MÉLANGE DE LUMIÈRE BLEUE ET DE LUMIÈRE JAUNE
maintenant on fait tourner très rapidement le disque composé, les deux sortes de lumière colorée se mélangeront, et l’on pourra étudier la teinte qui en résultera. Ce ne sera pas du vert, mais Lien un gris jaunâtre ou rougeâtre, suivant les proportions des deux couleurs mélangées. Ces disques de Maxwell sont disposés d’une manière ingénieuse, de manière à permettre à l’expérimentateur de mélanger les deux couleurs en toute proportion; mais, de quelque manière que nous fassions varier ces proportions, il est impossible d’obtenir pour résultante une teinte verte, ni même rien qui en approche. Il y a une autre manière de faire cette expérience : c’est simplement de prendre un morceau de verre à vitre de bonne qualité, comme l’ont fait Lambert et Helmholtz. La figure 39 représente le petit appareil
Fig. 39. — Appareil de Lambert pour le mélange de la lumière colorée.
dont ils se sont servis. Le verre est soutenu dans une position verticale à environ 25 centimètres au-dessus d’une planchette peinte en noir, et les papiers colorés se trouvent chacun d’un côté du verre. L’opérateur regarde directement le papier bleu à travers le verre, et voit indirectement et par réflexion sur le verre la lumière partie du papier jaune. Il voit donc les deux images superposées, comme l’indique la figure 40. On peut toujours faire varier à volonté la luminosité ou l’éclat relatif des deux images : par exemple, en éloignant les
deux papiers l’un de l’autre, on fera prédominer le bleu, et, en les rapprochant, on produira l’effet inverse. De cette façon, on pourra faire passer la teinte résultante par un grand nombre de nuances, et ces nuances seront tout à fait d’accord avec celles qu’on a obtenues avec les deux disques circulaires; quant au vert, il ne se montrera pas plus que précédemment. Helmholtz a étudié cette question encore
Fig. 40. — Résultat donné par l’appareil de Lambert.
plus à fond, et a examiné les teintes que l’on obtient en combinant ensemble les couleurs pures du spectre. L’expérience suivante, qui est facile à faire, pourra nous donner une idée de la manière de procéder en pareil cas. On prend un écran de carton noirci, dans lequel on a pratiqué deux fentes étroites, disposées comme le représente la figure 41. Par ces deux fentes on fait arriver la lumière
Fig. 41. — Deux fentes disposées de manière à mélanger deux spectres.
qui entre par une fenêtre, de manière qu’elle tombe sur un prisme de verre que l’opérateur tient juste devant son œil, et à environ un mètre des fentes. Chaque fente fournit naturellement un spectre prismatique, et, par suite de la disposition des fentes, les deux spectres empiètent l’un sur l’autre, comme l’indique la figure 42, qui représente l’espace rouge d’un des spectres tombant sur l’espace vert de l’autre. En éloignant ou en rapprochant les fentes l’une de Pautre, on