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LE SALON DU CHAMP-DE-MARS. L’EXPOSITION DE RENOIR IQ

tile dans cette caricature sculptée d’un bonhomme assis. Et quels résultats que ces études de fleurs, d’un aspect si rare et si coloré. Je ne parle pas de la tenue des autres toiles que tout le monde admire.

Il a quelques autres peintres dont nous eussions aimé dire un mot, mais notre esprit se tourne invinciblement vers une autre exposition infiniment plus suggestive d’émotions esthétiques, infiniment plus morale ainsi. C’est celle du maître Renoir qui nous offre la pure satisfaction d’un groupement de ses œuvres dans les galeries Durand-Ruel : toute une vie de travail silencieux et sans emphase, une belle vie honnête de véritable peintre. Idéaliste? Naturaliste? Comme il vous plaira. Il a su se borner à traduire ses émotions à lui, toute la nature et tout le rêve avec des procédés à lui : il a composé avec les joies de ses yeux de merveilleux bouquets de femmes et de fleurs. Et comme il avait un grand cœur et une volonté droite, il n’a fait que de très belles choses. En attendant une occasion meilleure de dire sur cette œuvre toute notre pensée, nous nous contentons de recueillir cet exemple et cet enseignement.

i. Nous conseillons de lire la préface du catalogue de M. Arsène Alexandre, qui est un chef-d’œuvre de précision et de discrétion dans l’éloge.

A PROPOS DE L’EXPOSITION D’A. SÉGUIN1

Ceux qui ont suivi, depuis l’origine, l’évolution de ces peintres, appelés successivement Cloisonnistes (Dujardin, Revue indépendante, 1886), Synthétistes (1889), Néo-traditionnistes (Pierre Louys, Art et critique , 1890), Idéistes (A. Aurier, Mercure, 1891), Symbolistes et Déformateurs (A. Germain), ceuxlà trouveront un spécial intérêt à l’exposition de Séguin2. Ils auront plaisir à s’y rappeler certains aspects oubliés de l’Exposition du café Volpini, au Champ-de-Mars en 89; ils reverront d’heureuses formules de l’École de Pont-Aven.

Séguin est un des rares artistes qui ont conservé les procédés de ce temps-là. Il les a faits siens, je me hâte de le reconnaître, et surtout il a su les faire servir à des expressions bien personnelles. Avec plus de liberté que Filiger ou Bernard, il persiste à employer les lignes noires et les teintes plates : ce qui fut le Cloisonnisme. Mais il faut le louer d’une conception très pure et je dirai classique de la forme : j’aime ce modelé discret qu’il donne à ses figures non pour simuler le relief mais pour souligner la beauté des contours. Il a un sens très juste de la déformation, il sait obéir aux exigences de sa sensibilité comme aussi aux exigences du décor.

P. Gauguin, dans la très intéressante préface de son catalogue, dit de Séguin : que ses défauts ne sont pas encore assez

i. La Plume, 1" mars 1895.

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