‹ Théorie sociétaireChapitre 3 sur 39 · LA CRITIQUB · texte numérisé non relu

LA CRITIQUB

Groupe d'amitié :

La masse critique fMéiieusement l'individu.

Groupe d'ambition :

Le supérieur critique gravement l'inférieur.

Groupe d'amour :

L'individu excuse aveuglément l'individu.

Groupe de famille :

La ipasse excuse tndtUgemment l'individu.

' Entre amis tout est commun ; amitié est égalité. Pythaoorr.

n THÉORIE SOCIÉTAIRE.

Il ne faudrait pas se prévaloir de ce qui se fait dans la société actuelle contre Fe^iaclitude de tel ou tel de ces caractères. En GiiiUsation, le devoir et la prudeâce sont d^ ordinaire en plein désaccord avec les impulsions de la lUiture. Ainsi, dans le groupe de famille, par exemple, les pères et mères ne peuvent constamment céder aux enfanta ni les excuser en tout, comme ils y sont natur^emçnt portés : le9 convenances de Féducation obligent le père à tenir V enfant dans la dépendance et le respect S et à lui adresser de fréquentes remontrances, presque toujoqrs mal accueillies. Mf^is dans le régime sociétaire, les pères et mères, affranchis de cette pénible lâche, peuvent se livrer sans danger au gaiement dont Tinfluencç est contre-balancée par la critique efficace des compagnons de travaux et des supérieurs industriels de leurs enfants. <( |j§ n^iture, ayant voulu, dit Fourier, que la critique s^exercât par les deux groupes majeurs (amitié^, ambition), nous a donné de la répugnance pour celle qui vient des deux groupes mineurs (amour, famille) : ceux-ci ne sont faits que pour aimer et flatter; ils deviennent haïssables quand ils s^adonnent à moraliser et à censurer; ils sortent de leurs attributions. La critique, étant attribut essentiel des deqx groupes majeurs d'amitié et d'ambi^ioq, n*est jamais désobligeante de la part de ces deux groupes, lorsqu*ils sont régulièrement organisés suivant la loi des Séries passionnelles. Cependant la Civilisation, société construite à rebours de cette loi, est obligée d'employer sans cesse Tun des deux groupes

' Faisons à ce propos ^ne remarque sur un Uttit de mflpun de notre sociétë.

L'on gaitqoedo tutoiement universel, misches nous en usage par la République de 93 , il n'est reste qu'une chose, le tutoiement nîcipfoqae du père et du (ils, qui s'est introduit dans presque tontes les familles, et méine dans les plus antipathiques aux idées rëpublicaines. En adoptaqt cette eontume , les pères et mères ont cédé à une ton4«i\M aalHlvU^ de l'affection de famille; mais, comme dans l'ordre actuel il y a incompatibilité entre plusieurs de ces tendances et le rôle imposé aux pçref vis-à-vis de leurs enfants , certains partisans des vieilles mœurs ont prétendu, non tans quelque apparence de raison , que l'emploi du TU familier à l'égard des ascendants était une des causes qui ont contribué à affaiblir parmi nooi I ««torité paternelle et le respect filial.

THÉORIE SOClélAIRK. n

mineurs, celui de famille, à eritiquer et remontrer Tenfant. 11 en résulte double contre-sens au lien domestique : d'une part, irritation et rébellion secrète de TiÉfant, qui suit la loi de nature en dédaignant la critique du père et du précepteur; d^autre part, gêne et frustration du 'père qui, remplissant à regret ce pénible devoir, n*en recueille pour salaire que Tindifférence ou même Faversion de Tenfant. Ces inconvénients disparaissent pleinement en Harmonie, où l^énfaut, ft^quentànt une trentaine de groupes et ûti séries , y rencontre une foule d'amis, et de sectaireii très-* sévères sur sén Impéritie; leii^ franchise dispense bien te père de remontrances.

