‹ Théorie sociétaireChapitre 5 sur 39 · Par les plus petites réoaioas en travaux et en ménage · texte numérisé non relu

Par les plus petites réoaioas en travaux et en ménage

2; Par séances de la plui léi^ne durée et de la plus grande monotonie ;

3. Par com|Jicalion la plos grande , affectant à un seul individu tontes les nuances d'une fonction;

Par la cpktraimti , le besoin.

RiSOLTATS

D$ l'induMtrie êodétàbré:

Richesse générale et graduée.

Vérité pratique.

Liberté effective.

Paix constante.

Températures équilibrées.

Hygiène préventive.

Issue ouverte au progrèa.

V GoNriANCi GiNiRAut et unité d'ac-

fÎMI.

De l'industrie morcela :

Indigence.

Fourberie, expression.

Guerre.

Intempéries outrées.

Maladies provoquées.

Cercle vicieux

MiFiANCi ctefoiLR et dnpUdté d'aetion.

Les Sociétés dont Fhistoire nous a transmis le souvenir ou qui existent encore de nos jours reposent toutes sur le Morcellement industriel , ou exercice de Tindustrie par familles non associées. Aussi , toutes ont-elles présenté» dans des proportions variables seulement , les fléaux énumérés ci-dessus comme résultant de l'industrie morcelée. Je me borne pour le moment à cette simple observation, me réservant de donner plus loin quelques aperçus sur la nature et Tordre de succession de ces Sociétés diverses qui répondent à Fenfance du genre .humain. Jai hâte de passer des généralités de la théorie au mode d'application réclamé pour elle.

Principes concrets de l'Organisation du travail. Aperçu des conditions d'un Essai sociétaire, ainsi que des éco^ nomies et autres avantages qu'il procure.

Vif re , ce n'est pai tealement respirer , c'est agir , c'est faire usage de ses organes , de ses facoltës . de tontes les pûrties de nons-mémes.

J.-J. RODSSBAD.

Tant qu'nne choM n'est pas faitei, les hommes s'étonnent si on leur dit qu'elle est possiMe ; et dès qu'ette- se trouve faite , ils s'étonnent au contraire qu'elle ne l'ait pas M plus tAL

Bacqn , Grande imtauraJt, dêi $e,, liv. I.

Le mode d^application, ou plutôt de vérification, demandé pour la Théorie sociétaire, consiste dans une épreuve sur un terrain d'une lieue carrée au plus. La première condition d'une semblable entreprise, c'est d'avoir pour industrie de base l'agriculture. D'autres industries doivent s'y adjoindre, même dès le début, mais sans sortir du rôle secondaire et en se greffant sur l'agriculture, pivot obligé de tout le système.

Aussi bien qu'il faut à la plante pour son développement de l'air , de la lumière et de l'humidité , aussi bien il faut pour l'association, à son début, le soleil, les champs, la verdure et l'action directe de l'honmie sur le sol. C'est en face de la nature^ sous la voûte azurée du ciel, au milieu de ces végétaux , parure et richesse de la terre , intermédiaires de vie entre elle et ses autres habitants; c'est au milieu de ces bons et utiles animaux, compagnons et auxiliaires de l'homme dans le travail champêtre; c'est au contact de tout ce qui a vie sur notre globe que le premier germe d'association doit éclore. Au sein des villes, dans leurs sombres et méphitiques ateliets, dans leurs rusés

>2 TffliORIR SOCIËTAWE.

comptoirs , une telle création est impossible. Bienveillance mutuelle et relations véridiques entre les humains ne peuvent là ni naître ni s'accliniater.

i^utant qpe possible, on devra choisir pour V^^f^i W pays agréable, permettant une assçz graa4e variété de cultures et traversé par un cours d'e^^u.

La proximité d'une grande ville, de Paris surtout, aurait le double avantage d'assurer le placement des produits de la colonie et d*en faire connaître rapidement les résultats matériels ^t moraux dans le monde entier. Quelle que soit, au surplus, la contrée où Tessai se fasse > le succès entraînera infailliblement Timitation de proche en pro che , par suite de la comparaison des avantages immenses attachés pour toutes les classes à {a vie sociétaire , avec les soucis , risques et misères de tout genre , dont nul , ni riche ni pauvre , n'est exempt dans Tètat social aqtuel.

