‹ Théories, 1890-1910Chapitre 19 sur 48 · SIGNOL · texte numérisé non relu

SIGNOL

élève de Gros, mais disciple d’Ingres, est devenu comme le type, le symbole de la plus affligeante banalité. Il y aurait quelque paradoxe à le présenter comme un révolutionnaire. Pourtant Gustave Planche écrivait en 1856, à propos de ses peintures de Saint-Séverin : « A force d’altérer le ton des

LES ÉLÈVES D’INGRES

chairs et la forme du corps, M. Signol s’est fait une sorte d’originalité... Ceux qui aiment l’originalité ne se plaindront pas. L’esprit de M. Signol n’est pas troublé par le souvenir de l’Italie et garde son indépendance. Les enfants (du Massacre des Innocents ) sont dessinés avec une hardiesse qui va jusqu’à la singularité. Je conseille à l’auteur de modérer son pinceau. »

Il a en effet, depuis, su modérer son pinceau. Il venait alors de terminer la chapelle de Saint-Séverin ( Mariage de saint Joseph et Fuite en Égypte) qui reste son meilleur ouvrage. Rappelons aussi son tableau de la Femme adultère dont les draperies lourdes et les tons opaques ne manquent pas d’une certaine grandeur. Le passage de G. Planche indique assez d'ailleurs, sans qu’il soit utile d’y revenir, le rôle initiateur, les innovations de l’école d’Ingres, à cette époque. Les ouvrages ultérieurs de Signol (Saint-Sulpice, Saint-Eustache, Saint-Louis d’Antin) se passent de tout commentaire. Il imite désormais Flandrin, sans l’égaler jamais. C’est la décadence ; et nous sommes loin de l’enseignement vivant et vivifiant de M. Ingres.

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