» Chacun des groupés est produit par f impulsion de deux principes ou ressorts; Tun spirituel S, l^aUtre matériel Rt, dont voici lé tableau.

GrMipe d'amitië ou kjfpomajtur .

S. Alfiaitë spiritaelle de cAnACTÉftBH.

l^L Affinité matérielle de penchants industriels.

Groupe d'ambitioa •« hypetmajeur :

S. Affinité i^iriteelle « ligue poor la uaifte. M. Affinité matérielle, ligue pour l'intérêt.

Groopé d'amouh ou kjffermmewr :

M. Affinité matérielle par le charme dks 8bk$. S. Affinité ^irituoUe par les Hens du cmwr.

Groupe de famiUe ou hypitmineur:

M. Affinité matérielle par coksan«i)1nité.

S. Afànité spirituelle par adoption.

-, . f en identité.

On voit, à la priorité alternative des deux lettres S et M, que le ressort spirituel tient le premier rang dans les deux groupés mAJeurs d'amitié et d'ambitioti, et que le ressort hiatériel domine dans les deux groupes mlneors d'amour «t de Camille. En général, Thémmé a ia supériorité dans

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les deux groupes majeurs; la femme dans les deux groupes mineurs. Cette division, qu'on retrouve partout dans la création (exemple, les deux sexes), se fonde sur la nature et le rôle différents des groupes : les premiers ont un domaine pour ainsi dire illimité; les affections que les deux derniers proJuiscnt s'exercent dans un cercle beaucoup plus étroit.

Fourier appelle groupe simple celui qui n'est stimulé que par l'un des deux ressorts. Les groupes simples, ajoute-» t-il, sont d'ordinaire lien méprisable en dominance du matériel; lien de duperie en dominance du spirituel.

Les tableaux que nous venons de transcrire exigeraient peut-être pour quelques lecteurs des commentaires qui ne peuvent trouver place ici. Ces commentaires se présenteront d'ailleurs d'eux-mêmes à quiconque aura pris la peine de méditer un instant ces tableaux, et voudra ensuite en chercher la justification dans la vie réelle, au dedans comme autour de lui. Ainsi, par exemple, cette formule : essor des GROUPES en identité, en contraste, exprime que dans les groupes les liens s'établissent, soit par similitude, soit par opposition contrastée de penchants, de manières d'être. C'est un fait d'observation journalière en amitié, en amour.

Passons au 3*" but de l'Attraction : Mécanisme des ca^ ractères et passions.

Trois passions président à ce mécanisme et forment, sous le nom de mécanisantes ou distribttives, un 3' ordre de passions dirigeant le jeu des deux autres :

1® La Cabaliste, sentiment de l'émulation , goût de l'intrigue, principe et âme des dissidences, des coteries. Elle est pour l'esprit humain un besoin si impérieux, qu'à défaut d'intrigues réelles, il ei| cherche avidement de factices au jeu, au théâtre, dans les romans, u La cabalisle, disait Fourier, est le sel mental des actions humaiaef* » Cest elle

qui inspire, suscite, anime les efforts par lesquels on cherche à surpasser ses rivaux. Uartiste, le savant, Thomme d'Etat lui doivent presque toujours une grande part de leur renommée.

2° La PapilloHMe ou Alternante, besoin de variété périodique, de situations contrastées, etc., qui est une loi générale de la nature. Dans les occupations ordinaires, ce besoin se fait sentir modérément d'heure en heure, et vivement de deux en deux heures. S'il n^est pas satisfait, rhomme tombe dans la tiédeur et Tennui.

S^ La Composite, enthousiasme résultant de plusieurs excitations simultanées , sorte d'ivresse ou de fougue aveugle qui naît de l'assemblage de deux plaisirs au moins, un des sens, un de l'âme. La Composite est le principe des accords, comme la Cabaliste est celui des discords, non moins nécessaires que les premiers à l'harmonie sociale.

