HYGIÈNE DES CHANTEURS
Les principes de l'hygiène se lient si étroitement aux règles du chant, à celles du moins dont j'ai donné la nomenclature classique et raisonnée, qu'ils peuvent en être considérés comme la suite et la conséquence naturelles. Pour en avoir la preuve, il suffira de jeter un coup d'œil sur l'ensemble des conseils que je vais réunir dans ce traité succint de l'hygiène particulière aux chanteurs.
J'examinerai d'abord les phénomènes de la respiration et l'influence que son emploi normal exerce sur la circulation du sang. Je passerai ensuite à l'alimentation et à sa conséquence nécessaire, la digestion. Puis, après avoir exploré ce premier principe de la réparation des forces, je passerai en revue les autres moyens qu'une nature sagement dirigée emploie pour subvenir aux dépenses physiques. Enfin je jetterai un coup d'œil rapide sur les abus et les excès qui peuvent nuire à l'équilibre de la santé.
Il y aurait des volumes à écrire sur l'hygiène des chanteurs, rien qu'à constater les faits indispensables
à connaître. MM. Richerand, Bérard, Bcnoiston de Chàteauneùf, Lombard de Genève, de Londle, Maudl, Debay, Segond, Brouc et beaucoup d'autres ont écrit d'excellents ouvrages auxquels je renvoie ceux qui voudraient approfondir cette matière. Mais tout se résume ; je ne puis oublier que j'écris ici pour les chanteurs seulement. Je ne veux présenter à leur intelligence que des enseignements faciles à saisir, et je négligerai, autant que je pourrai le faire sans nuire à la clarté de mes préceptes, les inductions au moyen desquelles procède la science.
Il faut avant tout que le chanteur sache bien que le premier, le plus important principe de l'hygiène est d'établir une balance exacte entre la dépense de l'organisme et la réparation.
La dépense a lieu ordinairement : 1° par la respiration qui consomme la propre substance de l'homme ; 2° par la fatigue musculaire qui produit l'épuisement ; 3° par les sécrétions et déperditions diverses.
La réparation consiste principalement dans l'alimentation et le sommeil.