‹ Théorie sociétaireChapitre 28 sur 39 · TE · texte numérisé non relu

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que de se défuter de sa faculté de puoir activement, et nMnfliger qu*iiii« peine passive , celle du désir on impulsion ; peine équitable en ce qu elle se proportionne dans tous les cas à la résls'» tance du rebelle, et qu'elle n'entremet aucun chAtiraent spécial , aucun effet de colère divine.

t La ténacité de l'Attraction, la permanenee de ses impulsions, est un mal léger au premier moment.

t On réussirait peut-être à s'étourdir «•» Itf privations, si on ne voyait pas l'objet désiré, si les richesses perfides n'étaient pas clalées partout aux yeux du malheureux pressé par le besoin. On voit toujours, aâna an village, un petit nombre de riches dont l'aspect irrite let désirs de la multitude, et la réduit au sort de Tantale. Ainsi l'attraction dégénère en supplice par des privalions longtemps prolongées, et ce mal-étre n'e^t point vengeance directe de la part de Dieu ; car les globes sont toujours libres de venir à résipiscence , de quitter les bannières de la philoiftphie, du travail morcelé et de la pauvreté, pour se. rallier. 4 U richesse, à la vérité, en organisant l'état sociétaire.

V Remarquons que le martyre d'Attraction pèse sur les riches comme sur les pauvres, et qu'on voit dans la classe riche dont le bonheur est envié, une foule de gens rongés d'ennuis et dévorés de désirs. >

Fourier cite, à ce sujet, le témoignage de madame de Mainte-* non, qui s'écrie en gémissant : Ne voyez-^vous pas que je meun de tristesse dans une fortune qu'on durait eu peine à imaginer, . . Je vous proteste que tous les ^lats laissent un vide affréu»^ une inquiétude^ une lassitude» une envie de connaître autre chose?.,,

i Tous les observateurs de l'homme ont déploré oe martyre d'Attraction, atra cura^ qui règne principalement chez les savants, tous confus du vide que leur laisse la scieAMN;! Théorie de l'Vnilé universelle t %^ édition, tome I, page 206. (Voyes plus loin la note 4, page 177.)

(\^ote3, page lis.)

Transition. — Ambigu,

Ce qui concerne les Transitions ou le genre ambigu est un des points les plus difficiles et les plus délicats de l'étude scientifique

\OTRS. 175

du MOUVRMRNT et de TuNiT^ UNIVBR6KUR. Fourîer 8*eBt borné, sur ce sujet, à donner des indications, à citer quelques exemples de cette modulation ambiguë que U nature tmploie partout pour servir de lien entre tes dilTérentes productions. « L'ambigu, dit-il, ou lien mixte, lien de transition, est un genre déshonoré par nos préjugés, et pourtant on ne peut pas former de série régulière sans y introduire aux deux extrême» des groupes d'ambigu et même de sous-ambi<|[l|i II fknt que la nature fasse grand cas de l'ambigu, pliisqu'eH# Fâ pmdigué dans toutes ses créations, comme on le voit, par les amphibies : l'orang-outang, le poisson volant, la chauve-souris, l'anguille et tant d'autfvt. 9 (Nouveau Monde ^ pitges 75, 76.)

• L'ambigu, fait encore observer Fourier, ne doit pas être confondu avec 1*0 neutre : tous deux font partie du mouvement mixte, mais le neitre est un des trois modes ; I'ambigi: s'entend des transitions au nombre de quatre. « (Th. de l'Unité unw,,t IV, p. 338.)

Fourier ne spécifie pat d'ailleurs ces quatre formes dé transitions. — Je pense qu'on peut distinguer d'abord les transitions en deux genreSi suivant qu'on les envisage relativement à un mouvement particulier dont elles occupent les deux phases extrêmes, 00 bien relativement à des séries de mouvements ou d'êtres que l'on compare entre eux.

La naissance et la mort , ainsi que les périodes de la vie de chaque être qui se rapprochent le plus de ces deux termes, sont des cas du premier genre de transition ; les espèces ambiguës qui figurent aux extrémités de chaque série naturelle, animale, végétile ou minérale, fournissent des exemples du second genre '.

