PRODUIT
^ Quadruple produit e^c^i/*, mais vingtuplereia^^etplus par le mécanisme de participation. Pour expliquer ceci, prenons un exemple. Un cabinei littéraire fournit, pour la modique somme de 6 fr. par mois, une masse de journaux et de brochures de circonstance qu'on ne se procurerait pas isolément pour 300 fr. par mois ; il met de plus à votre disposition des milliers de volumes. Ce qui arrive aujourd'hui pour une branche de jouissance intellectuelle est généralisé dans le régime sociétaire. Ainsi , au lieu d'entretenir à grands frais un équipage et tout ce qui s'ensuit, on s'abonne aux voitures de divers degrés que possède la Phalange, et l'on se procure dé même, par voie d'abonnement, avec une économie^ immense, toutes les choses qui ne sont pas d'un usage exclusivement personnel.
On allègue, comme obstacle invincible à ]*adoption de celte coutume de participation sociétaire, que chacun veut pouvoir dire : « Mon champ, mon jardin, ma bibliothèque, etc., n et que, n'était ce sentiment de propriété ^o?elusive, personne n'aurait souci d'améliorer, d'embellir quoi que ce soit.
On se trompe : il suffit , pour que le goût des améliorations subsiste et s^exerce activement , il suffit que celui qui les opère ait la confiance qu'il ne pourra être privé d'en jouir, ni lui, ni les siens^ autrement que de son gré ou du leur. C'est une garantie qu'il a toujours au Phalanstère, et presque jamais dans la Société actuelle.
Quant à la satisfaction d'attacher son souvenir h une œuvre qui dure après nous, combien aussi ne sera-t-ellc pas mieux assurée dans l'Ordre sociétaire ! D'abord l'œuvre elle-même, si elle se recommande par l'utilité ou à quelque autre titre, ne périclitera dans aucun cas par suite
52 THiCDRIE SOGIÉTAIKE.
du décès de rhomme qui Fayaît fondée. Le Oboupe et la Série sont des continuateurs qui. ne meurent pas, et qui conservent, glorieusement inscrits dans leurs archives, tous les noms méritants, sans préjudice d'un téiAoignage plus éclatant de la reconnaissance publique,' suivant llmportance du service rendu.
En régime morcelé, Fingratitude est le prix des travaux d'embellissement et d'assainissement du sol, comme de toutes les œuvres utiles. A la vue d'une belle plantation ou d'une construction élégante et saine, demandez par qui ces choses opt été fai\es , la plupart du temps pn ne pourra vous répondre; le possesseur actuel n'en sait souvent rien lui-même. Le contrat de vente, constatant que la propriété a passé de Jean à Pierre, de Pierre à Philippe, voilà toute la tradition du domaine : envers la pensée, envers les bras surtout qui l'ont fertilisé et orné , rien que l'indifférence et Foubli. Pure illusion d'ordinaire que de se- dire comme Foctogénaire du bon La Fontaine :
a . . . Met neveux me devront cet ombrage. •
Car quel est aujourd'hui le propriétaire qui puisse à coup sûr se promettre que sa postérité jouira des travaux qu'il exécute, et qu'elle conservera, ne fût-ce que pour vingt ou trente années, avec Fusage du bienfait, la mémoire de celui qui en fut l'auteur? Hélas ! à peine l'homme mort, tout ce qui faisait l'objet de sa sollicitude s'ensevelit avec lui ou se disperse dans des mains indifférentes; les collections qu'il s'était plu à former sont vendues à Fencan (témoin la bibliothèque de M. deTalleyrand lui-même ), et la garderobe d'un illustre maréchal de France n'est pas à l'abri de la profanation M
La tâche des Civilisés, même de ceux qui sont le plus favorisés du sort, est une tâche de Sisyphe. Sous ce rap-
* Les habits du m.^rëchal Moncey , peu de jours après sa mort , se- trouvaient ëtalës devant la boutique d'un Iwocantenr.
port, il en est des particuliers comme du corps social luimême : il a beau redoubler d^efforts , la misère et le crime ne cessent pas d'y faire irruption et de le ronger de toutes parts.
L'Harmonie seule , société qui a pour élément et pour base le grand ménage combiné ou sériaire, THarmonie seule mettra un terme à ce double désordre^ en créant les moyens ae Taisanoe générale et en en procurant Téquitablo répartition.
Sous un autre point de vue, quelles facilités une population, réunie ainsi que nous Favons supposé, ne présentera-t-ellé pas pour le développement des aptitudes et des facultés de chaque sujets pour T^ucation en un mot!
InucATiov.
lUud anlem \n exercitîû perpetooienfodom nk ni oiMiâ .(qnaffi ièrl'peCêit) iMxiMê reprœsentent ea quee in vita ag} w^tait; alioqui motus et facnltates ment» perver> tent, non preeparabunt '.
Oamuis De mifNMi|fli Mint. , Ub. U.