Ces trois dernières passions n'ont pas d'emploi normal dans l'état social actuel, et elles y deviennent une source incessante de désordre : aussi les regarde-t-on comme des vices. Pourtant ce n'est que leur intervention qui établira l'accord des passions affectives entre elles et avec les passions sensitives.

Récapitulant cette analyse que nous venons de faire des passions, nous trouvons cinq Sensitives, quatre Affectives et trois Distributives , formant en tout douze passions radicales dont la tendance collective est l'UNrrÉiSME ou passion de l'UNrré, c'est-à-dire de l'ordre, de l'accord universel. C'est le sentiment le plus élevé dont l'homme soit susceptible; il comprend l'amour du bien public et de l'Humanité, ainsi que toutes les nuances du sentiment religieux.

Les douze passions fondamentales produisent par leur mélange cl leurs diverses combinaisons des passions mixtes

en grand nombre.

La dominance d'une ou de plusieurs passions est ce qui cotistitiie le caractère de chaque individu. Le êUre du caractère 8*apprécie par le nombre, la nature et rintensité des passions dominantes. Il faut au moins deux paMÎons animiques pour former un caraclère i|Mdque peu élevé.

L'intérêt d'un roman, d'une pièce de wâtre, tient coovmunément à la lutté d'une passion de cet ordre contre une ou pinsienrs autres. Un caractère dans lequel leé Distribua' tives domiaii|i les Affectives tourne presque inévitableaient au mal dans la société actuelle. « Une femilie à dominantes d'amour, de cabaliste et de papillonne sera communément très-vicieuse en civilisation. » (Nouveau Monde, p. 407.)

La connaissance des caractères» indispensable, pour le bon classement des individus, est aujourd'hui impossibie^ tous les caractères étant plus ou moins faussés par les tentatives de répression dont ils sont l'objet dès le jeune âge et par l'absence des conditions de leur franc et naturel développement. Les caractères ne sont pas, d^ailleurs, produits au hasard, mais dans une juste proportion avec les besoins du régime social, qui est la destinée deTliomme, c'est-à-dire du régime sociétaire, { Voir la note 2 de la â*' partie, sur l'échelle ou gamme des caractères.)

Avant d'entrer dans le détail des dispositions de ce régime, faisons remarquer que tous les mobiles passionnels de Thomme ont bien été passés en revue dans l'analyse qui précède^ Il n'y a pas, en effets une seule action humaine, le cas de démedee excepté ^y qui ne doive être rapportée i llnflueàce d'un on de plusieurs de ces mobiles comme principe. Quant à certaines manières d'être , telles que la colère^ la haine, l'envie, l'avarice, etc., auxquelles on donne communément le nom de faisions, ce ne sont là que des effets de quelqu'une des passions énumérées, effets presque toujours dépendants des obstacles que celles-d éprou-

I l*cut-^tre qo'à la rigueur nous im devrions pu adoMttre d'exception , les actes do l'aliéné lui-même ayant leur cause première daat le s fttèÉ lc pMiieiinel.

vent à se satisfaire. Pourquoi nous arrive-t-il, par exemple, de nous laisser emporter i la co(ère ou de concevoir, de nourrir quelque animosité haineuse ? N'est-ce pas d'ordinaire parce que nous aurons été, ou parce que nous nous serons crqs cQptfUfiés, froissés, lésés dans nos tendances, soit de Tordre s^nsitif , soit de Tordre afTecUf , soit même dans le plus noble de nos sentiments, celui de la justice ^t du droit? De ce que nous ne considérons pas comme pri* mordlales, comme existant par elles-mômes ctf Aipositioas de Tâme, la colère, la jalousie, etc., qui (IniMent par devenir habituelles et par imprimer leurs traits aux caractères, il nq s^ensuit nullement que nous méconnaissions la grande et déplorable influence de ces vices sur la condi)it^ 4^s bon^^e§ et d^ns les rapports soçiavix. Mais i^ous dlsqns que, pour eq prév^pir )e développemept, pour parer aux fâcheux effets qu'ils produisent dans la société, il faut remonter aux mobiles essentiels et prîmordianx des<r quels dérivent et dépendent ces habitudes vicieuses ; il faut voir leur raison d^étre dans Tabsence des conditions dresser harmonique des passions à leur état normal.