{^'épreuve peut avoir lieu en grande échelle avec IfifiO persoppea, ou en éobelle Réduite avec 1,30Q cm 60Q personnes de tous le? âges , telles que les présenteraipot d^s familles entières de cultivateurs et d ouvriers. Ou bi#n encore on peut opérer seulement avep des enfants âgés depnU 3 ttus jusqu'à 13 ou )4, et au nombre de 300 à 400 envirpq ; ç'^s\ à ce projet que Fourier s'était fixé presque excluaivenient 8|ir }a fm de sa vie. On conçoit que , dans les dernières hypothèses, l'étendue de terrain à exploiter se féduira fUllI la propprtion des fprces destinées à cette exploit^^iop.

Pour r^qnif l^s p^pitaux nécessaires à î'eptrepiufit, \\ s'agit fie coi|stitqflf une compagnie d'actiopnaires 8O|]0 l'i7)<« fluepce d'un personnage oapal||0 d'inspirer U oonQfinçç par ffa position 4fi fortune , par son renom d'industriel pu d'administrateur. I^ terrain sur lequel on é(ablii;a Teasaj peut être acheté ou seulement pris à bail avec la facilité d'achat dans un délai déterminé. Sur les prépf^ratjfs dit matériel, sur la nécessité d'admettre les çploias par e#-^ saims successifs et non pas tpps ep bloc, ce qi4 pfpflqirai^

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de laçopfasioa, du désordre, Fourier présente un grand nombre de considérations que nous omettons ici afin d'abréger. Disons seulement, en général, que les dispositions doivent ôtre faites de façon que tout se prête & Torganisation de^ Séries de groupes, appliquées aux travaux de culture, fabrique et ménage.

Occupons-nous premièrement du bâtiment d^tiAbitation. Placé au centre du domaine de la Phalange, il devra présenter, aveq des ap parlements particuliers proportionnés aux différentes fortunes des colons , des salles publiques (Séristëres) . pour .Pexercice de chaque industrie en grande réunion. Dans toute Fétendue de Tédifice doit régner une rue-galerie, établissant une conimunication couverte entre tous les points. Les appartements prendront jour d'un côté sur cette galerie, d^ Tautre sur la campagne. « Le centre du Phalanstère est affecté aux fonctions paisibles ; Tune des ailes réunit tpus les ateliers bruyants. Ainsi Ton évite uq fâcheux inconvénient des villes civiHsées où Ton trouve & chaque rue quelque ouvrier au marteau, quelque marchand de fer ou apprenti de clarinette, brisant le t]fm« pau à cinquante familles du voisinage. — Tous les enfanfs logent à Tentrc-sol pour jouir du service des gardes de nuit. »

fie pourrais insister sur les nombreux avaqtages que présente cette dernière disposition ; sous le rapport de la décence et ^es mœurs, je pourrais Topposer à ce qui a lieu aujourd'hui, particulièrement dans les familles pauvres, qui n'ont SQUvept qu'une §eule pièce pour père, mère e( enfants* Mais, obligé de u^'en teuir au^: considérations capitales » je passe h rin4ipAtioq de quelques-unes des principales économies (|iii vont résulter (lu ménage sociétaire.

De ménie qu'un seul édifice a remplacé avantageuse* ment, sous tous les rapports de salubrité, commodité et même économie, les deux ou trois cents laides masures de nos villages ou bourgs (l'économie portera sur les (rais 4'entre(ien et de renouvellement); de même, au lieu- de

900 feux de cnisine et de 300 ménagères, on n*a plus que 4 ou 5 grands feux , et une douzaine de personnes expertes préparant des services de divers degrés assortis à^lusieurs classes de fortune ; car FAssociation , fort différente de la communauté, admet partout les inégalités, qu'elle utilise en même temps qu'elle leur ôte tout ce qu'elles peuvent avoir de blessant dans l'état actuel. Il y a des salles à manger communes offrant des tables de trois prix au moins , graduées suivant les âges ou les autres convenances, au gré des commensaux; mais chacun est libre, quand bon lui semble, de prendre son repas chez lui , en famille ou solitairement : l'épargne, qui tient surtout & la préparation culinaire en grand , reste la même. Elle n'est guère moindre sur les autres branches du travail domestique. A 300 greniers , 300 caves placés et soignés au plus mal , l'Association substitue un seul grenier, une seule cave bien placés, bien pourvus d'attirails et n'occupant que le dixième des agents qu'exige la gestion morcelée. (M M, ind,)

