‹ Théorie systématique des droits acquis (volume 2)Chapitre 8 sur 27 · INTRODUCTION A L'ÉDITION FRANÇAISE XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A L'ÉDITION FRANÇAISE XVII

nous employons une langue qui n'a pas été faite pour elles, et par suite nous ne pouvons les décrire que par des mythes fl) M. Sorel croit que « les' mythes sont nécessaires pour exposer, d'une manière exacte^ les conclusions d'une philosophie sociale qui ne veut pas se tromper elle-même », et, selon lui, « Marx n'avait présenté la conception catastrophique que comme un mythe, illustrant d'une manière très claire la lutte de classe et la révolution sociale (2) i>. II est probable que M. Sorel se trompe tout à fait sur la pensée de Marx. A Tépoque où est né le socialisme qui s'est dit scientifiquey on ne croyait pas « être voisin de la science » en exposant sa doctrine sous la forme d'un mythe ; et l'on ne sauvera pas le catastrophisme de Marx, opinion sincère de son fanatisme sardonique, par cette interprétation désespérée.

Mais ce qui n'est peut-être pas une bonne mé- Ihode, ni en tout cas une méthode marxiste, quand il s'agit d'interpréter scientifiquement la réalité sociale actuelle, est une méthode qui aide à comprendre l'état mental imaginatif et émotionnel des peuples primitifs. Or, les institutions juridiques, elles aussi, sont encombrées d'un symbolisme religieux dont il faut bien comprendre le sens social. C'est ce que pensait Lassalie, et en ce sens, son livre peut se comparer aux systèmes de Strauss et de Feuerbach.

La prétention de Lassalie est de ne pas employer de méthode abstraite (3). Il s'agit de saisir Vidée concrète qui vit dans les institutions. Cette doctrine

(i) G. SoRBL, La Ruine du monde antique, p. 213, 214. (2) G. Sorel, Introduction à Véconomie politique, p. 377. (3j Y» infra, t. II, Introduction.

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