Mainteqant que nous avons reconnu les puissances aux« quelles Tbomme obéit spontanément, avec plaisir et bonheur pour lui-même, tâchons d'arranger les choses de manière 4 n'avoir h réclamer de lui qqe par l'intermédiaire de ces puissances et sous l'empire de leur influence vrai*? ment magnétique, toute Taçtivité dont la Société a besqjn de sa part pour être riche, florisaaote et prospère. Cette condition , qui transforme en plaUin la plupart des travaux utiles, et qui seule résout par cela même la question de liberté, si mal comprise encore après tant de débats, ne peut s'obtenir que dans l'organisation désignée par Fpurier squs le nom de sÉaiES qe groupes.

Mais, avant de décrire l'organisation dont il s'agit et dç faire par conséquent la synthèse de l'attraction passionnelle, il convient da parer h quelques ol^ectiqqs prévues.

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APPENDICE A L*éTUDE DR l'hOM^E.

Après avoir pris connaissance du chapitre qui précède , beaucoup de lecteurs se croiront en droit peut-être de me reprocher qu'il ne répond pas à tout ce qui est compris dans le précepte de l'antique sagesse que je lui ai donné pour épigraphe : Connais-toi toi-^méme. Tout l'homme, il est vrai, n'est pas dans l'attraction : il y a chez lui autre chose ; il y a chez lui des facultés dont l'étude doit compléter la notion de l'être humain , mais n'est point indispensable, comme l'est celle des impulsions ou analyse passionnelle, à la constitution de la vérité sociale. Telles sont : 1 <> la faculté de connaître et de juger , ou l'intelligence , l'esprit , la raison; ^ la faculté d^agir physiquement ^ ou la puissance musculaire , la motilité.

Mais ces facultés-ci ne sont que des moyens ; les passions seules sont les ressorts qui font mouvoir l'homme, et les impressions qui s'y rapportent sont le principe unique de toute l'activité qu'il déploie.

Quelque élevé que soit le rôle de l'intelligence , quelque supériorité que l'homme ait par elle sur les animaux, le Sentiment, le DésiR , en d'autres termes, l'Attraction passionnelle , n'en est pas moins le fond, l'essence véritable de l'âme humaine; et l'homme n'est pas moins supérieur aux animaux par la nature et le degré de ses attractions que par son intelligence elle-même.

Celle-ci a beau s'enorgueillir de sa puissance, elle n'est, Comme le corps , qu'un instrument au service du Désir , de la Passion. L'intelligence , en effet , est de sa nature une faculté absolument neutre, qui n'est mise en jeu que sous le stimulant de l'Attraction, mobile de tous nos actes , soit intellectuels , soit physiques.

Nous admettons , sans souscrire aux conséquences matérialistes qu'en tirait l'auteur , la justesse de cette proposition du physiologiste Broussais : « Les émotions de la sensibilité deviennent les mobiles de nos actes de toute espèce, è (De Virritation et de la folie,)

Volontiers dirons-nous comme M. de Ltflnennais : « Connaître, aimer, agir, voilà tout l'homme » {Est, sur Vlndiff,^ tome I). Mais nous admettons un rapport hiérarchique entre ces trois facultés. Aimer, si l'on comprend par là toutes les impressions

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passionnelles, aimkr, ou mieux ssntir^ éPRorvRR aitr.ait, prime et commande les deux autres modes de manifestation de la vie.

Quant à la fameuse défin^ion de M. de Bonald : « L'homme est one intelligence servie par des organes, « elle omet ce qui est le principal dans l'homme. Il serait beaucoup plus juste ée dire ; L'homme est une combinaison de DiésiRS (ou PAWHms) servis par une intelligence et un corps.