«Le progrès, c'est l'économie du temps, » a-t-on dit Ce n'est là qu'une demi-vérité , ou c'est plutôt même une contre-vérité quelquefois, tant que les intérêts des maîtres et des salariés ne seront pas unis par l'Association. Mais, sous le rapport du temps, quelle économie que celle qui, pour la France seulement , se multiplierait par le chiffre de six ou sept millions de ménages qui existent dans ce pays , et qui emploient à peu près tout le temps d'un nombre au moins égal de personnes ! Ces six millions de ménages isolés, convertis en 18 ou 20 mille grands ménages combinés , réduiraient le travail domestique dans la proportion de 6 à 1 pour le moins. Ce travail n'exigerait donc plus que le temps d'un million de personnes, quoiqu'il dût , par suite dé la pluralité des fonctions de chaque individu on régime sociétaire, rester réparti sur un bien plus grand nombre de sujets de Fun et Fautre sexe, mais fini varieraient oc genre d'occupation par des séances de

culture et de fabrique. Ajoutez Fcmploi utile de la moyenne et de la haute enfance, qui aujourd'hui ne fait guère autre chose que nuire et détruire, et qui, entraînée au bien par Fesprit corporatif si puissant sur cet âge, ren« drait tant de services, particulièrement dans les cuisines, où il y a une foule d* œuvres appropriées à ses forces , à son intelligence et à ses goûts. Mais , puisque j*ai nommé Fenfance, par anticipation sur ce qui sera dit ailleurs à son sujet, envisageons-la un moment dès le berceau, car ici notis touchons à Tune des plus belles branches d'économie que réalise FOrdre sociétaire.

Les soins que réclame le jeune âge, et qui aujourd'hui ab3orbent constamment un bon tiers des femmes, sont assurés au Phalanstère, moyennant un assez petit nombre de bonnes, qui ont alternativement la garde des salles où sont réunis les enfants. Ces Séries ou compagnies de bonnes ne sont pas fournies exclusivement par une classe de la société, pas plus que ces femmes elles-mêmes ne sont astreintes à ce seul genre d'occupation. Toutes les personnes qui ont le goût de quelque nuance du service enfantin, élevé, comme tous les autres, au rang de fonction publique, s'y enrôleront, quelle que soit leur position de fortune. La mère, au surplus, vient aussi souvent qu'il lui plaît visiter son enfant, lui prodiguer ses caresses, Fallaiter à son heure si elle nourrit; puis elle peut retourner en toute sécurité aux occupations diverses qui Fappellent : un groupe affectueux et zélé veille en son absence sur Fobjet de sa tendresse.

On peut reconnaître ici une extension du principe des salles d'asile et des crèches, extension praticable seulement en régime sociétaire. Mais remarquez quelles garanties offre aux parents une semblable organisation des personnes chargées du soin des petits enfants; comparez ces garanties à celles que présente parmi nous, aux familles riches elles-mêmes, une pauvre bonne isolée, qui

i^a THÉORIE SOCIÉTAIRE.

n'a pris que par nécessité le plus souvent cette tâche pleine d'ennui, de tracasseries et de dégoûts, et qui doit sans relâche, pendant 12 ou 16 heures chaque jour ( sinon pendant les 24 heures de la journée), surveiller, apaiser, nettoyer Fenfant ou les deux ou trois enfants confiés à ses soins. Dans les familles pauvres, grâce à la disposition que nous venons d'indiquer, le père, qui a tant besoin du repos de la nuit après une journée de labeur pénible, ne sera plus privé de sommeil par les cris con-* tinus d'un marmoL Ici se rattachent beaucoup de vues que nous reprendrons plus loin en parlant de l'éducation.

Passons aux considérations agricoles. Inutile désormais, sur les terres de la Phalange considérées comme propriété d'un seul homme, d'élever et. d'entretenir les murs de clôture, les haies, les bornes, qui occupent, au grand détriment des produits, une notable partie du sol, et qui sont l'occasion de tant de procès. Les diverses cultures sont ré*« parties suivant les convenances du terrain. L'on ne peut songer aujourd'hui à mettre en verger et en potiiger.une foule d'expositions favorables, mais qui ne seraient pas à l'abri du vol et de la dévastation. C'est là le grand phstacle à-la multiplication des arbres à fruits. Pourtant, que peut-on comparer aux vergers pour la valeur du rapport? L'aménagement des eaux pour des irrigations générales, l'utilisation de toutes les matières pouvant servir d^engrais, le choix des meilleures graines d'année en année sur des quantités considérables, le même soin de n'employer pour la reproduction que les plus beaux sujets de chaque espèce animale, le secours des machines dans une multitude d'opérations, seraient autant de causes d'enrichissement. Ce qui contribue à éloigner des populations adonnées à l'agriculture l'aisance et une certaine prospérité financière, c'est qu'en général leiir temps ne saurait Hre occupé d'une manière fructueuse pendant la mau-

