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COULEURS DES TISSUS

contient ordinairement plus de lumière blanche que quand nous nous servons d’un verre coloré ; en outre, elle est moins lumineuse que la lumière donnée par le verre coloré. L’éclairage de l’intérieur de nos maisons n’est pas très vif, de sorte qu’au point de vue pratique celui qui peint à l’huile ou à l’aquarelle ne dispose que d’une échelle lumineuse peu étendue; en réalité, les circonstances le forcent à se servir de moyens tout à fait insuffisants : de là vient le soin extraordinaire avec lequel le peintre ménage ses ressources en fait de lumière et d’ombre, ainsi que ses efforts constants pour arriver à la perfection | et à la décision dans le coloris. Les couleurs sales et troubles se i reconnaissent immédiatement avec un éclairage faible, même lorsqu’elles ont échappé à l’attention sous les rayons éclatants du soleil. Il n’est guère de surface qui ne semble belle lorsqu’elle est exposée à une lumière brillante; l’œil est ébloui, et ne découvre pas des défauts que la lumière plus faible d’une galerie de tableaux dénonce immédiatement à l’observateur.

Les couleurs que présentent les tissus sont dues à l’absorption, comme celles du verre coloré. Pour les tissus de soie et de laine, la teinture pénètre complètement les fibres, de sorte qu’au microscope elles présentent à peu près le même aspect que des fils fins de verre coloré. Lorsque de la lumière blanche tombe sur un faisceau de ces libres colorées, une partie de la lumière se réfléchit sans se colorer à la surface des fibres extérieures, tandis qu’une autre partie de cette lumière pénètre jusqu’aux surfaces postérieures de ces mêmes fibres, et là se subdivise encore; quelques rayons pénètrent encore plus profondément dans le faisceau, tandis que les autres, revenant à la surface supérieure, en ressortent colorés. Cette action se répète dans toute la profondeur du tissu, et il en résulte qu’une grande quantité de lumière fortement colorée est renvoyée à l’œil, mêlée avec une partie de lumière plus faiblement colorée, laquelle provient des couches supérieures; enfin il y a encore une petite portion de lumière tout à fait blanche. On verra que le pouvoir réflecteur des fibres est un élément important dans cette action, car toute la lumière colorée qui arrive à l’œil y est envoyée par réflexion. Si nous prenons des tissus semblables de soie et de laine, nous pourrons comparer directement le lustre ou le pouvoir réflecteur des deux espèces de fibres, en nous servant d’une lentille dont le grossissement est de 10 à 15 diamètres. Un cocon de soie et un morceau de feutre blanc sont très commodes pour cette expérience, et, quand on les regarde au

microscope, on voit clairement que le lustre naturel de la soie est bien supérieur à celui de la laine. Si l’on compare de cette façon du feutre et de la ouate blanche, on verra que la laine a un lustre supérieur à celui du cotoii, et que ce dernier semble d’un blanc presque mat et sans éclat. Il en résulte que la lumière colorée réfléchie par la soie est plus saturée ou plus intense, et semble plus riche que celle réfléchie par la laine. On peut aussi disposer les fibres de soie en faisceaux droits, parallèles, compacts, ce qui leur permet de réfléchir la lumière blanche dans des directions bien définies, tandis que les tissus de laine réfléchissent la lumière également bien dans toutes les directions. Par suite, un tissu de soie peut, suivant le cas, présenter une couleur riche et saturée presque exempte de lumière blanche, ou réfléchir une grande quantité de lumière blanche et montrer une couleur pâle. Ces jeux de lumière sont d’un très bel aspect, et font paraître terne et sans effet l’apparence que présentent les tissus de laine. D’un autre côté, la transparence des fibres de laine teinte, plus grande que celle des fibres de coton, donne aux couleurs de la première substance un certain air de richesse et de saturation, et fait paraître les teintes du coton un peu opaques.

Avec le velours , il s’agit de supprimer toute la lumière qui vient de la surface, et de ne montrer que les rayons qui ont pénétré profondément entre les fibres et sont devenus très colorés. On y arrive en présentant à la lumière une surface entièrement composée des extrémités des fibres, et n’ayant par conséquent que peu ou point de pouvoir réflecteur. Les rayons pénètrent alors entre les fibres ainsi placées debout , et , après avoir circulé entre elles, finissent par revenir en petite quantité à la surface, à l’état de lumière richement colorée, qui produit tout son effet sans être diminuée par le moindre mélange de lumière blanche venue de la surface. Avec du velours de soie, on atteint presque toujours le résultat désiré : les couleurs sont riches, et l’examen à la lentille montre que presque aucune des fibres ne réfléchit de lumière blanche, même lorsqu’on lient le tissu dans des positions défavorables. Si l’on examine de la même façon du velours de coton avec une lentille, on reconnaîtra que ce velours réfléchit une quantité notable de lumière de la surface, particulièrement lorsqu’il n’est plus tout à fait neuf ; en même temps, la surface présente un aspect brisé et rude, bien différent de celui de son rival plus aristocratique.

Il semble que de nos jours on dispose réellement pour les tissus

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