variée des sensations douces et agréables auxquelles les couleurs et leurs combinaisons donnent naissance ; la draperie magique dont elles revêtent le monde visible serait remplacée uniquement par les gradations plus simples et plus logiques de la lumière et de l’ombre. L’amour des couleurs fait partie de notre nature tout aussi bien que celui de la musique ; il se développe de bonne heure dans notre enfance, et nous le trouvons chez les races sauvages ainsi que chez les races civilisées. L’amour des couleurs se manifeste et se fait sentir là où nous l’attendons le moins ; les plus profonds mathématiciens eux-mêmes ne se fatiguent jamais d’étudier les couleurs de la lumière polarisée, et il est certain que l’attrait •exercé par les couleurs n’a pas peu contribué à grossir le nombre des

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