De cette erreur sur le rang de chacun des ordres de facultés qui sont dans l'homme , découlait une autre erreur bien plus fd-> cheuse sur leurs fonctions respectives.

Ainsi, tandis que le but de notre destinée sociale était marqoé d'une façon immuable par l'attraction passionnelle, qui nous sollicite incessamment vers lui , l'Intelligence , ^ui avait pour tâche de découvrir les moyens d'atteindre ce but, l'Intelligence, foulant aux pieds les instincts de notre nature et rebelle à la volonté de Dieu révélée par les tendances de l'Attraction, l'Intelligence, disons -nous, s'est avisée, cHe, d'assigner à notre destinée un autre but , un but arbitraire , en vue duquel elle a prétendu refaire et façonner à son gré le cœur de l'homme. Elle s'est présomptueusement arrogé le droit de décider que telle chose serait bien ou mal, suivant que cette chose était en accord ou en désaccord avec ce but chimérique qu'elle avait rêvé.

L'histoire de la lutte des Titans contre Jupiter, celle de la désobéissance du premier homme dans le paradis terrestre , sonf autant de mythes exprimant cette transgression de l'Intelligence humaine, infidèle à sa mission, qui était, quant à l'ordre des faits passionnels comme à l'égard de tous les autres ordres de faits , qui était , disons-nous , de saisir les rapports des choses, au lieu de s'arroger le droit de les décréter. L'Intelligence a prévariqué en voulant se faire directrice arbitraire du mooYement passionnel : de là ses longs égarements, ses méprises encore sulraistantes sur la destinée soeîale de l'homme, et sur les voies à suivre pour la réaliser. (Voyex la note 3, sur la Chute, à la fin de cette 2^ partie de l'ouvrage.)

Du moment qu'elle usurpait ainsi une des attributions de Dieu, à qui seul il appartient d'établir les rapports des choses, ou de créer les lois ( les lois du monde social aussi bien que celles en monde matériel), l'Intelligence humaine lombait nécessairement

dans le faux , et elle ne pouviMt manquer d*y rester aussi longtemps qu'elle persisterait dans ceKie omrpation insensée.

Néanmoins, nous pensons avec Ue#Mrtes (Princip, pkihs.^ pars i, 1$ 30 et 43) que rintelligence e$t infaillible qu4n4 çlle ^^ prommee que sur ce qu elle aperçoit clairement et distincte^ ment T^mis qm faqx jugements , sans exception, proviennei^t d^ ce que nous prenons ou acceptons pour vraies (les c||ps§s dont noos n'avons pas a34(Bi de connaissance.

N'ayant voulo, d'ailleurs, en donnant cet Appendice, qu'aller au-devant d'un reproche d'omission qu'on pourrait nous adres^r, nous ne tenterons pas d'apajyser ici les facultés de r|ptelligence, qui est elle-même une f(^culté synthé^qoe, un ensemble àp facultés diverses. Cette analysé est l'objet spécial de Yldéolog^e* Or l'Idéologie , aipsi que nous l'avons fléjà fait f eipf^rqner, n'a point directement trait à la détermination du systèine socii^l nfi* turel, tandis que cette autre partie de la Métaphysique qui tfa|fp des Passions, c'est-à-dire des forces virtuelles, des ressorts actifs de nos âmes , et que Fourier a véritablement créée , est la (Mise essentielle de cette détermination et foqrni^ la doQff^e fondamentale du problème. (Voyex le tablean des sept garanties que l'Attraction établit entre Dieu et l'Homme. Théorie de l'Unité univ,, t. II, p. 240, 2« édit)

Pour terminer par c|es définitions qui rendent plus nette encore notre manière de voir, nous dironi| :

L'Intelligence est la résultante des forces qui s«nt en nous pour connaître.