THKOHIE SOCIETAIRE. 4T

vaisc saison. Mais le Phalanstère a, lui, ses fabriques, qui préviennent iout chômage et toute nécessité d'un travail ingrat et intempestif au dehors des habitations. Il n*y a point de morte saison pour la population sociétaire. Leè ventés et les achats se font Au moment le plus favorable, par un petit nombre de personnes, les plus aptes à ce genre d*opérat!ons. On voit aujourd'hui cent laitières por» ter au marché 300 brocs de lait, que remplacerait un tonneau sur un char à soupente , conduit par un homme et lin cheval. Autant de sacs de grain à vendre, autant de villageois, pour ainsi dire, qui votit perdre une demi-journée dans les cabarets de la Tille ou du bourg. L'Association, au contraire, expédie ses convois de grains et d'autres denrées sous la garde d'un ou de deux agents, et elle a son entrepôt à la ville en cas de non-vente.

Pour son approvisionnement de tontes les choses qull ne produit pas lui-même, le ménage sociétaire ne passe point par les mains des petits marchand! qni rançonnent à plaisir le ménage morcelé; il achète en gros et presque toujours en fabrique. Par là il s'affranchit du tribut énorme prélevé par le corps commercial sur le producteur et lé consommateur, tribut qui, suivant des calculs de' M. Lemoyne, ingénieur en chef des ponts et chaussées, s'élève en France à 1,350 millions au moins sur les seuls produits de l'agriculture, évalués à 4 milliard!» 1/2 ^ Voilà donc uil budget que personne «e songe à discuter, et qui pourtant est plus lourd que celui de l'État

C'est le cas de dire un mot du commerce dont Fonrier a si bien exposé tous les vices, sauf à revenir sur ce sujet quand nous ferons J'analfse de la Civilisation.

La fonction du commerce consiste à servir de lien entre le producteur et le consommateur, à faire arriver à la

I Çalctds agronomique*. Un vol. in*8<*. Ghei GarilianoGfBory, libraire , qnai des Atagnitini , 41 , à Paris.

portée du second les objets créés par le travail du premier. Le commerce, d^ailleurs, n^ajoute rien par lui-même à la quantité ni à la qualité du produit. Multipliez tant qu'il vous plaira les agents de Véchange ou de la négocia^ tion, il ne sera pas ajouté par leur fait la valeur d*une obole à la richesse sociale. Tons ceux que vous aurez en plus du nombre nécessaire pour remplir la fonction définie ci-dessus seront des parasites sociaux, gens vivant aux dépens du travail d'autrui, sans que leur travail à eux-mêmes profite en rien à la Société. Qu'il y ait vingt épiciers dans une localité où quatre magasins de ce genre suffiraient amplement, il n'en résultera absolument aucun avantage pour la population, qui, d'une manière ou d'une autre, supportera néanmoins les frais des seize établissements de trop, et ceux peut-être de l'enrichissement d'une partie de ces marchands inutiles.

Mais le pan^fome n'est pas le seul vice du commerce. Constitué conuteJl l'est en civilisation, le commerce se trouve en opposition directe d'intérêt avec le producteur et le consommateur. Son intérêt est d'acheter à bon marché du premier et de revendre le plus cher possible au second; c'est-à-dire qu'il doit déprécier de son mieux le travail de l'un et exploiter les besoins de l'autre, Jes dominant tous les deux en outre par l'avantage des capitaux et par la nécessité qui les lui asservit à heure fixe, pour ainsi dire. Voilà ce qui explique les fraudes, les malversittions sans nombredu commerce, qui croissent naturellement partout avec le nombre des commerçants.