Ces produits ambigus sont la pierre d'achoppement de tous les •ystèmes de classification. Faute d'y avoir assigné une plape à ces créations mixtes, qoi tiennent à la fois des deux classes d'êtres , les naturalistes s«ot restés longtemps sans pouvoir s'accorder ; et c'est de là encore que viennent aujourd'hui beaucoup de dissidences entre les savants, obstinés à faire des catégories bien closes , sans qu'il y ait d'engrenage entre elles. Il y a longtemps cependant que Bacon , ce grand esprit qu'on retrouve si souvent à l'entrée des voies qui ont été explorées jusqu'au bout par Fou-

* Lh Tératologie , science des moDslruosités , branche de l'histoire natarellc créée d« nos jours par Geoffroy-Saiut-IIilaîre , rentre anssi dans le domaine de l'amlligii et y eqnatitQ^ peuNétre nn gesre à part.

i7« MOTKS.

rier ; il ya, dis-jc, longtemps que Bacon signalait cette inadvertance dans Tétude de la nature.

c II est peu d'auteurs aussi (fait-U remarquer) qui, eu parlant de la similitude et de la diversité des choses, nous aient dit pourquoi Ton trouve toujours, entre les diverses espèces, certains êtres mi-'partis, qui sont d'une espèce èquicoque, cooôme la mousse entre la matière en putréfaction et la plante , les chauves-souris entre les oiseaux et les quadrupèdes, les p|ioque8< entre les poissons et les quadrupèdes, t etc. {De taccndisement des sciences, liv. III, chap. 1.)

Fourier, transportant 1 -observation du domaine organique dans le domaine social, conformément au principe de Tunité de système, montre « qu*il existe des groupes ambigus en passionnel, ainsi que des caractères, s Comme exemples de ces caractères ambigus, il cite :

c Leê Initiateurs t gens qui commencent tout et ne finissent rien.

t hesFiniteurSy gens qui fmissent tout et ne commencent rien.

f Les Occasionnels, adhérant à l'avis du dernier venu.

s Lès Ambiants ^ qui ne savent jamais se tenir à un poste.

« Les Caméléons ou protées, si connus et si nombreux en civilisation : leur fortune y est assurée ; on leur défère même le titre de sages, selon ce distique de La Fontaine ;

Le MAge dit, selon les gens :

Vive le Roi, vive la Ligue !

V On voit, ajoute-t-il, non-seulement des individus, mais dii nations atteintes de quelqu'une de ces manies : par c xempk, 4ft peut citer la nation. française pour type du caractère ambiant; car elle ne peut, ni en matériel, ni en passionnel, s*en tenir fixement à un goût, à une opinion, t

Fourier indique encore , connue types d'ambigu, les Impossi' bilistes, Flâneurs^ Nouvellistes^ Entremetteurs, Factotums, etc.

c En général, fait-il observer à la suite de cette énumération, ces caractères sont dédaignés en civilisation, comme gens peu sûrs et dangereux. On peut répoudre que si Dieu ne les avait pas jugés utiles en mécanique sociale , il ne les aurait pas créés. Les ambigus sont inûniment précieux enharmonie. Ils sont les pièces de transition en toutes relations. Mais la transition n'est utile à rien dans l'ordre civilisé , où rien n'est lié en système ^associa-'

Hon domestique-industrielle. Or les ainbigos b* étant créés qae pour les liens de série, on ne doit pas s'étonner quMls soient nnistbles hors de Tétat sociétaire, ne pouvant moduler qu'en faux essor. V On ne saurait trop répéter à cet ^gard que TLtre qui a créé nos 12 passions et nos 810 caractères est exercé depuis une éternité à créer des hommes et des passions dans des milliards de mondes. Il a bien eu le temps d'apprendre par expérience quelles proportions distributires on doit observer en pareille œuvre. Il a sans doute assez de lumières pour se passer des conseils de quelques orateurs de notre globule, gens qui, n'ayant pas le pouvoir de détruire ni changer une seule de nos passions, auraient dû, au lieu de déclamer contre elles, s'étudier à découvrir le mécanisme auquel Dieu les destine, t {Théorie de F Unité universelle, t. IV, p. 328 et suivantes.)

(^ïote 4, page 114.) Extrait de la Théorie de l'Unité universelle.

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