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MATIÈRES COLORANTES EN POUDRE SÈCHE

c’est que le papier lui-même ne réfléchit qu’une faible proportion de la lumière qu’il reçoit. En examinant la question de plus près, nous reconnaissons aussi que le verre bleu réfléchit à sa surface une grande quantité de lumière blanche, laquelle, en se mêlant à la lumière ; colorée, contribue à la pâlir. Si maintenant nous réduisons un peu de ce verre bleu en poudre très fine, nous obtenons la matière colorante connue sous le nom de smalt , et, après l’avoir mélangée d’eau, nous pouvons en passer une couche mince sur notre papier blanc. Quand cette couche est sèche, le papier se trouve coloré en bleu, mais cette teinte n’est ni si lumineuse ni si intense que celle de la lumière transmise directement par le verre lorsqu’on le tient devant une fenêtre. Cependant les deux teintes ont une origine semblable : la lumière blanche, après avoir traversé une couche de molécules bleues, arrive au papier, puis est renvoyée à l’œil en traversant une seconde fois cette même couche. Dans ces circonstances, un grand nombre de rayons colorés sont absorbés, et c’est une petite partie seulement des éléments du rayon primitif qui finit par arriver à l’œil. Dans la première expérience, où l’on mettait simplement le I verre bleu sur le papier blanc, il arrivait quelquefois que la lumière blanche réfléchie régulièrement sur la face antérieure du verre se mêlait à la lumière coloré et la rendait plus pâle ; mais il était tou- , jours possible de faire en sorte que ce mélange nuisible n’eût pas lieu. Dans l’expérience où l’on étend la poudre bleue sur le papier, ceci est impossible, car les surfaces des molécules bleues présentent toutes les inclinaisons possibles, et, de quelque façon que l’on tienne le papier, il réfléchira immanquablement une grande quantité de lumière blanche avec sa lumière colorée. Ainsi, lorsque nous étendons sur un papier blanc des matières colorantes à l’état de poudre sèche, nous devons nous attendre à ce qu’elles ne renvoient à l’œil qu’une quantité modique de lumière colorée, qui sera rendue assez pâle par son mélange avec la lumière blanche.

Ces faits se démontrent sans peine avec le secours d’un petit spectroscope à main ; lorsque nous dirigeons l'instrument vers notre papier bleu, nous constatons la présence d’une quantité considérable de toutes les couleurs du spectre : donc le papier doit réfléchir de la lumière blanche; nous remarquons aussi que les rayons rouges, jaunes, orangés et verts s’y trouvent en moins grande quantité que dans le spectre ordinaire donné par un prisme : donc la courbe du papier de smalt est de la forme que représente la figure 24. Lors-

qu’on examine au spectroscope la lumière colorée réfléchie par les surfaces peintes, il y a avantage à mettre côte à côte avec la bande de papier coloré que l’on étudie deux autres bandes, l’une blanche et l’autre noire. Nous avons reconnu qu’un papier coloré en noir terne avec du noir de fumée délayé dans juste assez de vernis à l’essence pour le faire adhérer, sans qu’il y en ait assez pour lui

donner le moindre luisant, réfléchit les de la quantité de lumière

que réfléchit le papier blanc. Par conséquent, si nous représentons par 100 la luminosité du papier blanc, celle du papier noir terne sera 6. Or une bande de ce papier noir, mise devant la fente du spectroscope, se comporte comme un papier blanc faiblement éclairé, et par conséquent fournit un spectre complet, quoique peu lumineux.

Par conséquent, en employant une bande noire et blanche en même temps que la bande peinte, nous pouvons constater plusieurs faits qu’un exemple fera mieux comprendre. Prenons d’abord du vermillon en poudre sèche, et recherchons-en les propriétés optiques de cette façon. Nous reconnaissons que le rouge de son spectre est à peu près aussi puissant que le rouge du spectre du papier blanc, et que les I autres couleurs, bien qu’elles y soient toutes, ne sont guère plus fortes que celles du papier noir. C’est là tout ce que nous pouvons demander à une matière colorante quelconque : elle renvoie à l’œil une proportion raisonnable des rayons qu’elle doit réfléchir, et ces rayons ne contiennent pas plus de lumière blanche que n’en réfléchit un papier noir mat. Soumis à la même épreuve, le vert émeraude se montre sensiblement inférieur au vermillon : à l’état de poudre sèche, il donne un espace vert brillant, mais moins brillant que celui qui vient du papier blanc; les autres couleurs ont à peu près le même degré de

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