‹ Théorie scientifique des couleursChapitre 8 sur 218 · LES PEINTURES SUR VERRE SONT VUES PAR TRANSMISSION · texte numérisé non relu

LES PEINTURES SUR VERRE SONT VUES PAR TRANSMISSION

voyant, la lancent au dehors dans toutes les directions. Dans ce sens, l’on peut dire que tous les corps ont un certain degré de transparence. La lumière qui pénètre ainsi au delà de la surface des corps subit une certaine modification : ordinairement elle ne ressort que plus ou moins colorée. Il en résulte que, dans la plupart des cas, deux masses de lumière viennent frapper l’œil : l’une, qui s’est réfléchie à la surface, n’a pas changé de couleur; l’autre, qui n’est réfléchie qu’après avoir pénétré dans le corps , a subi une modification de teinte. Bien des effets remarquables de translucidité sont dus à ces causes et à d’autres absolument analogues; les jeux de couleur de la surface des vagues dépendent surtout de ces deux éléments, que nous retrouvons encore, mais à un degré moindre, dans la translucidité moins marquée du feuillage ou de la chair.

La première de ces ressources n’est d’aucune utilité au peintre : au contraire, il fait tous ses efforts pour empêcher la lumière réfléchie d’une manière plus ou moins régulière par la surface extrême de son tableau, d’arriver jusqu’à l’œil du spectateur, si ce n’est en très faible quantité, et ne se sert jamais que de la lumière qui est réfléchie d’une manière irrégulière et diffuse, et qui a, en généra], d’abord pénétré à une faible profondeur dans ses couleurs.

C’est le principe de la transmission directe de la lumière qui sert au peintre en vitraux et au peintre sur verre pour faire voir leurs tableaux. Or, comme le verre peint ou le verre coloré transmet énormément plus de lumière que les couleurs n’en réfléchissent dans une chambre convenablement éclairée, il s’ensuit que l’artiste qui se sert du verre dispose d’une gamme de lumière et d’ombre beaucoup plus étendue que celle du peintre à l’huile ou de l’aquarelliste. Aussi est-il possible de produire sur verre des tableaux qui, sous le rapport de la lumière, rivalisent presque avec la nature. La vivacité et la pureté des teintes que l’on peut ainsi obtenir par transmission directe, sont bien au-dessus de ce que peut donner la réflexion, et permettent au peintre sur verre de se servir avec succès de combinaisons de couleurs qui, privées de leur éclat et de leur vivacité par l’emploi de l'huile ou de la fresque, ne donneraient plus que de très mauvais résultats.

Page 1