La Volonté peut être considérée comme la résultaqtfi dey fofces qui sont en noos pour sentir, pour être impressionné attractlvement ou répulsivoment

Cette distinction n'a pas pour objet de scinder ce qqi est essentiellement UN , l'homme agissant avec le concours de ses facultés diverses. Aiosi, d'une part, l'Intelligence n'entre jamais en exercice que sous Tinfluence d'un stimulus passionnel ; et» d'autre part, il n'y a réellement volonté qu'avec l'intervention de l'Intelligence qui pèse les motifs de détermination , qui apprécie les sollicitations et )es actes par. lesquels nous nous disposons à y répondre.

C'est , répétons - le , c'est toujours en vertu d'un attrait qqe

rhqrnni^ agi|, Mf^*^^ direct pu indirect, ou vaème inverse (répqgnapce) , (titrait pour f|î> ^^^^ présent , oq ppur un \^eu u)téne)if que |pi montra ^{(3^!1^8C9CC• ^^ vplputë de Thonime u'e^f ipflueoçae pu (Jéfinitive que par des iDoUfs tirés de sop prgapif§(|ou passionnelle. Un désir ne fléchit jamais qpe devant qn autre 4^ sir ; car , encore bien que celui-ci , pour s*éveiller dans Fâme , puisse avoir besoin du secours, de Tintermédiaire de la réflexion, il ne laisse point pour cela d*être un désir, d*être une impression de ni^lDf^ pfU|s|onqelie. \Jn Ifomme ne diffère d'un aut^e hof^pfe à ç^t ^gja^, et rjiqpiim^, en gépéral, fie diffêre cjes aninaaux que par la faculté de combiner un plus grand nombr^ de cjésirs , et d*être déterminé par des désirs dont les objets sont plus éloignés ou placés dans une sphère plus haute • cest un privilège qnil doit tout à la fois , et à la richesse plus grande de son clavier passionnel , et à la supériorité de son intelligence , deux conditions qui sont corrélatives dans les Êtres.

Quant à cette liberté que l'on revendique quelquefois pour l'homme comme un des signes de sa grandeur, liberté qui consisterait à vouioir pour le plaisir de vouloir , autrement , à se déterminer sans moUfs , nous la tropvons one idée singolièrtfment inepte. C'est aussi l'avis de Voltaire : i Nous nous figumnf , dit-il , gae nous avons le don incpmpréfaepsihle et absurde de voploir, 9^09 «ptre raison, sans feutre motif qup cplpi (|e yoploff. « (Métaph., ch. xi« Le phil. ignot^ant]

La |<îl«r^ coq^if^e à pouvoir accomplir (es ac(e^ fiuxquels nous soUipi^nt nos a{{pi^çtions , ces voix intéfieuf^s qui sont autai^t d'éçl^os de \^ ypix d^ Dieu fpêi|ip ^t les interprètes de sa volonté par rapport (lu mode ()es relations sociales. L*homme est d'autant plus libre qu'il est plus à mên|ç de suivre toutes les impulsions de sa nature, sans en contrarier aucune. Le malaise mforal qu'il éprouve dans l'état actuel tient moins peut-être encore à l'impuissance où il est de donner essor à ses attractions , qu'A l'impossibilité oà l'homme sent bien qu'il se trouve de donner cet essor à quelques-unes sans en froisser et en étoqfter ^'ai^tr^s également impénepses. ( Guêtre interne de (homme avec ^fmême, situation que faif i^ cbaçpn le régime civilisé')

Le Remords est justement cette réaction d'un sentiment q!|)=ftn ^écfipnu et viqj^ pppf en satisfaire un {iptre. Aussi « plus une

nature est d'un titre passionnel élevé , varié , noancé , plus , on le conçoit, elle sera susceptible de remords. Le sentiment qui produit celui-ci peut d'ailleurs se fonder sur une opinion fausse, comme il arrive, par exemple, quand on croît que tel ou tel acte indifférent est une offense à la Divinité.

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