Il ne faut pas confondre le commerce avec les industries productives, l'agriculture et la fabrique. Il est niême à remarquer que les malversations de celles-ci ,' telles qu'altérations de produit et de qualité, n'ont lieu que sous l'influence de l'esprit .mercantile, à l'instigation du commerce le plus souvent et pour ses convenances; les sophistications opérées par les agents commerciaux, au contraire*

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réagissent de la manière la plus fâcheuse sur la production. S'il se fabrique, par exemple, tant de vins frelatés dans le commerjce, qui donc est le premier à en souffrir, si ce n'est le vigneron, les débouchés que devaient trouver les produits de son industrie étant usurpés par ces drogues de la composition du commerce ? Je passe sous silence les lésions causées à la santé du peuple par suite de ces manœuvres coupables et de beaucoup d'autres inspirées également par la cupidité mercantile : qu'il suffise de dire que le. mal produit sous ce rapport est incalculable. Toute cause nuisible qui agit ainsi d'une façon .permanente sur la santé des masses étend ses ravages aux générations successives par l'influence de parents daiuros ioboUm cfeteriorem.

Jugeons par les résultats, si le conmaerce (et nous y comprenons la banque^ qui est le commerce de l'argent) ne joçit pas de quelques singuliers privilèges. Il élève à lui seul plus de fortunes que toutes les autres professions ensemble. L'agriculture est évidemment, à Fenvisager sous le rapport des profits, l'industrie la plus ingrate. » Xous voyons chaque jour, » dit Adam Smith, u les plus brillantes fortunes acquises dans le cours d'une vie d'homme par le con^merce et les manufactures, fort souvent au moyen d'un petit capital, quelquefois même sans aucun capital; tandis que l'exemple d'une pareille fortune acquise par Tagriculture, dans le même laps de temps et avec un semblable capital, ne s'est, peut-être, jamais présenté en Europe pendant le cours d'un siècle. » {Richesse des Nations, liv. ii, ch. 5.)

Objectera-t-on que, si le commerce a de plus belles chances de lucre, il entraine aussi des revers plus fréquents? Mais ces revers retombent en grande partie par la banqueroute sur les autres professions, tandis que le succès de ses opérations hasardeuses tourne au profit du

50 THKOmE SOCIÉI'AIRE.

coifimerçant tout seul, u En bonne politique, dUak Pou-^ rier, le corps confmercial doit être solidaire et assureur de lui-même : la Société doit être garantie contre les banque^ toutes, r agiotage, F accaparement n

Cette matière n'étant, au surplus, traitée ici qa*épisodiijuement, je me borne à faire observer que ragriciiltare n^ cbntre les malversations du commerce qu*un seul recours, TAssociation.

Cest aussi F Association qnt peut introduire dans Fagrièultùre la division du travail, ce principe de la plupart dès progrès industriels.- Cest elle encore qui, réunissant les avantages de la grande et de la petite culture, dispose de tous les moyens de la première et de tous les stimulants de la seconde, dont le plus puissant est Fesprit de propriété. (( On travaille bien et joyeusement, a dit J.-J. Rousseau, quand on travaille pour soi. » Or, tons les travailleurs, dans notre Phalange sociétaire, savent que leur rétribution sera proportioihiée au bénéfice général; ils ont à ce litre, aussi bien que le capitaliste lui-même, intérêt à la prospérité de Fentreprise et une part en qudque sorte, dans toutes les propriétés qui en dépendent. Chacun d*eux apportera donc partout Fœil et les 'soins du maître. Le tort qu^on ferait à la masse, on se le ferait à soi-même. Si ce n'était pas assez de ce motif contre les tentations du vol» il y en aurait un autre dans la difficulté de cacher et d*onployer le fruit du larcin, ^'il n'y avait pas de receleurs, dit-on communément, il n'y aurait pas de voleurs. L'axiome admis, il faut admettre qiie le vol est supprimé par le fait de l'établissement du Phalanstère '.

> Le malfaiteur ne peut faire aucun emploi de l'objet vole , à moins que ce île soit du nnnëraire, dont ît n'eit fait presque aucun utage , ebaenn ayant un compte ouvert Tout antre ol^t ne peut m mettre en vente aani puUieit^ et enquête préalable sur l'origine , sur l'ëvaluation qui en fut faite en congrès provincial on autre A T^poque ÔÂ ledit objet entra en coihmerce.

Volerait-on uni oljîot do pn^riété coUective, comme aa sac do Cariae? le vdeur n'en pourrait rien faire. On ne vend jamais isolément un sac

FWittR, ihanvicrK.

THfiORU SOCIKTAiRE. 51

Nous n'en finirions pas, si noas voulions énumérer tous les avantages matériels que Fourier démontre inhérents à Tordre sociétaire et qu'il résume en ces mots : Quadbuplk

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