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LES TROIS COULEURS FONDAMENTALES

I à l’action de la lumière verte, le sont moins à celle du jaune et du bleu, et le sont moins encore à celle du rouge et du violet. Les nerfs de la troisième espèce subissent facilement l’influence de la lumière violette, et se laissent de moins en moins influencer par les autres espèces de lumière, dans l’ordre suivant : bleu, vert, jaune, orangé,

I rouge. Le second point de la théorie de Young, c’est que, si l’on stimule à la fois avec à peu près la même énergie les trois catégories de nerfs, on obtiendra la sensation à laquelle nous donnons le nom de blanc. Tels sont les points principaux de la théorie de Young, qui a été publiée en 1802, et développée par son auteur en 1807. Helmholtz a, depuis quelques années, appelé l’attention sur cette théorie, et c’est surtout grâce à ses travaux et à ceux de Maxwell qu’elle est maintenant remise en lumière. Avant de discuter les preuves sur lesquelles elle s’appuie et les conséquences qu’on en peut tirer, il

Iest. bon de se rappeler, comme Helmholtz le fait observer, que le choix de ces couleurs particulières, rouge, vert et violet, est un peu arbitraire, et que l’on pourrait choisir trois couleurs quelconques, pourvu que, mélangées ensemble, elles donnassent de la lumière blanche. Cependant, si les couleurs des extrémités et du milieu du spectre (rouge, violet et vert) ne sont pas choisies, alors l’une des trois devra avoir deux maxima, l’un dans le rouge et l’autre dans le violet; c’est là une hypothèse plus compliquée, mais qui n’est pas inadmissible. La seule méthode connue pour décider la question, c’est l’examen de daltoniens. Dans le chapitre précédent, nous avons fait voir que la variété la plus ordinaire de cette affection est celle qui porte sur le rouge , fait qui signale cette couleur comme étant une des trois sensations fondamentales. Mais, si nous adoptons le rouge pour une de nos trois couleurs fondamentales, les deux autres seront nécessairement le vert et le violet ou le violet bleu. Le rouge, le jaune et le bleu, par exemple, ne donnent pas de la lumière blanche quand on les mélange ; jamais non plus ils ne peuvent fournir de vert. Le ! rouge, l’orangé et le bleu ou le violet ne formeraient pas davantage une triade fondamentale. Dans le chapitre précédent, nous avons également fait voir que le daltonisme du vert existe dans une certaine mesure, quoiqu’il soit bien plus rare que l’autre. Ainsi, jnsqu’à présent, l’étude du daltonisme a donné des preuves en faveur des idées de Young, et ses phénomènes semblent pouvoir s’expliquer par cette théorie.

Voyons maintenant comment la même théorie explique la produc-

tion des sensations des couleurs suivantes, qui ne sont pas fondamentales :

Rouge orangé. Jaune. Vert bleuâtre.

Orangé rouge. Jaune verdâtre. Bleu cyané.

Jaune orangé. Vert jaunâtre. Bleu d’outremer.

Commençons par le jaune : nous savons que, d’après la théorie qui nous occupe, il devrait être produit par la stimulation simultanée des nerfs du rouge et de ceux du vert ; par conséquent, si nous présentons ! en même temps à l’œil de la lumière rouge et de la lumière verte, la sensation produite devra être ce que nous appelons le jaune. La meilleure manière de faire l’expérience, c’est de mêler la lumière rouge et la lumière verte du spectre ; on arrive de cette façon à produire une teinte jaune satisfaisante. La méthode des disques tournants nous fournit, lorsque nous employons le vert émeraude et le vermillon, un jaune qui semble un peu terne pour deux raisons : la première, c’est que les matières colorantes que nous appelons jaunes, telles que le jaune de chrome ou la gomme gutte, sont, comme nous le montrerons plus loin, relativement plus brillantes et plus lumineuses : que n’importe quelle des couleurs rouges, vertes, bleues ou violettes, de sorte que ces jaunes brillants forment une classe tout à fait à part. Cette circonstance influe sur notre jugement, et, quand nous trouvons i le jaune donné par l’expérience bien moins brillant que le jaune de chrome, qui est en réalité un type exagéré, nous sommes désappointés. La seconde raison, c’est que la lumière verte stimule, comme nous l’avons déjà dit, les nerfs du violet, de même que ceux du vert, J d’où il suit que les trois séries de ïierfs entrent en action d’une manière très appréciable, et que la sensation du blanc vient se mêler à celle du jaune, ce qui rend ce dernier moins intense qu’il ne le ; serait sans cela. Lorsque nous mêlons ensemble le vert et le rouge du spectre, nous ne nous trouvons pas en présence d’un ty^pe inexact, et la seconde raison seule entre en jeu, et donne au jaune que nous I obtenons l’air d’être mélangé avec une certaine quantité de blanc. Le J regretté J.-J. Müller avait reconnu que la lumière verte mélangée à j toute autre lumière colorée du spectre en diminue la saturation, et produit le même effet que si l’on y avait ajouté en même temps de la 1 lumière blanche. C’est là ce que notre diagramme fondamental (fig. 43) nous indique en effet; et ce résultat est parfaitement d’accord avec la théorie de Young et de Helmholtz.

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