Lm enfanta, twuidMê draa iMot ooiinê nolf 911 iDflcaiii^tte fpci^e . yop^ 1^ (:l)«?|l||9 onvriere do 1 harmonie tocUtaire , et ae l'at- Irtetlon indyàtrieliê.
FoDRiBR , ffùuv. Monde ind.
Partout où .j'ai vu les enfants misërables, je les ai vus laids et qiëchants ; partout où je les ai vus heureux , je les ai vus beaux et bons.
Bbbnardin db Saint-Pierrb , Études de ta nature.
§vi.
Aperçu général.
L^Education a pour objet de préparer les générations nouvelles à Taccom plissement de Tœuvre sociale. Aussi FEducation sociétaire se garde-t-elle bien désoler le jeune âge de la vie active pour le reléguer à des études purement théoriques dont il ne sent pas Futilité : elle a soin au contraire de le rattacher à Tœuvre sociale par tous les moyens de développement qu'elle emploie à son égard. Ëllea pour
' c'est un principe qu'il faut sans cesse observer, dans les exercices de l'éducation , que tout y représente , autant qu'il est possible , ce qui doit se faire habituellement dans U vie; autrement ces exercices pervertiront les mouvements et les facultés de l'âme , au lieu de les préparer et de les former. ( Racok, De l'aceroiiiMment det $eiences, liv. 11.)
THEORIE SOCIETAIRE. .f»5
but, en même temps que de développer iqtégralement les facultés physiques et intellectuelles; de les appliquer 4 Findustrie productive. Ne séparant jamais la théorie de la pratique , Téducation sociétaire ou phalanstérieqne les fait constamment marcher de front Tune et Tautre, et plutôt la théorie à la suite de la pratique vers laquelle Tenfant est instinctivement porté. Qull ait de petits outils sous la main, l'enfant voudra tout d'ahord s'en servir ; c'est donc ^vec cette amorce de la pratique qu il faut l'amener au désir de connaître la théorie par 1^ besoin qu'il en sentira bientôt. La marche contraire est celle que l'on suit aujourd'hui : faut- il s'étonner si l'enfant prend en si forte aversion ces livreil sur lesquels on le fait pâlir, sans qu'il aperçoive aucui^ rapport entre eux et les aoiusements, les petits iravau:i: auxqu^ il aime h se livrer, si ce n'est qu'ils spnt l'obstacle interposé coptinueUen^ent désormais entre lui çt la satisfaction de ses goûts les plus chers ? Ainsi l'Education civilisée se met iminédiateo^ent en lutte contre la nature. De là pour elle la nécessité de réprimer et comprime^* saps cesse ; car de ces penchants de l'enfaqt qu'elle ne s^it pas diriger, de ces forces qu'elle ne sait qu'étouffer au lieu de les employer utilement, tout ce qui pourra échapper ù son action va tourner, cpntraireinent au but que Dieu leur avait assigné, va tourner au mal, au dégât, à la destruction. La guerre commence entre l'homme et une société antipathique à sa nature ; elle ne finira qu'avec lui : guerre ouverte ou déguisée, suivant les positions et les circonstances ^.
^ Dans 8oq traité de l'Éducation considérée par rapport à tou$ les êtres virants^ M. le docteur Lallemand fait bien sentir que la résistance aux moyens de cqatraiBte et ki réae|îon contre les mauvais traitements sont en raison même de la génërositë , de la délicatesse ,et de l'énergie des natures auxquelles on applique de pareils procédés, a Ce sont, fait observer le savant membre de l'Institut , ce sont précisément les chevaux les plus ardents , les plus sensibles et le* plus fougupttx, qui se cabrent le plus facilement et se roidissent contre les manvait traitements ; ociix dont l'ardeur , la sensibilité , rdntiraineiAent offrent le pttttde ressources quand on en sait tirer parti. Il on eft ^e iqânie 4ani-)*e«-
Procédant d'nne façon tonte différente et se rhliiant toujours au vœu de la nature, l'Education harmonienne observe, épie en quelque sorte les instincts, les goûts, les aptitudes diverses de Fenfant, afin de leur donner occasion d'éclore et de les employer avec sagacité, au fur et à mesure de leur éclosion et de leur développement normal, pour Favantage commun de la société en même temps que pour le bien particulier, pour la satisfaction propre du jeune élève qu'elle doit former et instruire. Ainsi elle fait de Tenfant tout à la fpjs un ■ être heureux et un membre utile de FAssociation. Lui-même, n'ayante essayer aucune de ces contrariétés qui aigrissent et faussent le caractère , n'éprouve que des sentiments de bienveillance pour tout ce qui l'entoure. Jamais, dans le nouvel ordre, il ne se trouvera, pour la satisfaction de ses goûts ou de ses inté* rets, en opposition avec le bien de la masse.
L'Ordre sériaire, qui procède toujours par ' classement régulier, commence par distribuer l'enfance en six~ tribus actives, suivant les divers âges, à partir de 3 ans. Audessous de cette limite, se trouve la période que Fourier nomme de dégrossissement, pendant laquelle les soins matériels sont plus spécialement nécessaires.